Lettre giménologique ~ mai 2020

Rubrique : « Infos »

Mouvement social en Espagne : une grève des loyers pour « sauver les personnes et confiner les privilèges» :

http://gimenologues.org/spip.php?article884

Rubrique : « Étrangers indésirables

Bruno BELLON, fils de Giuseppe et de Maria Bordin, est né le 20 avril 1913 à Caldogno (Vicenza). Il est classé comme « communiste » au CPC, combattant de la brigade Garibaldi :

http://gimenologues.org/spip.php?article883

Rubrique : « On nous écrit »

Livre en cours de réalisation sur Mathieu Corman

Nous relayons cette demande de Bernard DELBAERE qui vit en Belgique et rédige un livre sur Mathieu Corman :

http://gimenologues.org/spip.php?article882

Rubrique : « Les amis publient »

Nous devons prendre en mains les rênes de notre propre vie, car l’Etat ne garantit rien. » Entretien avec Corsino Vela publié le 5 avril 2020 dans la revue en ligne CONTRAPUNTO :

http://gimenologues.org/spip.php?article881

 L’État masqué/El Estado con mascarilla, de Miguel Amoros.

La crise actuelle a engendré plusieurs tours de vis dans le contrôle social étatique. L’essentiel dans ce domaine était déjà bien en place puisque les conditions économiques et sociales qui prévalent aujourd’hui l’exigeaient. La crise n’a fait qu’accélérer le processus :

http://gimenologues.org/spip.php?article880

Comunicado sobre el estado de alarma y el riesgo sanitario COVID-19

Confederación Nacional del Trabajo Federación Local de Fraga

Communiqué sur l’état d’alerte et le risque sanitaire COVID-19 :

http://gimenologues.org/spip.php?article879

Les giménologues, 30 avril 2020

Contamination, érotisme et déconfinement

Tandis que certain·e·s soulignent avec un clin d’œil coquin les bienfaits de l’activité érotique sur les défenses immunitaires, je ne vois personne envisager le déconfinement sous son aspect érotique et «sexuel».

En effet, un certain nombre de personnes qui n’ont pu ou voulu, pour des raisons variées, se confiner avec leur partenaire habituel·le vont pouvoir (enfin!) – dans la limite des 100 km autorisés, dans un premier temps – renouer leurs relations. D’autres, qu’ils·elles se soient ou non résigné·e·s à l’abstinence durant le confinement n’auront rien de plus pressé que de trouver un (premier) coup d’un soir.

Tendres retrouvailles ou grand soir du cul, sans parler du recours à des prostitué·s·s que j’écarte pour des raisons politiques, mais qui est également concerné, toutes ces reprises de relations érotiques se heurtent au problème de la contamination par le coronavirus.

La voie de pénétration (eh oui !) de ce dernier est constituée par les muqueuses. On a assez parlé des yeux, des narines et de la bouche, mais il va de soi que les muqueuses génitales et anales sont également concernées (même s’il y aura débat sur la plus grande imperméabilité de la muqueuse vaginale).

En clair, si l’on a pris la précaution – deux mois durant – de sortir le moins possible, de ne pas approcher à moins d’un mètre son voisin de palier, et (peut-être) de porter un masque, embrasser la bouche, le sexe ou l’anus d’une·e partenaire retrouvé·e ou découvert·e équivaut à un suicide du point de vue de la préservation contre le virus.

En théorie, la difficulté n’est pas insurmontable: il suffit que deux partenaires potentiels se fassent tester pour savoir où ils en sont. Leur attitude dépendra des résultats des tests.

Dans la pratique, la difficulté de se faire tester et la fiabilité discutable des tests selon leur principe de fonctionnement rendent l’entreprise quasi-impraticable, au moins en l’état.

Une application stricte du principe de précaution exigerait de considérer le coronavirus à égalité avec le HIV et entrainerait l’abstention de tout rapport érotique avec une personne, familière ou non, tant que l’on est pas renseigné sur son état sérologique et sur le sien propre[1].

Si cette abstention paraît impossible à respecter, il faudrait au moins éviter strictement les contacts de bouche à bouche («Arrêtez les embrassades!» était prémonitoire), les contacts oraux-génitaux, oraux-anaux (sauf avec digues) et ne jamais se dispenser du port du préservatif. Certes, cela réduit presque les possibilités aux pratiques qui sont déjà celles du safe sex – en plus strict toutefois, puisqu’il faudrait idéalement éviter les face-à-face (étant entendu que baiser à plus d’un mètre est impossible, sauf excitation mutuelle à la masturbation).

Quant à la pénétration, les personnes qui n’apprécient pas la levrette se trouveront désavantagées.

