Concert d’“Improvible” en soutien aux Ami·e·s de May, à St. Naz, le 18 décembre

Le groupe Improvible nous fait la joie de venir jouer au local des Ami·e·s de May le samedi 18 décembre à Saint-Nazaire, à partir de 20 heures et on les remercie !

Viens et ensemble libérons l’impro !

Improvible est un duo sax-batterie qui joue de l’impro totale avec une inclination pour l’amusement et l’intensité, voire la transe, tout en  recherchant la sincérité dans la démarche d’improvisation libre. Il puise son inspiration du côté du jazz et son ouverture sur les différentes musiques actuelles amplifiées, avec un goût pour des sons très électriques (rock, noise, prog), les « sons organisés » du point de
vue d’Edgar Varese avec la recherche d’exploitation d’un large palette sonore, la musique spectrale et son jeu sur les masses sonores et leurs « déplacements ». La notion de mouvement et de chaos sont très présentes dans son approche philosophique de l’improvisation. Stéphane Le Gars Sax alto + Sax midi avec plein de trucs pour jouer sur l’amplification; Vincent Barbin Batterie

Entrée à prix libre – Vos contributions sont nécessaires pour la
pérennité du lieu, merci à tou·te·s !
Bar ouvert – alcools (sur adhésion à l’asso) et jus de pomme Solidarité
Palestine, boissons chaudes …
Repas partagé – Ramenez vos succulentes galettes, tartes, tartinades et
autres divines spécialités végétariennes ou venez simplement en déguster !

Masques et gel à disposition, ainsi qu’une rampe d’accès si besoin

Dalal ak jamm, Mirë se vini, Welkom, Yisek, Dobrodosli, l’aaslama, Tonga
soa, Bem-vindo, Bienvenu·e·x·s !

“Encyclopédie des Méconnaissances” ~ par Ludovic Füschtelkeit (aux Éditions de la Pigne)

Même si vous n’avez pas – comme moi – des occasions (trop) fréquentes de faire le pied de grue, dehors dans le froid (la faute au général Cluster) ou dans des salles d’attentes de cliniques et de labos ; même si vous n’avez pas prévu de vous rendre en train dans votre lointaine famille pour les fêtes, je vous recommande vivement la lecture du livre indiqué en titre de ce post. Car voyez-vous, il permet de rire ! Or dans le contexte actuel, où des nazis tiennent les tribunes, les écrans et la rue, rire est plus qu’un exercice salutaire, c’est une nécessité.

L’auteur des «Petits métiers disparus», que je suis et que j’ai publiés dans la revue L’Échaudée ne pouvait être que très sensible (comme aux chatouilles) à l’humour de Ludovic Füschtelkeit (que je ne connais ni des lèvres ni des dents). Le principe de son livre est très différent, mais on y retrouve (j’espère ne pas le vexer) un esprit foutraque assez voisin. Chacun·e d’entre vous sait ce qu’est une «encyclopédie», souvent lourde et présentée sur paillassons par des VRP mal nourri·e·s. Celle-ci est légère et peu coûteuse (9 euros, pour 174 pages). Et comme je le disais : hilarante.

Au bout d’un certain temps de lecture, vous observerez (sinon, consultez !) que certains lieux ou personnages méritent le qualificatif de «récurrents». Je vous donne un exemple qui m’est resté en mémoire (un petit exploit au vu de mon état de santé actuel) : les îles Jacquelines. Vous aimeriez savoir où flottent – on le leur souhaite ! – les îles Jacquelines. Pour ma part, je préfère l’ignorer ou l’imaginer. Ne seraient-elles pas quelque part du côté de La Dominique ? Il me semble qu’elles pourraient s’entendre…

Trop abruti – par une fièvre mauvaise et un bon mal de tête – pour recopier des passages du livre, de nature à vous mettre l’eau (salée, si vous vivez aux Jacquelines) à la bouche[1], j’ai demandé à l’éditeur de bien vouloir m’envoyer le livre au format pdf, afin que j’y puise (moi qui suis plutôt épuisette) les exemples voulus. Il m’a honoré de sa confiance, aussi je vous donne ci-après quelques exemples dont j’espère qu’il vous délieront le gosier, de manière à en expulser toute    arrête de Jacqueline intempestive.

