Concept d’«islamophobie» (suite) : textes, liens, débats, mensonges et sarcasmes…

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J’ai reçu peu de commentaires directs à la suite de la publication sur le présent blogue du texte intitulé «Et “dieu” créa l’“islamophobie”»…, sauf de courts messages d’encouragement, précieux certes, mais qui ne demandent pas à être reproduits.

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Je cite cependant celui-ci :

Il me semble que dans ton article « Et Dieu créa l’islamophobie », quelque chose t’a échappé. L’OCI ne dit pas que « les croyants » ont des « droits » et que les athées n’en ont pas. Elle dit que les croyants des religions abrahamiques et monothéistes, c’est-à-dire les musulmans, les chrétiens et les juifs (oui mais bon eux…) ont des droits et que les autres, mais pas seulement les athées, également les croyants des religions polythéistes, les animistes, et tout ce qui peut exister comme croyants de religions non-abrahamiques, n’ont aucun droit. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

Christophe

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Mon texte a été intégralement repris et/ou signalé sur les sites suivants:

Socialisme libertaire

Le Laboratoire anarchiste

Mondialisme.org

Non fides

En dehors

Le Blog de Floréal

Sous la cendre

Indymedia Bruxsel

Indymedia Nantes

INCENDO

Et, malgré ma défense maintes fois réitérée, par le crétin qui a intitulé son triste blogue « Serpent libertaire ».

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La version d’Indymedia Bruxsel présente l’avantage d’être suivie de commentaires.

On y apprendre, en vrac, qu’« après un début de carrière plutôt intéressant et sympathique contre les idées toutes faites et la pensée dominante, Claude Guillon a décidé de jouer dans la cour des grands [sic] et d’accéder à un monde politiquement correct d’où ses idées trop extrémistes l’avaient écarté. »

L’auteur de ce commentaire croit pouvoir annoncer que je vais prochainement prendre pour cibles les « “antisionistes”, les “anticolonialistes”, “les anti-impérialistes”, bref, tous les empêcheurs de tourner en rond dans le meilleur des mondes colemanesques possibles… »

L’adjectif « colemanesques » dérive d’Yves Coleman, auteur de la revue Ni patrie ni frontières, qui a repris un certain nombre de mes textes (voir le lien mondialisme.org ci-dessus). Au passage, j’ai l’impression que certains voient Coleman, auteur-éditeur d’une revue tirée à 200 exemplaires, comme une espèce de Citizen Kane du XXIe siècle, au cœur de la concentration de la presse française…

Passons. Une fois décidé que ledit Yves Coleman (qui n’en peut mais !) est mon « nouveau maître à penser » (sans préciser qui était le précédent…), il est facile à notre illusionniste d’aligner une longue liste de liens conduisant à des articles de Coleman, dont il va de soi — désormais — que je suis censé les endosser.

On apprendra encore que je fais désormais partie des « anarchistes “respectables” » qui « disent exactement la même chose que Fourest, Val, Finkielkraut ou même Éric Zemmour, ce qui prouve bien plus sûrement qu’ils sont sur la même longueur d’onde. »

Je m’étais dispensé jusqu’ici de lire une ligne de M. Zemmour, mais si des « anarchistes » pas respectables m’assurent que c’est un communiste libertaire antithéiste, je vais faire un effort…

On apprendra encore que « Je suis Charlie » sans le savoir. Comme j’ai pris la peine d’écrire le contraire et que cela s’est un peu su, il faut feinter : « Passer de Mordicus à Mondialisme.org et Le Monde libertaire pour promouvoir ses “idées” anarchistes, quelle déchéance ! Même ses fausses audaces par rapport à Charlie ne sont que des échappatoires. Il n’est pas Charlie seulement à cause de la récupération par le pouvoir, mais nulle part il n’émet la moindre critique envers ce journal raciste qui était passé depuis plus de dix ans dans le camp du pouvoir. D’autres ont eu ce courage qu’il n’a pas et qu’il n’aura jamais plus. »

