MARSEILLES[S] ~ Mai 2019 (Bis)

Ballade au Panier.

Les légendes rouges s’effacent, la vulve résiste.

Au Panier comme à la Plaine, ça expulse facile…

Ce qui n’empêche pas la municipalité de faire paisiblement sa propagande sur les panneaux en principe consacrés à l’information historique.

Retour sur La Canebière: l’armée protège le peuple. On se croirait en Algérie! et précisément…

…descendant de la Gare St-Charles, une (petite) manif, saluée par des coups de klaxons.

Ce lundi matin, été contribuer à la caisse des grève des travailleuses du nettoyage devant l’hôtel où elles (ne) travaillent (plus), Bd des Dames, M° Joliette.

Retour au Panier. Je connais ce regard! Je suis presque certain qu’il appartient à une gravure utilisée pour un collage publié dans les années 70 par les éditions Solin. Je vérifierai.

 

Hacker sa propre éducation…

Le discours (en 2015) d’un garçon de 13 ans, Logan Laplante, amoureux de liberté et de poudreuse, certes pas issu du sous-prolétariat, exfiltré par ses parents du système scolaire traditionnel à l’âge de 9 ans (et non 13, son âge quand il est filmé, contrairement à ce qu’annonce le surtitre) — dont l’aisance et la distance par rapport à tous les programmes éducatifs ont de quoi faire réfléchir toutes et tous.

Un moment de grâce et d’intelligence: cadeau!

«Avez-vous pensé que vous êtes peut-être anarchiste?»

La Fédération anarchiste de Catalogne a lancé une belle campagne d’affiches pour illustrer les thèmes de lutte qu’elle souhaite mettre en avant: La maîtrise par chacune et chacun de son propre corps (en utilisant le thème de l’avortement); La terre et ce qui vit dessus n’appartient à personne; Nous ne voulons pas que qui que ce soit vive de l’exploitation de notre travail; Nous luttons pour un monde sans frontières; Défendons-nous contre les agressions des banques («Desnonament» signifie expulsion); Arrêtons l’éducation élitiste et construisons la connaissance pour tous.

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OÙ EST CHARLIE ?

Une amie enseignante me raconte l’histoire suivante.

Elle utilise dans sa classe un album de la collection « Où est Charlie ? », de Martin Capture d’écran 2015-02-01 à 17.58.34Handford (éd. Gründ), qui décline les aventures d’un personnage jovial, portant de grosses lunettes, et que les enfants adorent (ci-contre). Charlie, puisque tel est son nom, se déplace à la fois à travers l’espace et le temps ; il s’agit de le retrouver parmi des centaines de personnages de petite taille (qui rappellent les dessins de foule de Dubout).

Dans l’illustration choisie (ci-dessous), « L’énigme des pyramides », extraite de Charlie remonte le temps, c’est au milieu d’esclaves et de contremaîtres égyptiens, à l’époque des pharaons, que Charlie se dissimule.

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Notre enseignante emporte le volume chez elle pour préparer un cours, attrape un mauvais rhume, et ne revient à l’école qu’après les tueries de Charlie Hebdo et du supermarché juif. Elle constate que plusieurs élèves sont assez perturbés, et comprend finalement qu’ils ont fait le lien entre leur héros favori (et disparu de l’étagère) et ce « Charlie » dont on dit — confusément à leurs oreilles —, qu’il a été assassiné, et dont tout le monde prétend maintenant qu’il est lui…

Imaginez une seconde que tous les esclaves égyptiens de l’illustration arborent une pancarte ou une inscription sur leur pagne : « Je suis Charlie » ! Imaginez maintenant la confusion de ces enfants.

Charlie est mort, il sera à jamais introuvable, et c’est infiniment triste.

Un autre ami enseignant découvre que l’un (au moins) de ses élèves, âgé lui de 12 ans, et non de 8 comme les précédents, est persuadé que Charlie est bien le nom d’un homme qui a été tué.

