La santé dans l’expérience anarchiste en Espagne

La brochure éditée par la CNT-AIT tombe à pic. Quelle meilleure période pour se re·pencher sur l’idée que se faisaient les anarcho-syndicalistes et anarchistes espagnol·e·s de la santé. Santé mentale, santé «sexuelle», santé publique…

Télécharger ICI la brochure au format pdf.

Brassards d’infirmières, calots et fusils de miliciennes…

 

Libérez Nûdem Durak, chanteuse kurde détenue en Turquie

Elle entre dans sa sixième année de détention et porte un nom : Nûdem Durak. Chanteuse, kurde en Turquie, ses 32 ans fêtés voilà quatre mois; un État l’a condamnée à passer plus de la moitié de son âge en prison. Ce nom, on commence à le prononcer sur quelques continents. C’est bien peu, face à l’appareil entier d’un État, mais ce n’est pas tout à fait rien: un prisonnier l’est sans doute moins lorsque l’on sait, dehors, qu’on l’a réduit à n’être plus que ça. Le silence fortifie les cachots plus sûrement que les barreaux – il arrive parfois que rompre le premier aide à scier ces derniers.
Le régime d’Erdoğan dépeint Nûdem Durak comme une «terroriste». Pour qui sait ce qu’il a fait des mots, la chose est entendue : la chanteuse est une résistante. Il peut bien raconter ce que bon lui semble, entasser des pages tant et plus dans l’ombre des tribunaux, mobiliser des faux témoignages ou la tenir pour coupable de «propagande», de «violence» ou d’appartenance à une organisation ennemie, Nûdem Durak n’avait que sa voix, sa guitare, son groupe de musique et les cours qu’elle dispensait au sud-est de la Turquie, sa région natale. Elle y défendait la langue, la mémoire, les espoirs et le combat, oui, le légitime combat des siens; le pouvoir n’entendit pas que l’on pût ainsi le défier : 19 ans sous les fers. Rien qu’une banalité, pourtant, lorsque, sous l’AKP, les détenus d’opinion se dénombrent par dizaines de milliers et des musiciens meurent d’une grève de la faim.

On peut lire la suite l’article ICI.

LECTURES DANS LA RUE A RENNES CE 28 MAI ~ Communiqué des éditions Pontcerq

Chères amies, chers amis,

Le jeudi 28 mai prochain, après-midi et soir, dans la rue à Rennes, auront lieu des lectures de Hebel.

Hebel est cet auteur allemand du XIXe siècle qui écrivit des histoires minuscules à morale double ou peu nette – admirées des plus grands écrivains allemands (Brecht, Benjamin, Bloch, Sebald, Heidegger, Tucholsky, etc.) et en France presque inconnues encore, étrangement.

Alors, nous les traduisons et colportons.

Lionel Monier, comédien, sera le récitateur-rezitator de ce colportage.

(Parmi les historiettes lues il en dira deux qui n’ont été et ne seront dans les mois qui viennent imprimées nulle part mais toujours colportées de la bouche (la sienne) à l’oreille (la nôtre, la vôtre) : il s’agit d’« En Turquie » et d’« Un amour rare » ; la première se passe en Turquie, la deuxième est une histoire d’amour ; nous ne pouvons en dire davantage, comprenez.)

Seront lus aussi à la marge, notamment, des extraits de la Messaline d’Alfred Jarry (lycéen rennais fort en thème) – Messaline est celle dont vous voyez en ville la tête apparaître, sur les murs collée, depuis le 11 mai 00h01. (Voir les images ci-dessous.)

POUR CES LECTURES ET CE KOLPORTAGE, LE 28 MAI, LES RENDEZ-VOUS SUIVANTS SERONT TENUS :

1) Place Hoche, Rennes, à 17 h.
2) Place Hoche, Rennes, à 18 h.
3) Place Hoche, Rennes, à 20 h.
4) Place Hoche, Rennes, à 21 h.

NOTA BENE :

– En raison des consignes de distanciation et de sécurité, nous vous prions, pendant tout le temps que durera la colportation des textes, de respecter l’éloignement réglementaire entre vous et les autres spectateurs, badauds, passants, romanichels, petits enfants, punks, élus, ainsi qu’entre vous et le récitateur-rezitator.

Merke : En cas de charge policière, non prévue par nous, mais qui ne peut dans les circonstances que nous connaissons à Rennes depuis deux ou trois ans être exclue a priori, nous vous demandons instamment de bien tenir les distances de sécurité : 1,50 mètres entre vous (courez de manière parallèle ou concentrique ; évitez toute trajectoire coupante) et 1,50 mètres entre vous et les agents en service ayant à effectuer l’opération de charge (ils portent certes des éléments de protection pour notre sécurité – bouclier, casque plastique, baguette de distanciation – mais la préfecture insiste sur le fait que dans la course des échanges de gouttes entre eux et vous peuvent avoir lieu, que dans la précipitation l’on contrôle moins bien qu’à l’arrêt). Par conséquent : courez de manière structurée et linéaire. Ne riez que la tête bien tendue en avant, dans la direction de la fuite.

(Ne riez jamais dans vos coudes.)

Au jeudi 28 mai, dans la rue,

Pontcerq
Rennes, mai 2020.

“Le manifeste différentialiste” d’Henri Lefebvre réédité chez Grevis ~ Un «Rendez-vous de Claude» reporté

Un «Rendez-vous de Claude» devait se tenir ce jour. Je devais recevoir au Lieu-Dit, à Ménilmontant, les jeunes éditions Grevis, pour la réédition du Manifeste différentialiste d’Henri Lefebvre (préface de Renaud Lariagon).

Si le rendez-vous est reporté sine die, la sortie du livre n’est que décalée au 10 juillet prochain. Je ne manquerai pas de vous en reparler.

Éditions Grevis, 32, av. de Creuly 14000 Caen, editionsgrevis@gmail.com

Le manifeste différentialiste fut publié pour la première fois en 1970 (Gallimard). Cinquante ans après sa sortie, les éditions Grevis ont trouvé dans ce texte une acuité au présent. Les revendications identitaires et micro-identitaires semblent aujourd’hui freiner les luttes collectives. Mais l’identité, d’après Lefebvre, ne fonctionne pas tant par différence que par distinction. La différence au contraire procède de l’affirmation et du dépassement. Si le retour d’Henri Lefebvre dans le champ des théories de l’émancipation arrive enfin en France, bien souvent cet ouvrage majeur est mis de côté. Il propose pourtant une hypothèse stratégique déterminante : la différence est révolutionnaire.

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