Voyez comme on peut se tromper : j’aurais juré que ce passage du texte « Vous faites erreur, je ne suis pas Charlie ! » était une critique de Charlie Hebdo

Je ne suis pas Charlie, parce que si je partage la peine des proches des personnes assassinées, je ne me reconnais en aucune façon dans ce qu’était devenu, et depuis quelques dizaines d’années, le journal Charlie Hebdo. Après avoir commencé comme brûlot anarchisant, ce journal s’était retourné — notamment sous la direction de Philippe Val — contre son public des débuts. Il demeurait anticlérical. Est-ce que ça compte ? Oui. Est-ce que ça suffit ? Certainement pas. J’apprends que Houellebecq et Bernard Maris s’étaient pris d’une grande amitié, et que le premier a « suspendu » la promotion de son livre Soumission (ça ne lui coûtera rien) en hommage au second. Cela prouve que même dans les pires situations, il reste des occasions de rigoler.

Passons sur le léger retard de lecture à propos du Monde libertaire (voir Comment peut-on être anarchiste ?), le même messager de mauvais augure prévient qu’un jour les Coleman (dont je ne sache pas qu’il se soit jamais prétendu anarchiste) et les Guillon « dépasseront les Cohn-Bendit et les Philippe Val dans le reniement des idées libertaires, on préfère [ajoute-t-il] les anonymes qui n’ont pas retourné leur veste. »

Notez que je prétends justement, moi, qu’ils l’ont retournée en abandonnant l’antithéisme.

My tailor is perhaps rich but unfortunately no longer anarchist !

Et pour finir — très provisoirement, sans doute — je suis qualifié par un autre commentateur d’« ayatollah de la laïcité (d’État) », doublé d’un « idiot utile de l’anticommunisme » (étonnez-vous, après ça, que j’ai un emploi du temps de ministre…).

Le même fan me reproche de m’être « acoquiné » avec Octavio Alberola, en publiant à ses côtés une critique de Chomsky, Alberola dont « je ne peux pas ne pas avoir lu » un texte en faveur d’Onfray… Vous suivez toujours ?

Or me voici dans la pénible obligation de dessiller les yeux de mon sévère critique : je ne connais pas Alberola, sinon de vue, je ne lui ai jamais parlé. Et personne ne m’a demandé mon avis pour publier nos textes conjointement.

Oh !? Non !!! Eh si !…

Ainsi va le monde radical, et le ridicule des couillons qui bricolent des « écoles de pensée » sur la table de leur cuisine.

Il y a une chose qui manque dans la longue liste de liens, entrecoupée d’insultes, à laquelle je vous renvoie…

UNE CRITIQUE D’UN PASSAGE DE MON TEXTE

Mais je suis sûr que ça viendra. Il leur faut un peu de temps, c’est tout.

J’ajoute qu’en présence d’une critique précise et argumentée, je publierai et répondrai.

À moins bien sûr d’être terrassé par la force d’arguments, insoupçonnables à ce jour par ma misérable cervelle d’ex-mousquetaire anarchiste sénile et avide de voir ses mérites anticommunistes et « islamophobes » reconnus par l’État (putain ! 63 ans !), lesquels me convaincront de récuser le fier (croyais-je) slogan « Ni dieu ni maître » comme le « dicton » raciste qu’il est.

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Plusieurs textes portant sur le même sujet m’ont été signalés par leurs auteurs, des lecteurs et des lectrices :

Notes sur la religion dans son rapport avec le communisme

Le nouveau damné de la Terre est arrivé

Sur le site de la Marche mondiale des femmes contre les violences et la pauvreté (MMF) on peut télécharger le n° 280 (26 mars 2015) de son Courrier, dans lequel on trouvera un article de Laurent Zimmermann : « Évitons le terme d’“islamophobie” ».