Si je me donne la peine de rédiger ce billet, c’est uniquement à l’intention des personnes responsables à qui ces considérations ne seraient pas venues à l’esprit. Je n’imagine pas – mais je serais heureux de m’être trompé – que les recommandations ci-dessus évoquées puissent être prises en compte dans la plus grande partie de la population.

Ceci emporte une première conséquence : la reprise générale de ce que nous appellerons pour simplifier par une expression – que je déteste – les « rapports sexuels » entrainera mécaniquement un redémarrage de la contamination.

Les personnes concernées seraient bien inspirées (derrière leur masque) d’inclure dans leurs raisonnements les dispositifs de détection de la maladie (après apparition des symptômes) qui sont en cours de mise en place, et de dépistage (au sens sioux) des personnes avec lesquelles elles auront été en contact (ici sexuel), le tout dans un anonymat peut-être mal garanti…

Au fond, il n’y a rien là qui diffère fondamentalement – au moins d’un point de vue moral – de la situation antérieure, avec ses maladies sexuellement transmissibles, sa syphilis et son Sida. …N’était que la personne souffrant d’une crise d’herpès n’était pas fermement invitée à s’isoler chez elle ou dans un hôtel réquisitionné.

Tous les problèmes évoqués ici auront la même longévité que l’épidémie de covid-19. Tant que des tests fiables n’auront pas été pratiqués à grande échelle, tant que le recul ou la disparition de l’épidémie n’auront pas rendu inutiles la réitération desdits tests (on peut par hypothèse se contaminer en sortant du laboratoire), et tant que – à plus long terme – un vaccin ne sera pas disponible, les rapports sexuels seront l’occasion de contamination individuelle et vecteurs d’expansion de la maladie.

La jurisprudence concernant les personnes condamnées pour avoir sciemment transmis à des partenaires le virus du Sida est une autre source de méditation possible.

Que cette situation, dont nous ignorons le terme, soit peu propice au romantisme pourrait être considéré comme un avantage paradoxal. Hélas, la pratique érotique ne semble pas y trouve son compte non plus!

Qu’en déduire? Que le spectre – au sens amplitude et non paranormal – du consentement se trouve brusquement élargi, et de la manière la moins confortable qui soit. Étions-nous préparé·e·s à cela? Non point. Sommes-nous équipé·e·s pour faire face à cette nouvelle configuration? Non plus. Cependant, n’ayant pas d’autre choix (sauf suicide ou vœu de chasteté) que d’affronter les contraintes vitales dans cette configuration, dont nous savons qu’elle risque de ne pas se modifier en profondeur avant un laps de temps qui peut aller d’un an à deux ans, nous ne pourrons que sublimer une part de notre inventivité érotique[2] dans l’élaboration commune de protocoles nouveaux.

À défaut que l’érotisme comme culture y trouve une source d’enrichissement, ce peut être l’occasion de réviser des hiérarchies mentales inquestionnées jusqu’ici, de renoncer à des compromissions émotionnelles coûteuses. Thank you Corona ?

[1] Il est sans doute utile de préciser que les conditions désincarnées dans lesquelles le coronavirus peut être transmis rendent particulièrement oiseuse la notion de «confiance» faite à l’autre.

[2] Je pose cette inventivité en hypothèse, sans m’intéresser aux «pulsions» et autres prétendus «besoins».

« Nous sommes en crise » ~ Des maisons d’édition appellent à des États généraux de l’édition indépendante

Ce texte a été publié dans L’Humanité. Il a le mérite d’amorcer une réflexion collective qui pourrait être développée via des États généraux de l’édition indépendante francophone, ce pour quoi je le reproduis ici.

Nous sommes des professionnel·les du livre et représentant·es de maisons d’édition indépendantes de l’espace francophone. «Indépendantes»: cela signifie que les entreprises représentées ici n’appartiennent pas à un groupe et que leur capital, s’il y a lieu, est détenu par des personnes individuelles, et non par des financiers ou fonds de pension.

Dans cette crise inédite que nous traversons, nos pensées vont d’abord aux malades et aux soignant·es, à toutes celles et ceux qui assurent au quotidien la poursuite de la vie. Chacun le sait, une fois la crise sanitaire endiguée, son impact économique frappera de plein fouet nombre d’entreprises, dont celles de notre secteur. Ce quasi-arrêt temporaire de nos activités nous fait mesurer autant la détermination qui nous anime que les fragilités peuplant nos rangs en «temps normal». Il nous invite également à penser la suite, car l’étymologie grecque du mot «crise» nous le rappelle: krisis, c’est aussi la nécessité de faire un choix.

Nous sommes en crise, mais qui sommes-nous ?

