L’HYDRE AUX MILLE TÊTES ~ Une nouvelle librairie à Marseille ~ Inauguration le 12 mai

Une librairie qui s’ouvre, c’est toujours une bonne nouvelle!

De plus L’Hydre aux mille têtes accueille, pour son inauguration, 96 rue St-Savournin à Marseille, deux éditeurs de qualité: Anacharsis et Libertalia.

Vivement le 12 mai, et les jours qui suivront!

Chez Anacharsis.

 

 

 

 

 

 

 

Chez Libertalia.

«CAPITAL TOTAL» ~ par Négatif

Dans le monde qui se profile, l’espoir de mener une vie simplement humaine s’effondre. Qui peut encore s’illusionner sur ce qui nous attend ? Qui peut encore imaginer que la simple défense du service public, issu du compromis social né dans le contexte bien particulier de la fin de la Seconde Guerre mondiale, soit une revendication à la hauteur des enjeux ? Le Capital s’est débarrassé de sa muselière. Il montre les crocs. Cela se traduit dans les faits par un accroissement de la violence de la répression mise en œuvre par ses représentants à la tête de l’État (expulsion des étudiants des facultés qu’ils occupent, opération militaire à Notre-Dame des Landes, sans parler des attaques menées par des fascistes confortés par la violence étatique).

Face à l’ampleur des attaques, les directions syndicales restent figées dans une position défensive non dénuée d’arrière-pensée. Le simple fait de mettre dans la même casserole des revendications diverses et appeler cette mixture « convergence des luttes » ne suffira pas. S’agirait-il donc de donner plus de force à chacune d’entre elles, et penser ainsi qu’elles pourront toutes trouver preneur au sein du patronat et de l’État ? Pour revenir à quelle situation ? À la dernière étape d’une régression sociale entamée voici déjà presque quatre décennies ? Cette régression, il est vrai, entre aujourd’hui dans une phase décisive. Il ne s’agit plus de courir après toutes les attaques (c’est la stratégie du gouvernement actuel que de nous faire courir en espérant nous asphyxier), mais de nous demander à quelle vie, radicalement autre, nous pouvons aspirer. Derrière la revendication du maintien du service public, ne se cache-t-il pas l’attente profonde d’une vie débarrassée des exigences du profit qui mettent à mal l’existence de chacun, au travail ou dans l’exclusion sociale ?

Nous n’avons besoin ni de l’État ni du Capital pour imaginer et mettre en œuvre une société nouvelle, en rejetant loin de nous tout ce qui nous sépare, notamment les revendications identitaires diverses qui fleurissent de toutes parts, et paraissent difficilement compatibles avec une remise en cause globale de la société de classe et de la réification toujours plus prégnante des rapports humains.

Capture d’écran 2015-01-15 à 14.38.41 Négatif

À la prochaine!

Près d’un millier de personnes à La Parole errante, une ambiance sans fausse note (et plein de musique!), des rencontres et des discussions…

Navré si vous avez raté ça. Mais consolez-vous, Libertalia vous réinvitera bientôt, foi d’animal!

Voir l’esprit en peinture

Aujourd’hui, j’ai rendu visite à Guy Girard. Depuis plus de dix ans, j’avais le projet de lui acheter un tableau, et puis la vie… Et d’ailleurs, j’ai encore plus ou moins un rapport de péquenot aux toiles: j’ai l’impression que c’est trop beau et trop fragile pour moi… Une affiche d’accord, mais un vrai tableau, comme dans les musées…

Bref, on s’est croisés par hasard, donné rendez-vous aujourd’hui. Et voilà.

J’étais comme un gourmand (que je suis) devant la devanture d’une pâtisserie. Tant de couleurs, de personnages, de formats… J’aurais voulu tout emmener chez moi! Mais d’abord les artistes ne vivent pas que d’amour et d’eau fraîche, même s’ils/elles en font une consommation aussi considérable que possible, et puis je n’ai plus de place sur mes murs, presque entièrement occupés par des livres. Il va falloir faire construire…

Je reproduis ci-dessous la photo de l’un des tableaux acquis (oui, j’ai craqué…). Je l’appelle familièrement Le Cri du Peuple, mais ça n’est pas son titre exact. Je rectifierai plus tard. En bas à gauche, vous reconnaîtrez l’ami Marat.

Je publierai bientôt d’autres photos (peut-être meilleures, même!). En attendant si la toile vous plaît, n’hésitez pas à me contacter, je transmettrai à l’auteur et vous mettrai en relation.

“127 jours en mars” un livre en forme d’abécédaire, qui fait retour sur le mouvement contre la loi «Travaille!»

Nathalie Astolfi et Alain Dervin, deux camarades militant à la CNT – et croisé·e·s à maintes reprises depuis une dizaine d’années en suivant les mouvements de la jeunesse et en participant à divers collectifs – viennent de publier un livre qui mérite d’être qualifié à la fois d’utile et de roboratif.

127 jours en mars est sous-titré «Petit abécédaire combatif contre la loi travail et son monde». Première bonne idée, après le sujet lui-même, la forme d’abécédaire. Elle est (sans doute) commode pour l’écriture et agréable pour le lectorat. On peut picorer, revenir au livre et trouver aisément une entrée: «Cortège de tête», «Lacrymo», «Nuit debout», etc.

Il ne faut pas prendre au pied de la lettre le titre de ce billet: en réalité, le livre de Nathalie et Alain va beaucoup plus loin qu’une simple évocation du mouvement anti-Loi travail. Il remet ce mouvement dans l’histoire des mouvements de jeunesse de ces dix dernières années (que les auteurs ont vécu directement, comme je le disais plus haut).

Ainsi se trouve pallié un défaut dramatique de transmission de la mémoire militante, d’un mouvement à un autre.

On retrouvera, à la lecture d’abord, puis selon d’éventuels besoin documentaires une foule d’événements, de dates et de faits vécus dans la rue et dans les assemblées générales, sans parler de la place de la République (Nuit debout).

Le récit est concis, alerte et sensible (parfois jusqu’à la naïveté; voir p.95). Comme de juste, chacun·e aura ses propres déceptions ou objections. Pour ma part, j’eusse volontiers subi moins de références à Jacques Rancière (qui m’horripile) et – je dis tout hein! – une mention de La Terrorisation démocratique à propos de l’état d’urgence.

Reste que le livre est vraiment utile, et bien réalisé.

Nul doute qu’il fournira le point de départ de moult débats dans les librairies et lieux alternatifs d’ici et de là.

127 jours en mars, Éditions le passager clandestin, 61, rue Sébastien Gryphe 69007 Lyon, 144 p., 9 €.

 

Statut du livre: reçu en service de presse.