Si cela ne vous arrache aucun sourire, j’attendrai d’être en meilleure forme pour décider de votre sort (je craindrais, en tranchant derechef, de me couper un doigt).

Je vous souhaite une excellente et réconfortante lecture.

J’ai oublié de dire que les différentes entrées sont classées par catégories (par exemple : «Science & Technique». Mais il ne s’agit que d’une convention très accessoire…

[1] Cette métaphore est lamentable, j’en conviens, mais sachez que je souffre d’une espèce de triple grosseur autour de la glande parotide (c.-à-d. salivaire) gauche. Ceci ne justifie pas cela, mais l’explique tout de même un peu…

“Nouvelle-Calédonie : les colons veulent rester colons. Quel scoop !” ~ par Daniel Guerrier

Le Non à la souveraineté et à l’indépendance avec 96,5% des suffrages exprimés semble, de prime abord, avoir remporté une victoire aussi écrasante qu’évidente. Devant cette réalité, le peuple kanak se retrouve avec pour partenaires, dans la construction du « destin commun », des individus, tout à leurs affaires et leur train de vie, qui montrent qu’ils n’en ont rien à faire de cet avenir qu’ils disent vouloir construire ensemble. Qui manifestent leur volonté que rien ne change, qui n’ont rien compris, rien appris. Pourtant, fait quasi unique dans le monde de la part d’un peuple colonisé, le peuple kanak et ses représentants peuvent être fiers d’avoir laissé une place dans le processus de décolonisation aux populations implantées de force et de gré, rassemblées sous l’appellation de « victimes de l’Histoire », et ce, dès 1983, lors de la rencontre de Nainville-les-Roches. Par reconnaissance et au nom du partenariat dans le « destin commun » en construction, les « victimes de l’Histoire » partisanes du maintien dans la République française se seraient grandies en refusant de participer à une consultation dont leur principal partenaire allait être absent, ne serait-ce que pour continuer à avancer ensemble.

Malgré les vents mauvais de la «victoire» écrasante des pro-France, le camp indépendantiste à son complet – que je ne réduis pas au seul peuple kanak – n’a peut-être non seulement pas été vaincu, mais a curieusement encore gagné des points avec son mot d’ordre de non-participation quasi suivi à 100 % (une abstention de 56,1 %, soit multipliée par quatre depuis le référendum de l’an passé, avec, pour mémoire, une population kanak ne représentant environ que 40 % de la population totale du Territoire) et dans un calme serein, malgré les nuées du cyclone annoncé sur le Territoire !

Il suffit d’examiner les résultats : Avec 75 720 électeurs ayant choisi le vote du Non à la souveraineté et à l’indépendance (bien que représentant 96,5 % des suffrages exprimés), c’est un recul de 5 783 voix du Non par rapport au 2e référendum de 2020 !  En comparant les résultats des 3 référendums, le camp du Non a reculé d’un total cumulé de 3 000 voix en trois ans alors qu’entre les 2 premiers référendums le camp du Oui avait déjà gagné plus de 11 000 voix (ce 3e référendum rendant caduc les résultats du Oui du fait de sa non-participation). On peut raisonnablement en déduire que, si le camp indépendantiste avait choisi la participation dans de bonnes conditions de campagne électorale et de vote il aurait très certainement dépassé les 50 % de plusieurs points. Certes un tel résultat aurait eu ses limites – une indépendance «sèche» resterait impensable dans un rapport du type 50/50 % à quelques points près ! Mais il aurait eu une dimension symbolique énorme tout en rendant sa dignité au peuple kanak ; d’où, dans un premier réflexe, une évidente tristesse mais qui doit rester froide et déterminée.