En France, la filière du livre est extrêmement diverse et fait vivre, sur tout le territoire, un nombre considérable de professionnel·les (près de 81 719, en 2018) [1], personnes individuelles, structures indépendantes ou groupes industriels et intégrés. Outre les auteurs·trices, libraires et éditeurs·trices, en voici une liste non exhaustive : traducteurs·trices, agent·es littéraires, attaché·es de presse, graphistes, correcteurs·trices, photographes, illustrateurs·trices, relations libraires, animateurs·trices littéraires, formateurs·trices, organisateurs de festivals et salons, bibliothécaires, imprimeurs, papetiers, représentant·es et diffuseurs, distributeurs qui gèrent le transport et le stockage des ouvrages, coursiers spécialisés, toute une variété de postes administratifs, comptables… De plus, les textes peuvent irriguer d’autres domaines de la vie culturelle, spectacle vivant, cinéma, audiovisuel…

Depuis plusieurs années, différents mouvements structurels sont à l’œuvre dans ce secteur:

–  accélération de la concentration capitalistique au sein de groupes devenus industriels (édition, diffusion-distribution);

– surproduction : le livre est majoritairement un marché de l’offre ; en outre, schématiquement, le chiffre d’affaires d’un éditeur est positif les mois où il sort des nouveautés et peut devenir négatif les mois où les libraires renvoient les invendus, d’où la tentation de compenser ces retours par d’autres nouveautés pour générer de la trésorerie…

– prééminence de plus en plus marquée et nécessaire de la question du social (juste rémunération des auteurs·trices et indépendant·es…) et de l’écologie (imprimer localement ou pas, sur quels papiers, destruction des invendus…);

– lutte des librairies physiques pour résister à la concurrence de certaines plateformes de vente en ligne, tel le mastodonte Amazon.

Nos maisons nourrissent une forte interdépendance avec la librairie, principalement indépendante, qui a toujours tenu le rôle de passeuse pour nos catalogues. Son rôle s’en trouve aujourd’hui accru. Toutefois, soyons clair·es, le poids économique de nos maisons ne représente, la plupart du temps, qu’une faible part de son chiffre d’affaires. En revanche, vendre nos ouvrages offre à la librairie indépendante une plus-value, lui permet de se distinguer des propositions des chaînes et des enseignes, et d’être force de conseil. Ce choix préside largement à l’établissement de son identité. Car d’un point de vue culturel et social, l’édition indépendante a un rôle à jouer : notre échelle nous donne la liberté de faire preuve d’audace sans sans être trop contrainte par une gestion économique prévalente.

De fait, une grande part des premiers romans, mais aussi des ouvrages de philosophie, de poésie, de théâtre, de sciences humaines, etc., ne seraient peut-être plus publiés sans des structures comme les nôtres, capables de produire des textes impliquant parfois un faible tirage mais dotés d’une grande valeur intellectuelle, critique et esthétique, et se déployant sur un temps long. Nous défendons des idées, une diversité de la pensée, des fenêtres vers l’ailleurs.

Nous proposons aussi des modèles économiques différents de ceux de la grande industrie du livre, des modèles alternatifs qui se démarquent, voire, pour certains, s’opposent au modèle capitaliste dominant qui, en temps de crise, devient par essence prédateur. Certain·es, parmi nous, sont des structures associatives, des auto-diffusé·es, des diffuseurs-distributeurs à taille humaine, en somme autant de cas qui sont des expérimentations économiques de valeur, mais qui se doivent d’être protégés par la communauté que nous formons.

Deux éléments ne nous sont pas spécifiques, mais communs à toute l’édition : le soutien des acteurs territoriaux et publics par le biais d’aides directes et indirectes et la loi Lang du 10 août 1981 assurant le prix unique du livre, ce qui permet de protéger la filière et de développer l’accès à la lecture. Ces deux points sont essentiels à l’exercice de nos maisons.

Nous sommes en crise, c’est le moment de faire un choix

Le ministre de la Culture Franck Riester a exprimé son soutien à la filière, et particulièrement à la librairie. Antoine Gallimard s’est dit inquiet pour les « petits éditeurs » [voir son interview dans Livres Hebdo]. Inquiets·ètes, nous le sommes aussi. Face à la concentration décrite, souvent peu visible pour les lecteurs·trices, la concurrence est rude pour disposer d’une place sur les tables en librairie quand on ne publie qu’une dizaine de titres par an, sachant qu’en 2018, ce sont 82 313 titres qui ont paru [2], soit l’équivalent de 225 livres par jour.

