Jacques Debronckart ~ chanteur anarchiste (hommage en passant)

L’ami Karim M. m’envoie la première chanson reproduite ci-dessous. Déchirante.

Je me souviens de la voix du chanteur, en vrai.

Je suis assez vieux pour me souvenir, et pas assez pour oublier… C’était à la Mutualité, où nous allions si souvent, pour des fêtes, des débats, des meetings; où nous n’allons plus jamais.

Debronckart, c’était Brel s’il avait été vraiment libertaire. Le même genre de voix, de manière de chanter, de crier.

Écoutez les paroles: chanter, en 1966, au détour d’une chanson d’amour filial, que votre mère aurait été bien libre de se débarrasser de vous en avortant… Le culot.

L’athéisme, l’amitié, la peur au ventre.

L’humanité – sans capitale, et sans comité central !

 

 

Siné milite contre la liberté d’expression! (2008)

Capture d’écran 2014-11-09 à 01.11.00

 

Dans l’espèce d’éditorial qu’il rédige en page deux de chaque livraison de Siné hebdo, ici dans le numéro 6, le dessinateur Siné récuse fermement le principe de la « liberté d’expression ». Fidèle à sa veine stalino-tiers-mondiste, l’humoriste présente la dite liberté comme un produit d’importation américain, ou plus précisément issu de « la constitution amerloque ».

Signalons aux jeunes lecteurs que ce principe est également garanti par les articles X et XI de la Déclaration [française] des droits de l’homme de 1789.

La liberté d’expression étant ainsi rangée, avec le Coca-cola, la CIA et le rock and roll, parmi les armes de l’impérialisme américain, on se doute qu’il est facile de la récuser. C’est d’autant plus facile qu’il s’agit, bien évidemment, de refuser la liberté d’expression aux méchants. Une liste non exhaustive est fournie : Franco, Hitler, Mussolini, Salazar, Staline, Pol Pot.

« Si on avait cloué la gueule quand il le fallait à » ces tristes individus, « notre monde actuel pourri aurait peut-être une moins sale gueule ! » conclut Siné. D’un point de vue historique, cette proposition est indiscutable, pour la bonne raison qu’elle n’a aucun sens… Prenons le cas du premier nommé : Franco. Il n’a pas manqué d’anarchistes pour tenter de lui clouer le bec, à coups de fusils pendant la révolution, à coup de bombes ensuite. Mais Siné mélange à plaisir deux niveaux d’analyse (si j’ose dire) : d’une part la réaction individuelle ou populaire face à un tribun fasciste ou à un apprenti dictateur, et d’autre part la position que l’on défend à l’intérieur d’un système de soi-disant liberté d’expression (la démocratie) sur le traitement à réserver à ses adversaires. Que recommande Siné rétrospectivement aux militants anarchistes espagnols, dont des milliers de camarades étaient prisonniers politiques sous la République ? Aller voir les dirigeants pour leur dire qu’ils s’étaient trompés d’ennemis : Nous, anarchistes, gentils ! Vous plutôt mettre en prison fascistes, très méchants, du genre à fomenter un coup d’État un jour ou l’autre. Hypothèse ridicule. Lire la suite