L’auteur donne une citation de Salman Rushdie (dans Joseph Anton. Une autobiographie, Plon, 2012, chap. 6) :

« Un nouveau mot a été inventé pour permettre aux aveugles de rester aveugles : l’islamophobie. »

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Du côté des FEMEN

Je me suis rendu, le 29 août dernier, à la soirée-débat coorganisée à Paris par les Femen et le MLF (déposé), dont le thème était « Des femmes et des dieux ». Je souhaite revenir sur deux moments de la réunion.

Moment A (le désaccord).

Zineb El Rhazoui, journaliste à Charlie Hebdo, a d’abord parlé du concept d’ « islamophobie », de telle manière que, même si elle n’utilise pas les mêmes références documentaires que moi et ne se soucie pas des anarchistes (chacun[e] ses soucis !), j’ai pu penser que nous étions d’accord.

Hélas, au moment du débat avec la salle, une dame est intervenue pour rapporter son expérience. Employée dans une structure hospitalière (service public), elle a reçu en consultation une femme voilée dont elle ne voyait qu’un « triangle » du visage (les yeux probablement). Elle a fait part de son malaise à cette femme, laquelle est partie furieuse et a porté plainte pour discrimination (je résume[1]).

Zineb El Rhazoui a commenté ce récit en soulignant à quel point, à son avis, le service public hospitalier est un terrain de choix pour les militant(e)s islamistes ; elle a apporté tout son soutien à la dame visée par la plainte, applaudie par, disons une moitié de la salle au moins (très pleine, la salle, mais je n’ai pas procédé à un comptage).

Or voici où nous nous séparons Zineb El Rhazoui et moi. Je considère que, tel que compréhensible dans le récit de la dame, l’incident épuise la définition de l’islamophobie concrète dénoncée par l’intermédiaire du concept d’ « islamophobie », qui a par ailleurs d’autres objectifs et d’autres conséquences, ici récemment dénoncées.

Peu m’importent la sincérité et les éventuelles mauvaises intentions de la femme (« testing » prémédité) qui vient en consultation (ici sans accès nécessaire à son corps) dans la tenue qui correspond à ses partis pris religieux. La question est de savoir si mon propre parti pris philosophique, en tant qu’employée éventuelle de l’hôpital, suffit à légitimer des remarques, nécessairement ressenties comme désobligeantes, ou des obstacles mis à la consultation. Je réponds non.

Or il est d’autant plus dommageable que cette question ait été traitée de la sorte, que cela allait exactement en sens opposé à l’un des arguments — avec lequel je suis pleinement d’accord — opposé aux revendications religieuses. En l’espèce : il est bien possible que vous soyez choqué(e), heurté(e), agacé(e), etc. par mon mode de vie, ma vêture ou mes habitudes alimentaires, mais c’est la vie ! Et rien ne vous autorise, au nom de votre droit incontestable à croire et manger ce que vous voulez, à empiéter sur mes propres droits.

Cet argument ne vaut, comme règle de vie commune, que si il vaut pour tous et toutes, et pas seulement quand ça m’arrange, et qu’il sert mes propres partis pris.

Par ailleurs, quand une étrangère voilée me demande son chemin dans la rue, je le lui indique (si possible) sans assortir le renseignement d’un prêche antithéiste ; quand une manifestante voilée me demande du sérum physiologique pour son barbu de mari, gazé en même temps que moi dans une charge de police, je lui offre une dosette du produit sans l’assortir du « prix » d’une remarque acide. Et, je ne suis (même) pas payé pour ça.

Je ne crois pas que ce soit là que se situe la ligne de front ; je ne crois pas que des attitudes insultantes fasse avancer la cause de la laïcité d’un centimètre (je parle du pays où je vis ; dans une théocratie, la provocation a un autre poids). Et je ne vois pas comment l’on pourrait ensuite critiquer l’interdiction de signes religieux ou politiques à l’hôpital. Si je veux arborer un tee-shirt siglé du « A » anarchiste, ou mon badge préféré (« Trouble maker »), je veux pouvoir le faire sans laisser au médecin ou à l’infirmier protestant ou sarkosyste la latitude d’une « objection de conscience » dont les limites et les prétextes pourraient être discutés à l’infini (on attend déjà bien assez comme ça !).