Ne serait-il pas le moment de ralentir la course à la nouveauté, qui voit un nombre considérable de textes partir au pilon sans avoir eu le temps de toucher lectrices et lecteurs ? Plusieurs des maisons représentées ici, alors même que nos productions sont déjà, en « temps normal », raisonnables et raisonnées, ont déjà fait ce choix pour les mois à venir, afin de préserver les libraires, en se refusant à les accabler sous un «embouteillage» de titres dans la période qui suivra le «déconfinement», mais aussi les auteurs·trices en se donnant la possibilité de défendre au mieux leurs ouvrages.

En effet, les librairies vont rouvrir, mais dans quel état ? Et toutes le pourront-elles ? Le Syndicat de la Librairie française (SLF) appelle à la «création d’un fonds d’intervention consolidant les moyens d’intervention de l’État (Centre national du Livre, ministère de la Culture notamment), des régions et de partenaires privés […] destiné à couvrir la perte d’exploitation des librairies».

Nous sommes en crise, c’est le moment de proposer et d’agir

Nous soutenons pleinement cet appel et demandons à élargir ce fonds de soutien, tant aux maisons d’édition indépendantes qu’aux travailleurs·euses indépendant·es qui œuvrent à l’existence du secteur elles et eux aussi.

Or, qui porte notre voix à l’échelle nationale? À l’heure actuelle, personne, dans la mesure où le Syndicat national de l’Édition ne nous semble pas représentatif de maisons comme les nôtres, dont l’économie tient davantage de l’artisanat ou de la petite entreprise que de l’industrie. Pourtant, régionalement ou thématiquement, certain·es d’entre nous sont déjà organisé·es, (les questionnements ne sont pas neufs, leur acuité est accrue par le contexte). Nous travaillerons donc avec elles et eux pour créer dans les mois à venir une organisation professionnelle, sous la forme par exemple d’un syndicat, destinée à nous représenter toutes et tous et à nous permettre de nous fédérer afin de pouvoir avoir une place à la table des négociations interprofessionnelles. Car la France est un pays qui a la chance d’avoir une politique culturelle forte, dont l’un des piliers est de garantir l’accès à la lecture au plus grand nombre. Les aides de l’État, mais aussi celles de l’Europe, seront déterminantes dans les semaines qui vont suivre. Au nom de nos spécificités, il est important que nous participions à l’élaboration de ces politiques.

À l’aune de ces réflexions, nous appelons par ailleurs de nos vœux la mise en place d’États généraux francophones de l’Édition indépendante. Ceux-ci pourraient s’appuyer sur une collecte préalable de propositions de points à aborder ou d’actions à mener, ouverte à l’ensemble des acteurs·trices de la chaîne du livre évoqué·es en préambule, afin de définir et d’analyser en commun les « dysfonctionnements » pointés par Xavier Moni, mais aussi de révéler des solutions ou des expérimentations proposées à travers l’espace francophone.

À nous de porter notre voix, de devenir force de propositions, et de penser à de nouvelles modalités culturelles et économiques. L’avenir ne pourra s’envisager qu’à travers un dialogue ouvert entre toutes celles et tous ceux qui constituent le monde du livre.

Le Collectif Édition indépendante

Cette tribune est née à l’initiative de Chloé Pathé (Anamosa), Valérie Millet & Sandrine Duvillier (Le Sonneur), Jean-Luc A. d’Asciano (L’Œil d’or), Les Caractères Masqués, collectif d’indépendants au service du livre, en partage avec Dominique Tourte (Invenit), Benoît Verhille (La Contre Allée) et Charles-Henri Lavielle (Anacharsis).

Signataires

Maisons d’édition :

