La guerre est la poursuite de l’économie par des moyens plus rudes ~ par Gédicus

La hausse des prix partout et les gesticulations pour rassurer les populations sur leur «pouvoir d’achat» le confirment: La guerre est une affaire de gros sous.

Les marchands de beurre et de canons ont un peu changé de look mais leur comportement est le même : pour conquérir des «marchés», piller des gisements de matières premières, s’assurer la maitrise du commerce, écraser la concurrence, les courtiers étatiques jouent les gros bras et confirment le diagnostic déjà ancien de Simone Weil: «Dès lors que la lutte pour la puissance s’opère par la conquête et la destruction, autrement dit par une guerre économique diffuse, il n’est pas étonnant que la guerre proprement dite vienne au premier plan».*

Et, comme d’habitude, ce sont Oleg et Valentyna qui payent. Et aussi Vladimir, l’embrigadé dans la boucherie du Tsar, et Larissa, la manifestante pacifiste. Une fois de plus la saloperie guerrière tue, torture, détruit, répand la douleur, le deuil, les ruines, et des blessures qui vont longtemps suppurer et empoisonner les peuples.

Pour le «citoyen» européen, aussi impuissant qu’indigné, après avoir donné son obole humanitaire et afin de pouvoir retourner tondre sa pelouse et regarder Roland Garros en toute  bonne conscience, il sera sans doute tentant de se dire qu’il en est malheureusement ainsi depuis la nuit des temps, que la guerre c’est «gross malheur», engrenage assassin contre lequel on ne peut rien.

Pourtant, il pourrait aussi se dire que, depuis la nuit des temps, des gens s’opposent à cette mécanique infâme, et qu’il ne serait peut être pas mauvais de les rejoindre avant que les missiles ne ravagent la pelouse.

Se dire que, peut être, il serait bon d’essayer de contribuer à guérir le monde de la domination des marchands de beurre et de canons.

Gédicus

6 juin 2022

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*Simone Weil, Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale. 1934. Editions Libertalia, 2022.

Il aurait pas pété un plomb, Mélenchon ?

« Élisez-moi Premier ministre ! », c’était bien trouvé, rigolo, une manière de présenter les législatives comme le troisième tour de la présidentielle… Malin !

Mais ça n’a qu’un temps.

Je viens d’entendre Mélenchon, qui essaye d’enfoncer son pauvre clou : « Dans tous les pays du monde, assène-t-il, le chef de l’État désigne le chef de la majorité Premier ministre ».

Dans tous les pays du monde !

Là, on n’est plus dans l’erreur, ni même dans l’énaurme mensonge de propagande : on est dans le pétage de plombs en grand !

— Mais que tu es sot, il y a une ellipse !

Une ellipse ?

— Mais oui, après « dans tous les pays, etc. » , il faut entendre : « Z’avez compris hein ! je raconte n’importe nawak, mais c’est une vanne pour le truc de si je suis désigné Premier ministre… ».

Or, un politicien (Mélenchon en est un, et un vieux de la vieille) qui n’est pas encore arrivé aux responsabilités qu’il brigue, et dont on ne peut déjà plus distinguer dans le discours le private joke de l’information politique, moi je m’en méfierais (si j’étais vous).

Mélenchon n’a pas été élu à la présidentielle (pas de ma faute !) ; il ne sera pas élu aux législatives, parce que pour ça il aurait fallu se présenter ; et jamais Macron (con, mais pas à ce point !) ne le désignera Premier ministre.

— Si je suis élu… répète-t-il à tout bout de champ.

Ben non mon gars.

Révélations

Sait-on jamais quel accident de plage peut vous arriver ?

Un crabe plus véloce que ses congénères…

C’est qu’ils sont traîtres ces animaux-là, à partir en biais comme des pets sur une tringle !

Et après, quel usage sournois des malintentionné·e·s pourraient-ils faire des documents que je publie ici.

C’est qu’ils sont traîtres ces humains-là, à attendre que vous soyez convenablement noyé, les poumons remplis de sable et d’eau salée, pour venir tirer les lacets de vos baskets ! De manière anthume, oh là ! pas de risque. Il est grand, on dit qu’il peut être méchant, et ses chaussures sont d’une pointure qui inspire la prudence, sinon le respect.

Lequel de mes vices, laquelle de mes insuffisances (rénale ? intellectuelle ? antiautoritaire ?) serait «expliquée» demain en usant de ces malheureux dessins.

Car oui, j’ai été au catéchisme. J’y fus. On m’y vit.

Il ne m’en reste d’ailleurs que peu de souvenirs : un pavillon de banlieue, une dame aimable, et ces quelques dessins. On notera que je suis « admis en seconde année » (exploit que je n’ai pas réitéré dans ma pratique du ski : première étoile. Point). L’« initiation » dont il est question s’entend « à la messe ». Cette fois, j’en garde un bon souvenir (copains, rigolades et Carambars).

Mais c’est décidé : je prends les devant, je confesse, je révèle.

Ainsi, lorsqu’un âne coiffé·e d’un képi voudra s’en servir contre moi, il sera obligé de mentionner que je les ai moi-même publiés.

— On se demande bien pourquoi ? ajoutera l’âne.

C’est pour te faire braire, mon ami, depuis le néant.