LECTURES DANS LA RUE A RENNES CE 28 MAI ~ Communiqué des éditions Pontcerq

Chères amies, chers amis,

Le jeudi 28 mai prochain, après-midi et soir, dans la rue à Rennes, auront lieu des lectures de Hebel.

Hebel est cet auteur allemand du XIXe siècle qui écrivit des histoires minuscules à morale double ou peu nette – admirées des plus grands écrivains allemands (Brecht, Benjamin, Bloch, Sebald, Heidegger, Tucholsky, etc.) et en France presque inconnues encore, étrangement.

Alors, nous les traduisons et colportons.

Lionel Monier, comédien, sera le récitateur-rezitator de ce colportage.

(Parmi les historiettes lues il en dira deux qui n’ont été et ne seront dans les mois qui viennent imprimées nulle part mais toujours colportées de la bouche (la sienne) à l’oreille (la nôtre, la vôtre) : il s’agit d’« En Turquie » et d’« Un amour rare » ; la première se passe en Turquie, la deuxième est une histoire d’amour ; nous ne pouvons en dire davantage, comprenez.)

Seront lus aussi à la marge, notamment, des extraits de la Messaline d’Alfred Jarry (lycéen rennais fort en thème) – Messaline est celle dont vous voyez en ville la tête apparaître, sur les murs collée, depuis le 11 mai 00h01. (Voir les images ci-dessous.)

POUR CES LECTURES ET CE KOLPORTAGE, LE 28 MAI, LES RENDEZ-VOUS SUIVANTS SERONT TENUS :

1) Place Hoche, Rennes, à 17 h.
2) Place Hoche, Rennes, à 18 h.
3) Place Hoche, Rennes, à 20 h.
4) Place Hoche, Rennes, à 21 h.

NOTA BENE :

– En raison des consignes de distanciation et de sécurité, nous vous prions, pendant tout le temps que durera la colportation des textes, de respecter l’éloignement réglementaire entre vous et les autres spectateurs, badauds, passants, romanichels, petits enfants, punks, élus, ainsi qu’entre vous et le récitateur-rezitator.

Merke : En cas de charge policière, non prévue par nous, mais qui ne peut dans les circonstances que nous connaissons à Rennes depuis deux ou trois ans être exclue a priori, nous vous demandons instamment de bien tenir les distances de sécurité : 1,50 mètres entre vous (courez de manière parallèle ou concentrique ; évitez toute trajectoire coupante) et 1,50 mètres entre vous et les agents en service ayant à effectuer l’opération de charge (ils portent certes des éléments de protection pour notre sécurité – bouclier, casque plastique, baguette de distanciation – mais la préfecture insiste sur le fait que dans la course des échanges de gouttes entre eux et vous peuvent avoir lieu, que dans la précipitation l’on contrôle moins bien qu’à l’arrêt). Par conséquent : courez de manière structurée et linéaire. Ne riez que la tête bien tendue en avant, dans la direction de la fuite.

(Ne riez jamais dans vos coudes.)

Au jeudi 28 mai, dans la rue,

Pontcerq
Rennes, mai 2020.

Rennes: deuxième communiqué des Éditions Pontcerq

La lutte contre la loi « travail » se poursuit, à Rennes comme ailleurs en France.

Le mouvement rennais tire sa force d’une rencontre entre le milieu autonome et le milieu syndical : des liens se créent – que la répression policière et judiciaire ne déchirera pas. Le lieu de cette rencontre a été la Maison du peuple, ancienne maison des Syndicats, occupée le 1er mai – et évacuée par le RAID le 13. Une nouvelle occupation a réussi le 27 – une manifestation de l’AG interpro parvenant à entrer de nouveau dans son lieu. Mais dimanche, nouvelle évacuation par la police. Depuis, mairie et préfecture ont pris la décision de murer l’endroit au parpaing. (La Maison du peuple, vide, fait un trou au milieu du centre de la ville.) Le pouvoir craint cette rencontre, rencontre de la nuit et du syndicat ; alors il explique que le syndicat est seul ; que l’autonomie est seule ; que la CGT est seule ; que le casseur, qui brise la vitrine de la banque, est seul ; que tout le monde est seul ; que la nuit même est seule. Mais personne n’est plus seul dans ce mouvement. Personne n’était seul dans la maison occupée.