À contresens (Joël Lévêque), À la Criée (Frédéric Barbe), Al Manar (Alain Gorius), ActuSF (Jérôme Vincent), Agone (l’équipe), Agullo (Nadège Agullo, Estelle Flory, Sébastien Wespiser), Airvey éditions (Hervé Mineur), Amsterdam (Lambert Clet, Eva Coly, Nicolas Vieillescazes), Anacharsis (l’équipe), Anamosa (Doris Audoux, Christophe Granger, Monika Jakopetrevska, Marie-Pierre Lajot), Antidata (Olivier Salaün et Gilles Marchand), Arbitraire (Juliette Salique et Renaud Thomas), Arcane 17 (Marie-Pierre Vieu Martin), Art3 éditions (Françoise Plessis), Asphalte (Estelle Durand et Claire Duvivier), Association francophone de haïku (Jean Antonini, Éléonore Nickolay, Geneviève Fillion), Atelier de l’Agneau (Françoise Favretto), Ateliers Henry Dougier (Henry Dougier), Au Vent des Îles (Christian Robert), Aux Forges de Vulcain (David Meulemans), Balzac Editeur (Robert Triquère), Belleville éditions (Dorothy Aubert), Blast (Solène Derrien et Karima Neggad), Bouclard éditions (Thierry Fétiveau, Clément Le Priol, Benjamin Reverdy), Ça et là (Serge Ewenczyk), Cabardès (Monique Subra), Cadex (Hélène Boinard), Callidor (Thierry Fraysse), CBE Éditions (Jean-Pierre Gayraud), Chandeigne (Anne Lima), Chant d’Orties (Béatrice Guillemard), Chronique Sociale (André Soutrenon), Collectif Dystopia, Collectif Smolny, Comité de rédaction de la revue Sensibilités (Q. Deluermoz, T. Dodman, A. Kunth, H. Mazurel, C. Vidal-Naquet), Cosmografia (Louise-Anne Petit), Cours toujours (Dominique Brisson et Daniel Henry), Creaphis (Claire Reverchon, Pierre Gaudin, Aude Garnier), Dadoclem (Danica Urbani), Dépaysage (Amaury Levillayer), Dernier Télégramme (Fabrice Caravaca), Divergences (Johan Badour), DO éditions (Olivier Desmettre), D’Orbestier (Cyril Armange), Éditions À Propos (Myriam Degraeve), Éditions Aldacom (Alain D’Amato), Éditions amanite (Thierry Declercq), Éditions B42 (Alexandre Dimos), Éditions Balivernes (Pierre Crooks), Éditions Bruno Doucey (Bruno Doucey et Muriel Szac), Éditions Chèvre-feuille Étoilée (Behja Traversac), Éditions Critic (Éric Marcelin), Éditions de l’Éclat (Michel Valensi), Éditions de l’Éclisse (Romain Monsifrot et l’équipe), Éditions D’eux (Québec) (Yves Nadon et France Leduc), Éditions du Canoë (Colette Lambrichs), Éditions du Commun (Benjamin Roux et Sylvain Bertrand), Éditions du Croquant (Arnaud Saint-Martin et Louis Weber), Éditions du Détour (Juliette Mathieu et Bertrand Bernard), Éditions du Dragon noir (Patrick Bert), Éditions du Félin (Stéphane Goulhot), Éditions du Linteau (Bernard Marrey et Julien Vitteau), Éditions du Murmure (David Demartis et Jérôme Martin), Éditions du Pacifique (Thierry Théault), Éditions du Sonneur (Sandrine Duvilliers et Jean-Luc Remaud), Éditions du volcan (Frédéric Mélis), Éditions Érès (Marie-Françoise Dubois-Sacrispeyre), Éditions Folies d’encre (Jean-Marie Ozanne), Éditions Ici-Bas (l’équipe), Éditions In8 (Josée Guellil, Sylvie Lemaire, Olivier Bois), Éditions Interlude (Michaël Cormery), Éditions Isabelle Sauvage (Isabelle Sauvage et Alain Rebours), Éditions iXe (Oristelle Bonis, Chloé Iacono), Éditions Jerôme Millon (Jérôme Millon et Marie-Claude Carrara), Éditions La Bibliothèque (Jacques Damade), Éditions La Muse (Delphine Goumaz), Éditions Laborynthus (Gianpaolo Furgiuele, Giovanna-Paola Vergari), Éditions Lamaindonne (David Fourré), Éditions Le Soupirail (Emmanuelle Moysan), Éditions le Ver à soie (Virginie Symaniec), Éditions Les Impressions nouvelles (Belgique) (Tanguy Habrand et Benoît Peeters), Éditions Lurlure (Emmanuel Caroux), Éditions Martin de Halleux (Martin de Halleux), Éditions Matière (Laurent Bruel), Éditions Menu Fretin (Laurent Seminel), Éditions Mosaïque-Santé (Carine Lorenzoni), Éditions Nous (Patrizia Atzei et Benoît Casas), Éditions OnLit (Belgique) (Pierre de Mûelenaere), Éditions Pera (Claire Turan), Éditions Pneumatiques (Dominique Huet), Éditions Symétrie (Jean-Christophe Michel), Éditions Tahin Party (Sarah Gastel, Noé Gasparini, Paco Vallat), Éditions Vous êtes ici (Amandine Hubert et Amélie Picavet), EIRA (Éditeurs Indépendants en Rhône-Alpes et Auvergne), Emmanuelle Colas (Emmanuelle Colas), Encre bleue éditeur (Corinne Mongereau), Éoliennes éditions et productions (Xavier Dandoy de Casabianca), Fatrasies Éditions (Yves Sok), Gephyre (Sandrine Scardigli), GM éditions (Guy Messina), Goater (Jean-Marie Goater), Gorge Bleue (Marie Marchall), Gruppen (Laurent Jarfer), Gulf Stream (Stephanie Baronchelli), H’artpon (Caroline Perreau), Heros-Limite (Suisse) (Alain Bercet), Hobo Diffusion (David Doillon), Homo-Habilis (Stéphane Lagorce), HongFei Cultures (Loïc Jacob et Chun-Liang Yeh), Hors d’atteinte (Marie Hermann et Ingrid Balazard), Insula (Claire Latxague), Inukshuk (Philippe Zytka), Invenit (Dominique Tourte), Joca Seria (Bernard Martin), Julie Flamingo (Frédéric), La Baconnière (Suisse) (Laurence Gudin), La Barque (Olivier Gallon), La Cabane Bleue (Sarah Hamon et Angéla Léry), La Chambre d’Echos (Florence Pétry, Jean-Michel Humeau), La Cocotte (Odile Bazin), La Contre Allée (Marielle Leroy et Anna Rizzello), La Dernière Goutte (Christophe Sedierta), La Dispute (Alexis Cukier et Chantal Gazzola), La Magicieuse (Neil Jobard), La Mer Salée (Sandrine et Yannick Roudaut), La Part commune (Mireille Lacour), Lansdalls éditions (Max Lansdalls), Lanskine (Catherine Tourné), L’Apocalypse (Jean-Christophe Menu), L’Arbre vengeur (David Vincent et Nicolas Etienne), L’Arche (Claire Stavaux), L’Articho (Yassine de Vos et Chamo), L’Asiathèque (Philippe Thiollier), L’Atelier Contemporain (François-Marie Deyrolle), L’Atinoir (Jacques Aubergy), Laurence Viallet (Laurence Viallet), La Boucherie littéraire (Antoine Gallardo), La Ville brûle (Raphaël Tomas, Marianne Zuzula), Le Bas du Pavé (Fred Morisse), Le Bord de l’Eau (Sylvie Malsan et Jean-Luc Veyssy), Le Cadran Ligné (Laurent Albarracin), Le Castor Astral (Marc Torralba et Jean-Yves Reuzeau), Le Chant des voyelles (Elisabeth Motsch), Le Chemin de fer (François Grosso et Renaud Buénerd), Le Lumignon (Anaïs Goldemberg), Le Miel des anges (Michel Volkovitch), Le Nouvel Attila (Benoît Virot), Le Passage (Marike Gauthier), Le Passager Clandestin (Josépha Mariotti et Pauline Fousse), Le Rosier Grimpant (Nicolas Gaislin et Sarah Didier-Charlet), Le Téètras magic (Sébastien Naert), Le Temps des Cerises (Francis Combes, président de l’Autre livre), Le Temps qu’il fait (Georges Monti), Les Éditions du Typhon (Yves et Florian Torrès), Les éditions sociales (Clara Laspalas et Marina Simonin), Les Fondeurs de Brique (Virginie Girard & J.-F Bourdic), Les Inaperçus (Ester Modié), Les Lumières de Lille (Frédéric Lépinay), Les Monédières (Ester Merino), Les Mots qui trottent (Sylvain Facon), Les Moutons électriques (André-François Ruaud), Les Petites Allées (Nathalie Rodriguez), Les Soleils bleus (Philippe Lorenzo), Librairie et éditions Scylla (Xavier Vernet), Librairie Point-Virgule Espalion (Sylvie Taquet-Lacan), Light Motiv (Éric Le Brun), Lior (François Azar), L’Iroli (Isabel Asunsolo), L’Oeil du souffleur éditions et cie (Astrid Cathala), L’Œil ébloui (Thierry Bodin-Hullin), L’Œil d’Or (Jean-Luc André d’Asciano), L’Ogre (Benoît Laureau et Aurélien Blanchard), Lucca Éditions (Sandrine Harbonnier et Hermine Hémon), Lunatique (Pascale Goze), Macula (Véronique Yersin), Maison Malo Quirvane (Édith de Cornulier), Marest Éditeur (Pierre-Julien Marest), Matin Calme (Pierre Bisiou), Médiapop (Philippe Schweyer), MeMo (Christine Morault), Miette éditions (Ghislaine Lamotte), Minus éditions (Alexandra Butruille), Mnemos (Frédéric et Nathalie Weil), Monsieur le Conte et la fabulerie (Véronique Dubois), Monstrograph (Coline Pierré et Martin Page), Nada (Rachel Viné-Krupa), Nouvelles de l’archéologie (Armelle Bonis), Obriart éditions (Cyprienne Kemp), Oui’Dire (Pascal Dubois), Paon diffusion (l’équipe), Pierre Mainard (Stéphane Mirambeau), Piranha (Jean-Marc Loubet et Anne Bouclier), Plum éditions (Dominique Cronier), Plume de carotte (Frédéric Lisak), Pyramid (Christelle Doyelle et Céline Remechido), Quidam (Pascal Arnaud), Rackham (Latino Imparator), Ratatosk (Gauthier Vranken), Reliefs éditions (Pierre Fahys), Revue Gibraltar (Santiago Mendieta), Revue Noto (Alexandre Curnier), SD éditions (Sylvie Deparis), Serendip Livres (l’équipe), Signes et Balises (Anne-Laure Brisac), Sol y Lune (Esther Merino), Sometimes éditions (Charlotte Guy), Super Loto Éditions (Camille Escoubet), Tendance Négative (le collectif), Troba Vox (Gérard Zuchetto), Tusitala (Carmela Chergui et Mikaël Demets), Van Dieren (Patrick Van Dieren), Benjamin Vermeilh, Warm (Willy Durand et Armelle Pain), Ypsilon (Isabella Checcaglini), ZTL éditions (Sandra Todorovic).