Bien sûr le discours de Macron est insupportable dans sa volonté de faire comme si rien n’était et que tout le « peuple calédonien » s’était valablement exprimé, mais nous, anticolonialistes de la métropole, nous nous attendions à autre chose ? Ce gouvernement a renié le « pacte de Matignon » rappelé par Jean-François Merle, ancien conseiller de Michel Rocard, et l’engagement d’Édouard Philippe en 2019 de ne pas laisser interférer les votes du Territoire avec les échéances électorales hexagonales au nom des événements dramatiques qui s’en sont ensuivis par le passé, dont le drame d’Ouvéa dans l’entre-deux tours Mitterrand – Chirac. Certes le président a un jour à Alger déclaré que « le colonialisme est un crime contre l’humanité », mais peut-être était-ce dû à un coup de soleil momentané ? Tout prouve qu’effectivement la France est déjà entrée en campagne électorale présidentielle, et que c’est à cette aune que le président, en bon racoleur de voix, croit bon de ne pas décevoir électeurs de droite et extrême-droite et de ne surtout pas passer pour le bradeur de « nos colonies ». Les réactions politiques à ce résultat inique (Mélenchon et Poutou mis à part, à ce jour) considérant que le « peuple calédonien » s’est exprimé (de Zemmour, Le Pen, Pécresse, Retailleau, Larcher jusqu’au porte-parole des sénateurs socialistes !), bien qu’attendues, n’en sont pas moins insupportables.

Au premier référendum de 2018, les indépendantistes avaient gagné avec leur score inattendu (du plus du double) quand bien même ils avaient officiellement perdu.

Au deuxième référendum de 2020, les indépendantistes avaient une nouvelle fois gagné en augmentant leur score de plusieurs points prouvant en cela leur capacité d’agréger d’autres populations quand bien même ils avaient officiellement perdu.

A celui-ci, juridiquement légal, mais éthiquement et politiquement nul (comme l’était en son temps le Code de l’indigénat !), c’est-à-dire totalement bidon y compris aux yeux de l’étranger, les indépendantistes ont encore gagné des points en creux (votes du Non en diminution) par leur unité non-violente totale, leur sérénité en prouvant que quoi qu’il arrive ils seront toujours là et qu’aucune issue ne sera trouvée sans eux.

De par leur Coutume, véritable Loi fondamentale de leur société, les Kanak ont la maitrise du temps, y compris du temps long et ils nous apprennent à ne pas trop réagir à l’émotion immédiate, bien compréhensible dans un premier temps mais qu’il faut dépasser. Le camp indépendantiste a choisi de ne plus participer à de quelconques négociations concernant le futur statut jusqu’au résultat de l’élection présidentielle du 24 avril 2022 afin d’être sûr de négocier avec le bon interlocuteur ou la bonne interlocutrice sur une question à ce point de leur avenir. La confiance a été une nouvelle foi piétinée, il faudra du temps mais aussi des gestes forts pour la réinstaurer.

Les «loyalistes» pensent qu’ il en est enfin fini des Accords de Matignon et de Nouméa – enfin «purgés» -. Totalement faux ! Il reste la période de transition jusqu’en juin 2023, officiellement prévue par consensus du dernier Comité des signataires en 2019. Ce Comité que le gouvernement Castex n’a plus réuni est légitime dans la réalisation des dits Accords.  Ces prochains 18 mois sont une période durant laquelle les Accords, gravés dans le marbre de la Loi organique relevant de la Constitution française – comme l’a rappelé, sur la chaîne Calédonia, Mathias Chauchat, professeur de droit public à l’Université de Nouvelle-Calédonie -, et leur esprit s’appliquent toujours y compris en termes de corps électoral spécial et autres contraintes. Et évidemment les plus ultras – comme on disait à l’époque de la guerre d’Algérie – du camp du Non vont tenter de dénoncer ces aspects sur le plan juridique !)

 

Alors félicitons le peuple kanak, sa jeunesse, restée calme en dépit du déploiement quasi guerrier de forces de l’ordre, et leurs alliés de toute communauté pour cette nouvelle victoire en dépit du résultat officiel qui ne trompe que ceux et celles qui veulent faire croire le contraire ; disons au gouvernement français : Vous avez l’air malin avec un Caillou dans la chaussure de plus en plus gros qui vous empêche de marcher, d’autant qu’à l’autre pied vous avez aussi les cailloux de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane, de la Polynésie, de Mayotte et autres confettis de l’empire colonial, bien durcis avec le temps.  Et puisque que vous l’avez bien cherché, voire provoqué, débrouillez-vous avec la nouvelle situation !

