Ne me faites pas dire ce que j’ai dit!

 

Moi c’est pareil!

Quand j’écris que ce chef de milice mériterait d’être fusillé, je regrette aussitôt ce que je viens d’écrire et je rectifie: Mon intention n’était pas d’établir un lien direct entre l’abjection d’un rôle social et le traitement qui sera réservé à ceux qui l’exercent. Il s’agit de rappeler la nécessité d’une stricte cohérence entre ce que l’on déclare le matin et ce que l’on devra  démentir l’après-midi.

Chez General Electric, revendication d’un travail utile

Les travailleurs de General Electric, qui fabriquent normalement des moteurs à réaction, disent que leurs installations sont à l’arrêt alors que le pays fait face à une grave pénurie de respirateurs. Ils proposent de reconvertir la production pour satisfaire les besoins de ces matériels de réanimation. Bien que ces mouvements de protestation ne soient pas complètement déconnectés du contexte national et de l’esprit d’«Union sacrée» contre l’épidémie, ils présentent l’intérêt de poser dans les luttes ouvrières la question du travail socialement utile. À condition évidemment que, d’autant plus dans cette période particulière, les protections nécessaires soient offertes à tous et toutes, ce qui est également l’objet de mouvements de protestation (voir photo ci-dessous et logo de la pétition en fin de page).

Lundi, les travailleurs de l’usine de General Electric ont lancé deux manifestations distinctes exigeant que l’entreprise convertisse ses usines de moteurs à réaction pour y fabriquer des respirateurs. Dans les installations d’aviation de General Electric à Lynn, au Massachusetts, les travailleurs ont organisé une manifestation silencieuse, à six pieds l’un de l’autre. Les membres du syndicat au siège de la société à Boston ont également marché à six pieds l’un de l’autre, appelant la société à utiliser ses usines pour aider le pays à combler sa pénurie de respirateurs au milieu de la pandémie de coronavirus.

Ces protestations interviennent juste après que General Electric a annoncé qu’il licencierait 10% de ses effectifs dans l’aviation, licenciant près de 2 600 travailleurs, ainsi qu’une mise à pied «temporaire» de 50% de ses employés de maintenance dans le but de sauver l’entreprise. Cette nouvelle est survenue alors que le Congrès s’apprêtait à adopter un plan de sauvetage de plusieurs milliards de dollars qui comprendrait au moins 50 milliards de dollars d’aide fédérale et 25 milliards de dollars de prêts et d’allégements fiscaux temporaires pour l’industrie aéronautique, ainsi que 17 milliards de dollars supplémentaires pour l’aide fédérale. aux entreprises jugées «cruciales pour la sécurité nationale». General Electric affirme qu’il ne prévoit pas de demander des fonds à la relance.

Lors d’une conférence de presse, des membres de la confédération syndicale IUE-CWA[1] ont expliqué comment les licenciements et fermetures actuels de General Electric compromettraient les efforts futurs pour augmenter la production de respirateurs. Sans travailleurs expérimentés pour faire fonctionner des usines maintenant vides et inactives, la production sera probablement ralentie.

Le président de la section locale de l’IUE-CWA, Jake Aguanaga, a donné son usine, située à Arkansas City (Kansas), comme exemple de la capacité de production pouvant être convertie: plus de 52% de sa main-d’œuvre a été licenciée. «Si General Electric nous fait confiance pour construire, entretenir et tester des moteurs qui équipent une variété d’avions où des millions de vies sont en jeu, pourquoi ne nous feraient-ils pas confiance pour construire des respirateurs?» a-t-déclaré.

La division Santé de General Electric est déjà l’un des plus grands fabricants de respirateurs du pays, de sorte que les membres du syndicat pensent que d’autres usines pourraient être converties pour produire des dispositifs de sauvetage. Les hôpitaux du pays disent qu’il y a une pénurie critique de respirateurs, et de nombreux experts ont imploré le président Trump d’invoquer la Defense Production Act pour obliger les entreprises à les produire. Trump a finalement décidé de faire produire des respirateurs à General Motors au cours du week-end, le premier d’une série d’accords qui pourraient éventuellement faire appel à General Electric pour augmenter l’offre de respirateurs.

La société affirme qu’elle a également augmenté la production de respirateurs dans son usine de Madison (Wisconsin), et qu’elle doit également tenir compte des besoins de ses autres clients, comme l’armée américaine, avant de changer les types de produits fabriqués par une usine spécifique.

«General Electric travaille sans relâche pour augmenter la production d’équipements médicaux indispensables. General Electric Healthcare a déjà doublé sa capacité de production de respirateurs, et prévoit de la doubler à nouveau en juin, en plus de s’associer à Ford Motor Company pour augmenter encore la production de respirateurs», a déclaré la société dans un communiqué.Les membres de la CWA disent qu’ils ont désespérément besoin d’aide :

«Les respirateurs sont désespérément nécessaires dans les hôpitaux de New York, de la Californie, de l’État de Washington et de la Floride. Ils seront bientôt en nombre insuffisant de la côte Est à la côte Ouest, de Porto Rico à Hawaï, de l’Alaska et de l’Illinois au Texas», a déclaré le président de la CWA, Chris Shelton. «La plupart des Américains ne savent pas que les meilleurs respirateurs sont déjà fabriqués par General Electric au sein de la division santé de l’entreprise.»

«Notre pays dépend de ces travailleurs hautement qualifiés ; ceux-ci se demandent pourquoi ils sont confrontés à des licenciements au lieu d’avoir la possibilité d’utiliser leurs compétences incroyables pour aider à sauver des vies», a déclaré Shelton.

[1] International Union of Electrical Workers (Union internationale des travailleurs de l’électricité), depuis l’an 2000 partie de Communications Workers of America, Syndicat des communications d’Amérique, le nom de sa branche canadienne francophone.

Article emprunté au site Vice, légèrement raccourci et traduit (à la machette) par mes soins. Merci à Jorge pour la communication du texte.