Soutiens et professionnel·les du livre

Isabelle Alentour (autrice), Christophe Barbat (libraire), Marie-Laure Allain Bonilla (universitaire), Benoît Anceaume (libraire), Florence Andrieu (Librairie Les Beaux Jours), François Annycke (programmateur du festival Colères du présent), Alexis Argyroglo (Librairie La Petite Égypte), Virginie Artus-Audoucet (auteure), Astier-Pécher Literary & Film Agency (Pierre Astier, Laure Pécher), Stéphane Audoin-Rouzeau (historien), Lilya Aït-Menguellet (Librairie Meura), Jérémie Banel (libraire), Katy Barasc (philosophe), Béatrice Barbusse (autrice et sociologue), Chloë Bénéteau (libraire), Anne Béraud (freelance spécialisée dans la filière livre), Antoine Bertrand (attaché de presse indépendant), Romain Bertrand (historien), Chloé Billon (traductrice), Émilie Blanc (autrice), Gaëlle Bohé (directrice de Fontaine O Livres et présidente de l’Académie Hors Concours), Gwen de Bonneval (auteur de bande dessinée), Guenaël Boutouillet (animateur littéraire), Paul de Brancion (auteur), Nadine Bruchon (bibliothécaire), Magali Brieussel (Librairie la Géosphère), Hervé Brunaux (auteur), Les Caractères masqués, collectif d’indépendants au service du livre, Patrick Cargnelutti (auteur), Anne-Marie Carlier (Librairie Autour du monde), Ferdinand Cazalis (correcteur), Pascale Chassagny (relieure), Natacha Chetcuti (sociologue), Léa Chevrier (maquettiste/graphiste indépendante), Yoann Chivard (auteur dessinateur), Constance Chlore (auteure), Laurence de Cock (autrice et historienne), Nolwenn Cointo (LiVrairie-café du monde entier), Soazic Courbet (Librairie l’Affranchie), Anne Coppel (sociologue), Nicolas Deleau (Auteur), Magalie Delobelle (SFSG Agency), Delphine Demoures (libraire), Karine Depeyre (Librairie le Kairn), Elyssea di Marco (auteur), Christine Desrousseaux (autrice), Édouard Devos (auteur), Isabelle Dignocourt (autrice), Audrey Dinghem (traductrice et correctrice), Fabrice Domingo (Librairie Terra Nova), Deborah Druba (agence de droits), Marion Duval (designer graphique indépendante), Sylvia Duverger (journaliste), Jules Falquet (autrice et sociologue), Arlette Farge (historienne), Claire Feasson (libraire), François Ferrier (auteur /artiste plasticien), Patrick Fillioud (auteur), Fabrice Flippo (philosophe), Éric Floury (Librairie Floury), Nathalie Fontaine (Librairie Détours), Camille Froidevaux-Metterie (autrice et universitaire), Sarah Gensburger (autrice et sociologue), Corinna Gepner (traductrice), Mélie Giusiano (graphiste), Karine Gorris (Librairie le Presse papier), Gersende Guingouain (libraire), Sarah Gurcel (autrice), José Hébert (auteur), Anne-Sylvie Homassel (traductrice), Nicolas Houguet (auteur), Olivier Huguenot (Librairie Le Neuf), Olivier Josso Hamel (auteur de bande dessinée), Victor Khagan (auteur), Irène Kaufer (autrice), Michel Kokoreff (sociologue), Souad Labbize (autrice et Poétesse), Jean-Louis Lafontaine (auteur), Jérôme Lamy (sociologue), Isabelle Lanini (Agence littéraire Kalligram), Marie Lannurien (BAM ! Agence littéraire), Ïan Larue (autrice), Martine Laval (directrice de collection, directrice littéraire de salon), Guillaume Lebaudy (anthropologue), Gilles Le Beuze (libraire), Guillaume Le Chevalier (auteur), Laurent Le Gall (historien), Ingrid Ledru (Librairie Le Livre en fête), Alban Lefranc (écrivain), Hervé Leroy (auteur), Aurèle Letricot (Librairie le Tracteur Savant), Kristina Lowis (auteure et traductrice), Patrice Lumeau (rédacteur biographe indépendant), Sébastien Marchalot (bibliothécaire), Isabelle Mariault (Présidente de l’ADAN – Association des auteurs des Hauts-de-France), Corinne Marotte (Agence littéraire Marotte et Compagnie), Sandrine Massuger (illustratrice graphiste), Philippe Mathé (Compagnie Bibliothéâtre), Guillaume Mazeau (historien), Sarah Mazouz (autrice et sociologue), Chiara Mezzalama (autrice), Christophe Mileschi (traducteur), Dominique Minard (La Librairie de Clermont), Waldeck Moreau (Librairie L’Opuscule), Gérard Mordillat (écrivain et réalisateur), Maïra Muchnik (traductrice), Nicolas Offenstadt (historien), Fabienne Olive (Librairie les Oiseaux rares), Juliette Paquereau (correctrice et traductrice), Gaëlle Partouche (Librairie les Modernes), Manon Pignot (historienne), Camille Pillias (éditrice photo indépendante), Sophie Quetteville (animatrice littéraire), RELIEF Agence de relations libraires (Julie Duquenne et Christophe Grossi), Céline Regnard (universitaire), Johanna Renard (universitaire), Sarah Rey (universitaire), Mylène Ribereau (libraire), Line Rocques (Librairie Vocabulaire), Alix Sallé (autrice), Dominique Savio (autrice), Morgane Saysana (traductrice), Aurélie Serfaty-Bercoff (attachée de presse indépendante), Natacha de la Simone (libraire), Philippe Tabary (auteur), Hervé Tanquerelle (auteur de bande dessinée), Federico Tarragoni (universitaire), Céline Telliez (universitaire et consultante), Marie-Ève Thérenty (universitaire), Fabien Vehlmann (scénariste de bande dessinée), Marie-Ève Venturino (Libreria Stendhal, Rome), Patrick Verschueren (Président de la Fédération des maisons de poésie), Éliane Viennot (intellectuelle et autrice), Olivier Villepreux (auteur et traducteur), Librairie-Café les Villes Invisibles (Tatiana & Amandine), Jean-Christophe Vizcaino (Librairie La Nouvelle Réserve), Michael Wenzel (Agent littéraire), Elvan Zabunyan (universitaire).

