Soutien politique et matériel urgent à Camille [DOC du réel], dépouillée par les flics

Lundi matin vient de lancer un appel à soutien matériel pour Camille, vidéaste de Doc du réel, arrêtée et dépouillée par la police, accessoirement mise en examen.

Libertalia, dont elle a tourné le fil de l’anniversaire des dix ans et les clips de présentations de plusieurs livres, et moi-même nous associons à cette heureuse et rapide initiative (voir détails dans l’article ci-dessous).

Pour financer le renouvellement du matériel de Camille, saisi par la police et qui ne lui sera rendu, au mieux, qu’à la fin de l’année,

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Arrêtée alors qu’elle couvrait l’occupation du lycée Arago, tout son matériel vidéo a été saisi par la police

Camille, vidéaste et documentariste pour DOC du réel couvrait la manifestation du 22 mai à Paris. Arrêtée en même temps que les 101 lycéens et grévistes lors de l’occupation du lycée Arago, elle a passé 44h en garde à vue, se retrouve poursuivie pour « groupement en vue de commettre des dégradations » et passera en procès au mois d’octobre prochain.

Avant d’être interpellée, Camille a filmé l’intervention policière puis elle a interviewé les lycéens à l’intérieur du car de police dans lequel ils ont passé plus de 4 heures ensemble avant d’être amenés au commissariat. De ce fait, un officier de police judiciaire a décidé de saisir la totalité de son matériel et donc de ses enregistrements.

Dans le détail :

–  2 cartes mémoires (150e)

–  un micro RODE (180 e)

–  Un enregistreur numérique Zoom H4N (220 e)

–  Une caméra appareil photo Canon EOS 70D, un objectif et une batterie (1500e)

–  Un téléphone (250 e)

 Pour plus de détails sur les circonstances et le déroulement de son arrestation, vous pouvez lire cet article paru sur lundimatin :  https://lundi.am/DOC-du-reel-en-garde-a-vue-1380

Dépouillée de son matériel de travail, Camille n’est plus en mesure de continuer son activité et doit attendre une hypothétique restitution après son procès en octobre. Ces dernières années, elle a produit des contenus riches, divers et précieux que nous avons très régulièrement publiés sur lundimatin(ses images ont aussi été diffusées par Médiapart, le Huffigton post, les Inrocks, CQFD, etc.). Sa chaine youtube cumule plus d’un million de vues et une centaine de documentaires, nous en avons sélectionné quelques-uns ci-dessous.

Évidemment, il ne nous paraît pas souhaitable de hiérarchiser les différents types de répression : qu’une « journaliste » se retrouve en GAV et poursuivie après une occupation ne nous semble fondamentalement pas plus scandaleux que ce qu’ont vécu des dizaines de lycéens ce jour-là. Cependant, il nous semble important que Camille puisse reprendre ses activités de documentation des luttes le plus rapidement possible et c’est la raison pour laquelle nous en appelons à votre solidarité financière.

La somme récoltée lui permettra d’acquérir une nouvelle caméra, un nouvel enregistreur, etc. le plus rapidement possible. La somme visée couvre le prix de ce qu’elle a perdu, à savoir 2300 euros.

Son matériel saisi était par ailleurs très rudimentaire au vu de la qualité de ses reportages et il va sans dire que si nous récoltions plus d’argent, cela lui servirait à se doter d’un équipement plus performant.  

 

Comment la faculté de Tolbiac a été transformée en piège

Doc du Réel continue de suivre les mouvements sociaux, à Notre-Dame-des-Landes, à Nantes, et à Paris.

Cette vidéo, tournée à Tolbiac, montre comment les flics ont décidé d’empêcher les étudiants de tenir une assemblée générale après la manifestation contre la «Loi Travail», le 17 mars dernier, qui s’était dissoute non loin de là, place d’Italie.

Ça n’est pas la première fois que Tolbiac est transformée en une nasse par les flics. Les violences exercées, toutes relatives en comparaison avec d’autres épisodes du mouvement de la jeunesse de ces dernières années, mais évidemment disproportionnées (pour reprendre le langage des flics) avec l’événement (résistance comprise des occupants) montrent que l’État craint par dessus-tout une contagion du mouvement actuel. Au point de prendre le risque de la déclencher lui-même par une victime trop amochée de la violence de ses chiens…