Moment B (le mensonge).

Dans la continuité de la critique du concept d’ « islamophobie » comme « cheval de Troie théorique », je pose une question piquante à l’une des militantes Femen présente à la tribune. J’ai vu sur Internet une photo la représentant avec peint sur le torse le slogan « Allah created me free ». N’est-ce pas déjà une manifestation de démagogie à l’adresse d’un public musulman, quand on a plutôt vu dans un passé récent les Femen arborer des slogans clairement antireligieux. La jeune femme n’a pas le temps de répondre ; la meneuse du groupe, Inna Shevchenko s’en charge : « Il ne faut pas interpréter les slogans, mais s’en tenir à leur sens originel. Il était écrit : “Si Allah m’a créée, il m’a créée libre” ».

Tiens, se dit le piquant dépité, j’aurais mal lu, ou ma mémoire me joue des tours…

Or, après vérification sur le fil Twitter officiel de Femen France, voici la photo que je retrouve.

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C’est bien la même jeune femme ; le slogan est bien celui dont j’avais le souvenir (et dont j’avais publié une miniature dans les notes de « Et “dieu” créa l’“islamophobie” ») ; il est entièrement peint sur le torse puisque l’action est prévue et « cadrée » pour les photographes. Il est d’ailleurs repris — et lui seul — en légende de la photo.

Me voilà rassuré sur le fonctionnement de ma mémoire visuelle, à défaut de l’être sur la sincérité et les capacités d’autocritique d’Inna Shevchenko.

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[1] Je précise que je ne prétends pas rendre compte littéralement des propos de cette dame, l’incident qu’elle rapporte ayant fait l’objet d’une procédure judiciaire, dans laquelle je ne souhaite pas m’immiscer.

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ET «DIEU» CRÉA L’«ISLAMOPHOBIE»…

« Il » avait déjà, objecteront les vrai(e)s croyant(e)s, « créé l’homme dans les plus admirables proportions[1] ». Cela dit, il aurait été bien bête de s’abstenir d’ajouter à son œuvre une amélioration aussi féconde. Georges Brassens notait justement que « la courbure des reins, ça c’est une trouvaille ! » Dans un registre (hélas) différent, l’« islamophobie » aussi…

Si je suis (du verbe suivre) le Dictionnaire historique de la langue française, « phobie » est tiré du radical du grec phobos : « Celui-ci désigne une fuite (due à la panique), d’où un effroi, une peur intense et irraisonnée. […] L’élément -phobie sert à former un nom féminin correspondant au mot en -phobe et exprimant l’aversion, une peur morbide. »

Contrairement à ce que croit et écrit Caroline Fourest[2], le terme « islamophobie » n’a pas été créé par les mollahs iraniens à la fin des années 1970. Il apparaît déjà dans la première décennie du XXe siècle, dans des textes de juristes et d’islamologues occidentaux[3]. Cela n’empêche pas qu’il ait été utilisé par des religieux en Iran, et surtout — depuis le début des années 2000 — par les cinquante-sept États de l’Organisation de la conférence islamique (OCI, renommée depuis Organisation de la coopération islamique), organisme intergouvernemental. Lire la suite

Après les assassinats djihadistes de janvier 2015 à Paris: un numéro spécial de “Ni patrie ni frontières”

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Ni patrie ni frontières n° 48-49 (avril 2015) : Exécutions djihadistes de janvier 2015 à Paris (analyses et perspectives) – Antisémitisme et racisme antimusulmans en Europe – Autour du concept d’ islamophobie, 250 pages, 10 euros

Les réactions d’une grande partie de l’extrême gauche, de l’ultragauche, ou du mouvement anarchiste face aux dix-sept exécutions commises à Paris par un trio de meurtriers djihadistes entre le 7 et le 9 janvier 2015, réactions officielles mais aussi plus spontanées et révélatrices sur les réseaux sociaux, permettent de faire le point sur de nombreuses tares dans « nos milieux », sujets déjà traités dans trois numéros de la revue sous le titre « Nos tares politiques » et bientôt dans un quatrième.