Si vous n’avez pas eu le temps de signer et que vous souhaitez vous joindre à ces réflexions et actions, vous pouvez vous adresser à : krisis.crise@gmail.com

[1] 3e Panorama 2019, EY-France Creative.

[2] Source : BnF/Département du dépôt légal, entrées au dépôt légal Livres, in Observatoire de l’économie du livre du Service du livre et de la lecture de la DGMIC, « Chiffres-clés du secteur du livre 2017-2018 », 2019 (https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Livre-et-Lecture/Actualite…).

 

Complotisme et clous de girofle

Après une phase de sidération que tout le monde à connue, les complotistes cherchent frénétiquement comment «expliquer» l’origine du covid-19.

…Jamais du côté de Darwin et de l’expérience des sociétés humaines, toujours du côté du complot de mort (comme on parlait il y a deux siècles de «complot de famine») ou d’un accident de laboratoire façon Frankenstein. Si l’on peut suggérer que ledit laboratoire, même chinois, a été financé par la CIA et que les responsables du projet ont des noms à consonance juive, c’est une «bonne» explication, appelée à un brillant avenir.

Se détourner de ces bouillies paranoïaques et antisémites est un un principe de précaution mentale et politique. Cependant, on ne peut être que frappé de certaines similitudes matérielles, même si elles sont difficiles à combiner dans une explication globale d’un phénomène. Je me contenterai de soumettre à la sagacité de mes lectrices et de mes lecteurs une analogie qui m’est – littéralement – apparue en rêve la nuit dernière.

Selon une formule devenue proverbiale sur lesdits «réseaux sociaux», pour exprimer que l’on serait en peine d’en dire davantage sur un sujet, mais que la force de la preuve a paru suffisante pour exiger sa publicité: Je pose ça là.