Bulletin de santé du 5 octobre 2022 (réservé à celles et ceux que ça intéresse)

Après un nouveau scanner et une consultation avec l’oncologue, la situation peut être décrite comme « stationnaire, mais encourageante ».

Telle lésion a grossi d’un millimètre, telle autre en a perdu deux : la tumeur originelle a perdu de l’épaisseur (c’est déjà ça), mais non de l’étendue. On peut espérer voir ce résultat s’affirmer dans les semaines qui viennent, les rayons ayant des effets à long terme (des mois semble-t-il [2 mois et demi dans mon cas, m’a-t-on précisé]).

Le fait d’avoir interrompu la chimio, le temps de faire des rayons (sur la tumeur, qui avait regrossi) explique l’apparition ou la persistance de menus désagréments. Des contradictions au sein des thérapies !

Le fait positif à retenir, quoiqu’il puisse être vu « en creux » : pas de nouvelle lésion !

Quand on a commencé à tâter des métastases, ça n’est pas rien !

Donc, quand j’oublie quelque chose ou que je fais une connerie, je peux l’attribuer à la (grande) fatigue qui me ralentit encore corps et esprit (malgré là-aussi quelques évolutions, évoquées récemment ici-même) et non à une pernicieuse infestation cérébrale. Le traitement sert déjà à ça. Il est d’ailleurs reconduit dans sa forme actuelle jusqu’au mois de décembre.

La chimio continue donc au rythme d’une séance par semaine, avec en gros une semaine de pause toutes les quatre semaines.

Je demeure incapable de marcher longtemps (fatigue et équilibre), de veiller aussi peu que ce soit, etc. En compensation légitime, je me lève tôt sans difficultés.

Je passe sur un certain nombre de petites infirmités, dont le détail lasserait. Sans parler, c’est le moment de le dire ! de ma voix, dont je n’ai pas eu le loisir de me préoccuper depuis plusieurs mois.

J’ai repris depuis quelques jours le vélo d’appartement, au rythme – tenez-vous bien ! – de 5 à 10 mn par jour… Cela tombe à pic, pour remonter mon hémoglobine effondrée par les rayons, on vient de me prescrire de l’EPO en injection hebdomadaire, produit utilisé par les coureurs cyclistes pour se doper (et mourir d’un arrêt cardiaque). Ne me reste plus qu’à acquérir un maillot approprié.

Quand j’ai été atteint, il y a plus de quinze ans, par la maladie de Vaquez, ma moelle osseuse devenue folle – sans doute gavée du plomb que les industriels préfèrent mettre dans l’essence, plutôt que du jus de betterave (aussi efficace pour empêcher les trépidations intempestives) – me mettait « naturellement » dans la situation d’un cycliste dopé à l’EPO… que l’on me prescrit aujourd’hui.

Voici la boucle bouclée.

Après tout, on est partisan des révolutions ou on ne l’est pas !

Portez-vous mieux que moi !

Amitiés, tendresses et surtout reconnaissance à tous et toutes celles qui savent les mériter.