Ce numéro commence par un article écrit en 2012 portant sur… Charlie Hebdo. Il est suivi par plusieurs contributions de la revue Temps critiques, du groupe Mouvement communiste, de Claude Guillon et de Ni patrie ni frontières sur les assassinats de Paris au début de de janvier 2015. La revue aborde ensuite la question de la montée de l’antisémitisme et du racisme antimusulmans en Europe, en essayant d’en dégager les causes et les conséquences. La dernière partie tourne autour des définitions de l’islamophobie et du racisme antimusulmans.

Pour toute commande écrire à yvescoleman@wanadoo.fr
Frais de port gratuits… pour celles et ceux qui commandent !
Catalogue disponible ici.

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Sommaire

– Quelques leçons à tirer des assassinats djihadistes des 7-8-9 janvier 2015 et de leurs conséquences, 3

Charlie Hebdo, les « musulmans » et la liberté d’expression, 5

Prêche tragique à Charlie Hebdo : douze morts. Pour qui travaillent les assassins ? (Claude Guillon), 14

L’attaque contre Charlie Hebdo impose au prolétariat de se charger directement et sans tarder de la lutte sans merci contre le fanatisme religieux violent qui renforce l’État et accroît la division au sein des exploités et des opprimés (Mouvement communiste), 17

Vous faites erreur, je ne suis pas Charlie (Claude Guillon), 25

D’une authentique émotion de masse à une manipulation politico médiatique, 27

Délation, prison, flicage. La farce antiterroriste ne fait pas rire

(Claude Guillon), 43

Camarades, votre loi du talion ne sera jamais la mienne ! 46

Les partisans du « totalitarisme » religieux ne sont ni des « victimes » ni des « camarades dans l’erreur » ! ou Du bon usage des explications « sociologiques » en milieu militant… 54

Quelques dits sur l’événement de janvier 2015 à Paris (Temps critiques) 62

A propos des discussions sur Charlie Hebdo au boulot 84

Après les 17 exécutions djihadistes des 7/8/9 janvier 2015 : dix points de clivage et sources d’interrogations, 86

– Une position claire face aux religions, 87

– Laïcité et droits démocratiques, 94

– Statut de la raison et des sciences, 96

– Ambiguïtés du terme « islamophobie », 97

– Luttes géopolitiques en cours, 101

– Méconnaissance du rôle social des religions, 105

– Sous-produits gauchistes des théories postmodernes, 107

– Affirmations identitaires et poids social des religions, 112

– Pour un antiracisme de classe, 115

– Nature de l’antisémitisme mondialisé actuel, 120

Racisme antimusulmans et antisémitisme en Europe : pourquoi il nous faut combattre ensemble ces deux fléaux – sans céder aux pressions des identitaires de gauche et de droite 127

– Un recul nécessaire, 135

– Racisme antimusulmans en Europe, 143

– Antisémitisme en Europe, 152

– France : un pays pionnier, 158

– Antisémitisme et racisme antimusulmans

vus par la gauche et l’extrême gauche, 161

– Annexe 1 : Ambiguïtés de la notion d’islamophobie, 170

– Annexe 2 : Tableau comparatif, 179

– Annexe 3 : Définition de travail de l’antisémitisme, 187

« Islamophobie » ou racisme antimusulmans ? 189

Encore et à nouveau sur l’Islamophobie 190

L’appel des libertaires contre l’islamophobie, 193

Dix questions aux libertaires sur l’islamophobie et le racisme 197

Misère du néologisme, néologisme de la misère

(Juan Pueblo, CNT-AIT), 204

La fourestophobie, nouveau gadget gauchiste, 208

Décidément, Mme Caroline Fourest ment vraiment très mal, 210

Qu’est-ce que le racisme antimusulmans ? (Sacha Ismaïl), 213

Les nouveaux rouges bruns de Jean-Loup Amselle, 220

«SAUVÉES PAR LE GONG»? Femen, suite et fin (mars 2013)