L’AG Interpro qui, faute d’autre lieu pour l’instant, en attendant tient séance au Thabor, parc de la ville, a tenté mardi dernier d’investir un nouveau lieu : un espace culturel, l’hôtel à projets Pasteur, sur les quais de la Vilaine : lieu semi-institutionnel dédié à « l’expérimentation artistique et politique ». Les artistes ont accueilli les manifestants – et les ont protégés et cachés, quand cela a été nécessaire. Car la police est entrée aussitôt : elle a frappé aussitôt – violemment, et a fait évacuer le lieu, aussitôt. La Mairie et la préfecture cherchent à empêcher qu’un lieu de rencontre se fasse : une scène, un Aventin. [« Des abeilles chassées d’une ruche qu’elles avaient enrichie de leur travail, forment une nuée vivante, qui va se condenser autour de l’autel de Jupiter Elicius, sur l’Aventin. » (Balanche-Plébifugue)]

La police frappe très dur (cela a surpris les artistes, présents à l’espace culturel Pasteur lors de la charge). Mais la Justice, derrière, ne lui cède en rien. Le sens de la mesure est perdu : à Rennes, vingt jeunes militants sont mis en examen (suite à une action dans le métro) ; quatre autres ont été interpellés dans un restaurant pour une cause absolument anodine : un camarade de 19 ans est en prison – trois mois fermes…

Nous, Pontcerq, simples fabricants de tracts et de livres, faisons circuler ces petits papiers volants, et d’autres bientôt – ou les collons dans les dos, pour qu’ils aillent où ils ont à aller. (série des libelles d’Hebel 1, 2, 3, 4, 5). [« Voilà les histoires de Hebel. Elles ont toutes un double fond. » (W. Benjamin)] Et puis aussi, nouvellement, l’étincelle folle de Pierre Roux, à jeter joyeusement. [« Décharge, point de lumière, âme d’être, cep, bataillon, levier, plumule, flèche d’or, pollen… ! »]

C’est en signe de soutien, ferme, enthousiaste, joyeux, décidé, à ce mouvement rennais !

PONTCERQ

Le 3 juin 2016

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Éditions Pontcerq

9, rue du Nivernais
35 000 Rennes
pontcerq@gmail.com
http://www.pontcerq.fr/

Les éditions Pontcerq soutiennent l’occupation de la Maison du peuple, à Rennes

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Nous, Pontcerq, instance de production de textes, de livres, de tracts, affirmons notre soutien plein et entier à l’occupation de la Maison du peuple, dans le centre-ville de Rennes, débutée ce dimanche 1er mai.

« Salle de la cité », « Maison du peuple » : son nom actuel, son nom ancien… tous deux résonnent spécialement aujourd’hui. Historiquement, l’endroit est lié au mouvement ouvrier et aux luttes : cette salle, le peuple en avait été privé par les élus du Parti Socialiste, qui n’ont que mépris pour le peuple. [« Augure menaçant, que le flot profane ait envahi ce lieu !… »] Depuis de longues années, la Mairie « socialiste », main dans la main avec les promoteurs immobiliers et les grandes franchises, a lancé dans tout le quartier Sainte-Anne un vaste plan de rénovation : c’est une opération de nettoiement et de gentrification. Le but est de chasser le bruit, l’alcool, les mendiants ; les plus pauvres ; les plus agités. La construction, dans l’ancien couvent des Jacobins, d’un centre des congrès d’affaires, par Vinci (pour un budget de plus de 100 millions d’euros), s’inscrit dans cette logique.

Ce dimanche 1er mai, vers 14 heures, une foule d’intermittents, de précaires, d’étudiants, de syndicalistes de l’AG interprofessionnelle – tous en lutte contre la loi « travail » –, a réinvesti la salle en en forçant l’entrée. Depuis elle l’occupe : elle l’habite. On y vit, on y dort et mange. On y parle. On s’y organise. Une AG extraordinaire, réunissant plusieurs centaines de personnes, s’est tenue dans ce lieu dès le dimanche 1er mai. Une AG qui restera gravée dans bien des mémoires…

La force de cette occupation est d’avoir réussi à mettre en place une convergence des luttes : les syndicats de travailleurs sont présents aux côtés des étudiants, des chômeurs, des militants de nombreux collectifs. Seule la grève réelle, intérieure (celle du travail), existe ; seule la grève mythique peut lui donner la force d’être autre chose qu’une enième mobilisation.

Nous, Pontcerq, tenons à affirmer ici notre soutien à l’occupation de la Maison du peuple et notre joie à voir commencer ce mouvement, dans la forme qu’on lui voit prendre ! [« et les Titans furent les plébéiens de l’Olympe. »]

Alors, nous produisons symboliquement, pour cette occasion de grève, un tract intitulé « Le Plebifugium de Ballanche (1829) », qui est un exemple de plèbe en dérive – en fuite ! Le but est la création de scènes ; mais pas pour le théâtre – pour la ville… Nous diffuserons ce texte, en matière de soutien, sur le lieu de l’occupation – et l’enverrons à quiconque en voudrait copie.

Nous produisons ce communiqué pour informer de ce qui se passe, ici à Rennes, tous les gens de l’entourage de Pontcerq, proche ou lointain ; pour appeler qui peut et veut, dans ce même entourage, à rejoindre ou soutenir par quelque biais que ce soit cette occupation.

Capture d’écran 2015-01-15 à 14.38.41 PONTCERQ

Rennes, le 5 mai 2016

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Capture d’écran 2014-11-09 à 10.55.27
Éditions Pontcerq
9, rue du Nivernais
35 000 Rennes
pontcerq@gmail.com
http://www.pontcerq.fr/