À la Commune du maquis (Minerve), y’a yourte!

FORMATION-CHANTIER HABITAT LÉGER: LA YOURTE

 
Par désir ou par nécessité, nous pensons qu’il est temps de faire le choix d’un habitat léger. C’est pourquoi la Commune du Maquis accueille une formation-chantier «  CONSTRUCTION de YOURTE » du 01 au 07 NOVEMBRE pour 18 personnes durant laquelle deux yourtes seront fabriquées.

 Pour ce faire, nous recevons Guillaume, de l’association « Habitat libres en Poitou », expert intergalactique de l’élaboration de yourte, qui milite pour l’autonomie de l’habitat léger, abordable financièrement et fonctionnel.

 En ce qui concerne la formation, l’idée serait d’apprendre en construisant deux yourtes de dimensions différentes, dont l’une servira comme atelier pédagogique pour les enfants de la Commune du Maquis. Les yourtes seront élaborées majoritairement avec des matériaux récupérés ou récoltés (branches d’arbres, toile de store, etc.) ou avec des éléments très abordables afin de découvrir une façon de se loger à très petit budget.

 Durant cette semaine de formation, nous verrons les différentes étapes de la construction de yourte (fabrication de la couronne, treillis, couture de la toile…).

 La formation sera organisée dans l’un des différents ateliers de la Commune du Maquis.
Les participantEs seront logéEs dans des chambres d’hôtes et des gîtes. Les repas seront pris en commun dans la salle Communale.

Les enfants sont les bienvenuEs mais il sera importants que les parents s’organisent entre eux/elles.

 Si vous souhaitez covoiturer, inscrivez-vous sur le tableur.
 
 La participation aux frais demandée est de 160 € (soit 23€ par jour)
 comprenant:100 € de frais pédagogiques à destination du formateur (frais de
 déplacement, rémunération)
 30 € (4,30€ par jour) de participation au logement reversé à la commune
 du maquis
 30 € de participation à l’achat de produits alimentaires pour la confection de repas pour la semaine. Une boîte prix libre ainsi que les apports de chacun·e viendront compléter cette caisse. Les apports de produits frais (légumes, produits laitiers, etc.) sont les bienvenus, merci de prévenir de ce que vous amenez sur le tableur: (adresse) afin de faciliter l’organisation.

 Si vous avez des régimes spéciaux, notez-le également dans le tableur.
 Si vous avez des difficultés pour payer, n’hésitez pas à nous contacter,
 nous chercherons une solution ensemble.
 
 Il est donc important de s’inscrire à l’avance et nous vous demandons de
 nous envoyer les frais pédagogiques (100€) à l’inscription afin de bloquer votre place.

 Pour les repas et le logement, la participation sera à régler à l’arrivée.

 Ne tardez pas à vous inscrire, cette formation n’a qu’une petite capacité de 17 personnes.

 Pour plus d’infos ou demande particulières, contactez Marilou :
 06.52.63.22.79 ou malou@riseup.net

 Pour vous inscrire, envoyez un sms ou un mail à Marilou et un courrier comprenant le paiement (ordre des chèques : Culture du Maquis),un papier avec votre date d’arrivée, votre prénom, si vous arrivez avec des enfants, si vous avez besoin spécifiques, etc. à l’adresse :

La Commune du Maquis, Domaine de Bois-bas, 34210 MINERVE

Attention, si vous venez avec un chien, ces derniers doivent être tenus en laisse au sein de la Commune.

PRÉSENTATION DE LA COMMUNE DU MAQUIS

 La Commune du Maquis, petite fédération rurale, est établie sur le Hameau de Bois-Bas, à 12km. Du village de Minerve (34210) , en pleine campagne.

 Bois-bas étend ses presque 270 hectares entre la rivière Cesse et les contreforts de la Montagne Noire, à quelques 45km de Narbonne, 60 de Béziers, ainsi que de Carcassonne  et Mazamet.