Que vérifie-t-on ici ? Que les enfants, surtout en situation de stress et d’émotion collective, et d’ailleurs de manière générale, « trouvent » toujours une explication, laquelle est « rationnelle » dans leur système de représentations, et en fonction des éléments d’information dont ils disposent. Ils ne supportent pas, et c’est une heureuse disposition d’esprit, de laisser un problème en suspens. Leur imagination pallie le défaut d’explications. On connaît bien ce phénomène pour ce qui concerne la procréation, les rapports sexuels et la naissance. Plus ils sentent que le sujet qui les tracasse est délicat pour les adultes, moins ils osent poser de questions. Ces questions qu’une ministre qui se prétend chargée de «l’éducation» vient précisément de décréter criminelles.

Les enfants que la police et certain(e)s enseignant(e)s et administratifs ont harcelés et traités comme des terroristes en herbe ont le même âge que ceux qui se désolaient de la disparition d’un personnage de bande dessinée.

Les enfants ont besoin pour grandir que l’on prenne en compte le fait qu’ils vivent dans un monde parallèle au nôtre, qu’ils sont cependant au moins aussi inquiets que nous, et qu’ils ont besoin de trouver des réponses aux questions qui les hantent, y compris en se comportant parfois de manière provocante, brutale, ou qui peut nous paraître sotte.

Bref, les enfants ont besoin d’avoir affaire à des grandes personnes.

Pas à des gens comme M. Valls et Mme Vallaud-Belkacem, qui trépignent, menacent et exigent le silence dès qu’on les contredit.

 

SALAUDS DE JEUNES ! ou «Boudeuse sauvée des eaux» (2013)

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ne dame octogénaire, automatiquement qualifiée de ce fait par la presse de « grand-mère » (ce qu’elle est peut-être aussi), a voulu se jeter dans l’Aube vendredi dernier 6 décembre 2013. Elle a pris la précaution de sauter en serrant contre elle une lourde pierre. Ça n’est certes pas un geste que nous conseillerions : la rivière était à 6°, et nous n’aimons guère l’eau froide.

Cependant, chacun(e)s s’arrange comme il peut avec l’inepte et cruelle interdiction d’accès aux informations concernant la mort douce, et Mme *** pouvait espérer combiner rapidement — sinon agréablement — submersion et hypothermie.

Las ! « C’est sans compter l’intervention, rapporte en mauvais français un plumitif de Metronews, de deux jeunes gens, hélés par un passant ».

En effet, si la vie n’est pas toujours gaie, il faut en plus y supporter les jeunes ! Les jeunes et leur moralisme débile, par quoi ils manifestent les dispositions précoces au gâtisme qu’ils pourront laisser s’épanouir dans leur âge mûr, puis blet.

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Bien dit Pierrot ! Priorité aux jeunes !

 

Sauter à l’eau avec une pierre attachée au cou est tout de même assez différent de glisser du parapet en rentrant saoule de la soirée télé du club des anciens !

À force d’efforts et de persuasion à la guimauve (« Il lui a dit qu’il n’aimerait pas que sa grand-mère meurt comme ça »), les deux jeunes fâcheux (l’un mineur, l’autre majeur) ont finalement tiré de son lit de rivière la vieille dame indignée.

Elle « va bien, sauf qu’elle nous dit qu’elle va recommencer » se désole le maire de Bar-sur-Aube, lequel a derechef décoré de la médaille de la ville le passant héleur et les jeunes intempestifs.

Nous eussions mieux vu ces chenapans contraints d’effectuer quelques dizaines d’heures de travail d’intérêt général. Auprès de l’association suisse Exit, par exemple, histoire de leur faire comprendre ce que secourir autrui veut dire.

Quant au Parisien, il concluait, avec une cruauté toute inconsciente : « Samedi soir, elle était en famille ».

Une « grand-mère » en famille, des blanc-becs au sec, la rivière aux brochets : chaque chose à sa place. Et qu’elle y reste !