Comme quoi de réelles victoires peuvent se cacher derrière des défaites affichées. Rien n’est joué, une nouvelle page s’ouvre dans un récit commencé en 1853 et ce ne sont pas les plus fanfarons qui y auront les meilleurs rôles. Certains «loyalistes» ont déjà annoncé qu’en cas de victoire de leur camp, ils allaient, pour soit disant donner des gages à leurs amis kanak, proposer une autonomie accrues aux 3 Provinces, tout en peinant à cacher leur véritable projet d’éventuelle partition en pis-aller au cas où (ce qui, pour les anciens, n’est pas sans rappeler la proposition du ministre Alain Peyrefitte d’une partition de l’Algérie en 1961 autour d’un réduit français à Oran, avec toutes les horreurs que cela a fait perdurer, y compris après le cessez-le-feu) ! Seule, parmi les anti-indépendantistes, l’organisation  centriste Calédonie Ensemble a clairement déclaré être contre toute idée de partition.

Ami.e.s kanak vous serez toujours là, et nous aussi ! A chaque échéance vous prouvez que rien ne peut se faire sans vous !

Et en mémoire d’Éloi Machoro, « La revendication demeure », ainsi que de Jean-Marie Tjibaou « Le sang des morts demeure vivant ».

Vive la Kanaky – Nouvelle-Calédonie souveraine, dans un éventuel partenariat ou pas, mais librement choisi, demain ou après-demain !

 

Daniel GUERRIER

Ancien co-président de l’Association information et soutien aux droits du peuple kanak (AISDPK) dans les années 80-90

« Ben voyons ! » ou « De quelle pâte à tartiner Zemmour est-il le nom ? »

Je n’ai pas suivi jusqu’ici la carrière de M. Éric Zemmour, sauf quand elle a croisé celle du crétin Michel Onfray – obligé ces dernières semaines de rétropédaler à propos des éloges décernés à Zemmour sur ses qualités d’historien (— Mais là, Éric, décréter le capitaine Dreyfus coupable, c’est quand même pousser le bouchon un peu loin…). Tout cela pour dire que j’ignore si la formule « Ben voyons ! » avait déjà été utilisée par lui, et dans quelles circonstances. Cela importe peu ; je m’attache à l’usage – tout sauf spontané – qui en a été fait lors du meeting de Villepinte.

Ladite formule sert de joker pour écarter les critiques les plus infamantes adressées au désormais candidat nazi à la présidence de la République. Le fonctionnement est très simple : Zemmour prend un air offusqué (modèle « petit juif d’Algérie ») pour dire

— Moi, un fasciste ?

Et la salle de scander : « Ben voyons ! » « Ben voyons ! » « Ben voyons ! »

Et l’orateur de feindre découvrir la formule : — Oui, vous avez raison de dire “Ben voyons” !

Or l’orateur ne découvre rien, pas plus que la salle n’improvise, puisque des affichettes ont été imprimées, qui portent la formule « Ben voyons ! », que les assistants brandissent aux moments opportuns (ou pas, d’ailleurs).

Capture d’écran 2021-12-06 à 16.04.29

La formule-joker vaudra pour écarter les « étiquettes » «extrême droite» (je dis nazi, et persiste), «misogyne», et «raciste».

Passons sur l’ironie, dont on voit sur son visage qu’il en jouit pleinement, de se défendre d’être d’extrême droite devant une salle qui réunit le ban et l’arrière-ban des néo-nazis français, et des catholiques d’extrême droite (qui lui fournissent leurs réseaux via la « Manif pour tous »).