Diverses activités agricoles, culturelles, pédagogiques sont développées par la Commune du Maquis : élevage de brebis, chèvres et cochons ; à la fabrication de fromage de chèvre et de pain, s’ajoutent une ludothèque, l’accueil d’enfants et d’adultes atteints d’autisme, un projet de centre de documentation et de projection argentique et l’organisation d’événements d’agitation culturelle contre les principes de domination et d’exploitation.

 

Timidité au sommet

On sait qu’une centaine d’espèces d’arbres présentent ce qu’il est convenu de nommer crown shyness, ce que l’on traduit le plus souvent par «timidité des cimes».

L’espace spontanément observé par les différents arbres est désigné par une expression (d’un troublant érotisme, soit dit en passant): c’est la «fente de timidité».

Or, l’examen d’un certain nombre de documents photographiques (dont je présente un exemplaire ci-après) permet d’affirmer que les buildings eux-mêmes respectent entre eux un espace de timidité, évitant de faire se rejoindre leurs sommets.

La timidité des cimes pourrait ainsi être considérée comme une loi commune à la nature et à la culture (architecturale, au moins). Cette voie timide, qui demande à être confirmée par de plus amples recherches semble néanmoins prometteuse.

Exemple de timidité des cimes observée chez les arbres.

Exemple de timidité des cimes observée chez les gratte-ciel.

LA «REMISE EN COSSE» DE L’ÉTAT D’URGENCE

Emmanuelle Cosse, quelque chose aujourd’hui dans la politicaillerie verte, naguère dans les milieux radicaux, a donné ces derniers jours un exemple stupéfiant d’empressement àplatventriste au service du gouvernement.

S’élevant contre les assignations à résidence de militants écologistes le vendredi 27 novembre, elle assure le mardi suivant 1er décembre sur France info :

Je ne remets pas en cause les assignations à résidence. […] Objectivement, je fais confiance à ce qui se passe aujourd’hui [sic].

Un coup de ripolin vert sur la terrorisation démocratique à la sauce Hollande-Valls vaudra sans doute un petit strapontin à la dame. Je laisse les spécialistes évaluer le «bilan carbone» d’une pareille célérité dans le retournement de veste.

 

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«Je ne remets pas en cause les assignations à résidence.»

 

Morale bio et tics du capital (2003)

Ce texte a été publié dans la revue Oiseau-tempête, n° 10, printemps 2003.

 

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Les industriels philanthropes de la fin du XIXe siècle conciliaient leurs convictions religieuses, leur souci de l’ordre et leur appétit de profit en pratiquant une bienfaisance hygiéniste et moralisatrice. La bienséance idéologique est devenue à la fois un argument de vente et un outil de la collaboration de classes.

« Par l’acte d’achat, écrivent fort justement les rédacteurs d’une “Plate-forme pour le commerce équitable”, le consommateur soutient un système économique. Acheter des produits issus du commerce équitable est une manière de réduire les inégalités dans le monde.[…] Le “consom’acteur” est né ! »

« Moi, quand je consomme, je m’engage ! » confirme une Ève-croquant-la-pomme (bio), en clignant un œil coquin sur la couverture d’une brochure publicitaire pour le « Codevi solidaire Biocoop du Crédit coopératif ». Le secteur des produits « biologiques » offre sans doute la gamme la plus large des produits alimentaires, ménagers ou bancaires par l’achat et l’usage desquels le consom’acteur démocrate manifeste aux yeux du monde globalisé son citoyennisme quotidien. C’est ainsi que les magasins du réseau Biocoop commercialisent une « banane bio équitable ». Grâce aux inventeurs de ce fruit-concept, la République n’a plus honte de s’afficher bananière[1] : « En consommant des produits bio labellisés Max Havelaar, vous participez concrètement à l’amélioration des conditions de vie de 700 000 producteurs du Sud […], favorisant ainsi un développement durable de l’agriculture biologique. »

La nouvelle (fausse) conscience écologiste ne se préoccupe pas seulement de ce qu’ingère le citoyen : l’étron lui-même est un étalon civique. « En mettant Bio Bloc-WC dans votre cuvette, vous contribuerez à nettoyer la canalisation WC de votre habitat, vous tendrez à décongestionner les égouts de votre commune. Vous ferez une action Bio-Citoyenne. »

Le comble semble atteint avec « Chien citoyen® »[2], « premier ramasse-crottes écologique utilisant des sacs à base d’amidon de maïs (sans OGM), 100% biodégradables et 100% compostables », dont la sobre devise est : « Élégance et citoyenneté » !