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Lors de leur happening à Notre-Dame, le 12 février 2013, certaines militantes des Femen portaient peinte sur le torse, ou dans le dos, la formule « Saved by the bell », laquelle se traduit ainsi en français : « Sauvé(e) par le gong ». Était-elle censée s’appliquer au pape, à l’Église catholique, ou bien à elles-mêmes ?… Il semble qu’aucun journaliste n’ait songé à poser la question. Pourtant, les entretiens se sont multipliés, et les Femen ont publié, dans Charlie Hebdo (n° 1081, 6 mars 2013), un « manifeste » qui comble la lacune soulignée ici-même en matière d’expression autonome du groupe, au-delà des slogans de quatre mots.

Même si je ne prétends pas m’être livré à une revue de presse exhaustive, et bien que m’étant épargné la lecture du livre d’entretiens récemment publié chez Calmann-Lévy, je considère que les éléments d’information recueillis suffisent à confirmer et à préciser les remarques critiques que j’avais formulées dans « Quel usage politique de la nudité ? ». Je les complète donc ici—  et une fois pour toute — non que j’attache une importance démesurée aux bévues d’une poignée de jeunes femmes en colère, mais parce qu’elles ont réussi, et je crains que ce soit là leur seule réussite, à susciter via les médias quelques questions (des vraies et des fausses), lesquelles engendrent des débats (souvent faux), lesquels risquent d’aggraver une confusion générale qui n’a pas besoin ça…

De la participation des Femen au terrorisme normatif contre les femmes

Interrogée sur cette question (mais pas avec ces mots) par un journaliste de France TV Info (14 février 2013), Inna Schevchenko répond (c’est moi qui souligne) :

« Nous ne sélectionnons pas nos militantes sur leur apparence ou leur âge. Nous avons des femmes de tout âge et de toute apparence. Mais les militantes qui participent à nos actions doivent être très bien préparées au niveau physique, moral et émotionnel. Être une Femen, c’est physiquement difficile. Nous devons parfois sauter sur les toits des immeubles. Mais l’entraînement physique et moral reste la seule chose qui nous permet de choisir les participantes à nos actions. »

— « Où sont donc vos militantes enrobées ? », revient à la charge le journaliste.

« Vous pouvez en voir si vous regardez certaines manifestations, comme à Davos ou au Vatican. Mais quand nous devons courir et escalader, les femmes en surpoids ne peuvent pas participer, parce qu’elles ne sont pas préparées physiquement. C’est difficile de grimper sur les toits. Mais ça n’a rien à voir avec l’apparence. Autre exemple, au Trocadéro, à Paris, contre l’intégrisme musulman : il y avait des femmes très différentes par l’âge, le poids, la taille… Nous avons des grosses militantes, dont une qui pèse 120 kilos. Elle peut participer, mais encore une fois, tout dépend des actions. »

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Comment reconnaître la «féministe» ? C’est écrit dessus. Sinon: même conformation, même épilation.

La question agace la militante autant qu’elle la surprend. Non pas qu’elle ne l’ait jamais entendue auparavant (le journaliste fait allusion aux textes qui circule sur les réseaux sociaux, dont « Quel usage politique de la nudité ? » fait partie), mais pour le dire simplement, elle « ne voit pas où est le problème ». Il y a les filles comme elle, normales : jeunes, jolies, minces, épilées. Et puis il y a les autres, différentes, « en surpoids ». On ne peut évidemment écarter complètement ici l’hypothèse d’un biais du fait de la traduction, de l’ukrainien à l’anglais, puis de l’anglais au français. C’est le seul gong susceptible de « sauver » une féministe usant de la répugnante expression « en surpoids ». La demoiselle n’imagine manifestement pas qu’elle-même puisse être jugée, au choix, « maigre », « plate », « anorexique », et j’en passe. La norme, elle l’incarne ; les autres l’excèdent ou sont incapables de l’atteindre. Lire la suite