L’accusation de « misogynie » est écartée par l’invocation de la mère du candidat. Émotionnellement, cela peut fonctionner ; idéologiquement, cela épuise la définition de la misogynie satisfaite : « Toutes des salopes, sauf ma mère et ma sœur [la sœur est en option] ». Notez que Zemmour ne dit pas : — Plusieurs femmes m’ont accusé de harcèlement ! Appeler sa mère fonctionnerait moins bien… Et notez encore ceci : interrogé, depuis Villepinte, sur les plaintes de ces femmes, Zemmour déclare : — Je ne réponds pas sur ma vie privée ! La vie publique, c’est la photo avec maman ; la vie privée, ce sont les salopes. Misogyne ? « Ben voyons ! »

Lorsqu’il en vient à l’accusation de racisme, Zemmour s’évade également de la réalité. Il ne dit pas — On m’accuse d’avoir été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale ! Il ne peut pas dire cela, parce que c’est un fait. Il dit : — On m’accuse d’être raciste ! « On » passe bien mieux. D’ailleurs, il s’agit souvent de femmes juges, des salopes donc. Doublement : comme juges et comme femmes, auxquelles le qualificatif « rouges » s’applique donc politiquement et biologiquement.

D’une manière générale, la formule « Ben voyons ! » marque le doute ironique par rapport à une information ou une opinion qui vient d’être émise par l’interlocuteur. Ici, elle sert à Zemmour et à ses partisans à brouiller les critiques de fait – et non des reproches « d’opinion » – qui lui sont adressées en les maquillant en manœuvres idéologiques de l’adversaire.

« Ben voyons ! » veut signifier : Puisque Zemmour est le véritable candidat « antisystème » et qu’il dit la vérité (sur le prétendu « grand remplacement », par exemple), alors bien sûr on va user pour le discréditer des accusations « à la mode » : extrême droite, misogyne, raciste.

Ce dispositif est purement théâtral : les partisans de Zemmour n’ignorent pas qu’il est nazi (eux-aussi), qu’il est raciste (eux-aussi) et misogyne (ils et elles approuvent la domination masculine comme colonne de la société).

Un dispositif proche (mais plus drôle) avait été utilisé par la pâte à tartiner Milka, d’abord en 1998, puis décliné en 2019 :

En 1998, un spot de publicité va rapidement faire parler de lui dans les cours de collège. Un randonneur, certainement en Suisse, va par hasard se retrouver collé nez à nez à la vitre d’un chalet. Dans celui-ci, les animaux aident la montagnarde à faire du chocolat. Tandis que la vache pédale pour faire avancer la chaîne de fabrication, la marmotte, quant à elle, met le chocolat dans le papier d’aluminium. Retour dans une grande surface, à la caisse. Le randonneur explique ce qu’il a vu et la cliente en face de lui, le regard incrédule, lance un « mais bien sûr ! » qui restera dans les annales de la publicité, mais également dans le langage de tous les jours. 

Nous spectateurs télévisés « savons » que, dans l’une et l’autre version, le promeneur, puis la marmotte ont réellement vu ce qu’il·elle racontent (nous l’avons vu aussi). L’ironie de la réplique qui marque le doute devant une trop belle histoire, « Mais bien sûr ! » est donc risible parce que hors sujet. Le locuteur est ridicule de se méfier d’un récit que nous savons « véridique » (même s’il s’agit d’une fable merveilleuse).

Dans un cas (Milka), nous sommes invités à communier dans la moquerie de celui·celle qui n’y croit pas. Dans l’autre, quand la marmotte Zemmour lance ses cris de haine, le ridicule est censé frapper celles et ceux qui croient aux qualificatifs du vocabulaire historique (nazi), analytique (misogyne), et pénal (raciste). Mais les spectateurs directs – et nous aussi – savent à quoi s’en tenir. Il est nazi, misogyne et raciste. C’est sa fable à lui, celle qu’il partage avec ses sympathisants, et espère vendre aux électeurs.

Dans cette fable, flotte une odeur désagréable de brûlé. Le chaudron serait-il déjà allumé où l’on fera de la pâte à tartiner avec des Musulmans ? Car on expérimenta naguère – « de manière limitée », rassurez-vous ! – le savon à base de Juifs.

« Mais bien sûr ! »

Tentative militante de retournement du procédé.