La guerre est la poursuite de l’économie par des moyens plus rudes ~ par Gédicus

La hausse des prix partout et les gesticulations pour rassurer les populations sur leur «pouvoir d’achat» le confirment: La guerre est une affaire de gros sous.

Les marchands de beurre et de canons ont un peu changé de look mais leur comportement est le même : pour conquérir des «marchés», piller des gisements de matières premières, s’assurer la maitrise du commerce, écraser la concurrence, les courtiers étatiques jouent les gros bras et confirment le diagnostic déjà ancien de Simone Weil: «Dès lors que la lutte pour la puissance s’opère par la conquête et la destruction, autrement dit par une guerre économique diffuse, il n’est pas étonnant que la guerre proprement dite vienne au premier plan».*

Et, comme d’habitude, ce sont Oleg et Valentyna qui payent. Et aussi Vladimir, l’embrigadé dans la boucherie du Tsar, et Larissa, la manifestante pacifiste. Une fois de plus la saloperie guerrière tue, torture, détruit, répand la douleur, le deuil, les ruines, et des blessures qui vont longtemps suppurer et empoisonner les peuples.

Pour le «citoyen» européen, aussi impuissant qu’indigné, après avoir donné son obole humanitaire et afin de pouvoir retourner tondre sa pelouse et regarder Roland Garros en toute  bonne conscience, il sera sans doute tentant de se dire qu’il en est malheureusement ainsi depuis la nuit des temps, que la guerre c’est «gross malheur», engrenage assassin contre lequel on ne peut rien.

Pourtant, il pourrait aussi se dire que, depuis la nuit des temps, des gens s’opposent à cette mécanique infâme, et qu’il ne serait peut être pas mauvais de les rejoindre avant que les missiles ne ravagent la pelouse.

Se dire que, peut être, il serait bon d’essayer de contribuer à guérir le monde de la domination des marchands de beurre et de canons.

Gédicus

6 juin 2022

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*Simone Weil, Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale. 1934. Editions Libertalia, 2022.