Il va de soi que ni l’alimentation saine ni même le traitement des déjections humaines et canines, et à plus forte raison les échanges inégaux Nord-Sud ne sont des problèmes négligeables. On se borne à constater ici que le capitalisme excelle à capter des préoccupations honorables (souci de ne pas s’empoisonner, de ne pas contribuer à la dégradation de l’environnement ou de ne pas accroître l’exploitation des plus pauvres), fabrique avec elles de l’angoisse et de la culpabilité, contre lesquelles il produit et vend des amulettes baptisées Codevi ou ramasse-crottes.

Le même système peut inventer le licenciement éthique. Kodak a ainsi renvoyé un M. Szabo, au motif qu’il avait répondu négativement sur l’Intranet « à une note interne de soutien à un employé faisant son coming-out, [note] destinée aux cadres[3] », incident d’autant plus « troublant » selon le chargé des relations publiques de la firme à Rochester (New York), qu’il s’est produit « lors de la Journée nationale du coming-out ».

Certes, ajoute le chargé, M. Szabo « a le droit de s’exprimer sur la question gay [sic], mais il aurait dû le faire auprès de son superviseur [le psychanalyste n’eut-il pas été encore préférable ?], et pas en diffusant sa réponse à un millier d’employés. […] [On] lui a proposé de rédiger et de signer une rétractation publique et de participer à un programme de sensibilisation. Il […] a refusé nos propositions. Il est essentiel pour la compagnie de veiller à garder un espace de travail dénué de toute hostilité. » La droite religieuse ayant eut le culot de présenter le licencié comme une victime du politically correct (ces gens ne reculent devant rien !), des organisations militants pour les droits civiques (notamment Human Rights Campaign, HRC) ont appelé à soutenir Kodak, l’une des rares grosses firmes américaines à avoir mérité la note 100 sur 100, attribuée par HRC, qui évalue « la politique sociale des entreprises envers les gays et les lesbiennes ».

Faudrait-il être aussi étroit d’esprit et cul-serré que M. Szabo pour trouver grotesque la « note de soutien » de cadres à l’un des leurs (Vas-y John ! Dis-nous comment tu prends ton pied, c’est bon pour la boîte !) et l’orwellienne « Journée du coming-out », assortie comme il se doit — pour les récalcitrants — de rétractations et de programmes de sensibilisation ? On comprend la colère (ou qui sait ? l’ironique jubilation) des intégristes catholiques reconnaissant les armes de toujours de l’Inquisition maniées par les DRH post-modernes…

La souplesse et la perversité du système se vérifient : l’entreprise assume la lutte contre les discriminations et harcèlements sur les lieux de travail — sauf bien entendu lorsqu’elle les utilise ou les organise aux fins de management[4]. Elle institue au passage un délit d’opinion et garantit la cohésion du groupe producteur. Le citoyen est encouragé à tout dire de ses goûts et opinions à son patron gay friendly ou à son banquier bio. L’exploitation garantit la paix de l’âme comme la paix sociale.

NB. Tous les passages soulignés dans les citations le sont par moi.

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[1] République bananière ; régie par les intérêts privés et la prévarication (Petit Robert).

[2] Publicité relevée dans Bio contact, mars 2002. Sans vouloir susciter des querelles de propriété intellectuelle, je note qu’une « Société centrale canine » a organisé, le 29 janvier 2001, un colloque au Sénat sous le titre « Quelle place pour le chien citoyen ? ».

[3] Selon le magazine Têtu (janvier 2003), qui rapporte l’anecdote sans la commenter (mais sous le titre approbateur par défaut : « Kodak renvoie un homophobe »), M. Szabo aurait diffusé le message suivant : « S’il vous plaît, ne m’envoyez plus ce type d’informations : je trouve cela dégoûtant et choquant. »

[4] Cf. par ex. Terreur au travail, Marie Muller, Fayard, 2002.