Grève du baratin

Si l’on en croit le gouvernement, les directions syndicales et les médias, sur les mille raisons de notre colère, tout se limiterait à une seule: la «réforme» des retraites. Cette façon de réduire notre révolte est une manière de préparer sa défaite. Soit le gouvernement reculera  et on nous dira que nous avons «gagné» et qu’il faut retourner au chagrin. Soit le gouvernement se montrera musclé et on nous dira qu’il faut être «réalistes» et… retourner au chagrin.

Quelle que soit l’issue de ce prétendu «bras de fer» le sens profond de notre soulèvement sera étouffé.

Mais nous ne sommes pas en grève et dans la rue pour nous satisfaire de quelques miettes avec la certitude de les voir grignoter très vite par de nouvelles « réformes ».

Bien sûr, nous ne voulons pas qu’on réduise encore plus nos moyens d’existence. Nous voulons même, en plus de retraites suffisantes, pouvoir vivre plus décemment, finir le mois, payer le loyer, l’électricité, l’eau, le gaz, l’essence, la cantine, les soins nécessaires… Nous voulons plus de moyens pour les hôpitaux, les crèches, les écoles, les pompiers, les transports en commun et autres « services publics ». Et nous le voulons tout de suite. Cela va déjà bien au-delà de la question des retraites.

Mais, plus profondément, nous voulons reprendre le pouvoir sur nos vies, arrêter d’être des pions baladés par les politicards, les bureaucrates; pressurés par les oligarchies; assommés et mutilés ou tués par leurs robocops. Nous voulons fabriquer une organisation sociale qui nous convienne, loin de la servitude actuelle que nous subissons dans tous les domaines. Nous voulons un monde meilleur. Dans lequel on puisse respirer et jouir de la vie.

Ce n’est pas tous les jours que nous sommes si nombreux, insurgés, au coude à coude et résolus à ne pas nous laisser tromper une fois de plus. Ne laissons pas cette force se gâcher en accouchant d’une souris maigre. Ne laissons pas des «négociateurs» nous faire renoncer à tout ce que nous pouvons gagner si nous sommes assez déterminés. Imposons toutes nos exigences.

Gilles et John

10 décembre 2019