JIMMY GLADIATOR QUITTE L’ARÈNE… la petite reine aussi, du coup! (de pédale) et nos petites filles devenues des reines (dixit Raoul)

La dernière fois que je l’ai vu, c’était à la librairie Publico, le 12 octobre dernier – six mois tout juste – pour la présentation de son dernier recueil de textes et poésies: Tapis franc et autres cadeaux provos (chez Rafael de Surtis). Il y avait (si j’ose dire) beaucoup d’absent·e·s. C’est un signe qui ne trompe pas. Essayez pour voir: conviez le banc et l’arrière-banc de vos connaissances à une signature, un apéro, peu importe, puis comptez… Si le nombre des absent·e·s excède celui des présent·e·s, il n’y a que deux hypothèses. 1.) Vous êtes un·e survivant·e; tout le monde est mort autour de vous; 2.) C’est vous qui êtes mort (ou peu s’en faut)…

Bref. Jimmy est mort ce 10 avril, et je ne rappellerai pas son identité d’état civil. Que l’on se souvienne qu’il avait choisi comme nom de plume, de combat et d’arène «Jimmy Gladiator». Nous avons été en contact, via la revue Camouflage qu’il animait, avant de nous rencontrer. Mais où et quand, voilà ce que je ne saurais dire.

Grand collectionneur de bouteilles de bière – dont il fut aussi un consommateur immodéré – et de boules à neige (d’où lui en avais-je rapporté une? Du Japon?), amateurs de contrepèteries, revuiste militant, anarchiste, anarchosyndicaliste, surréaliste, poète et écrivain. Il y avait de la place pour tout cela chez ce drôle aux larges épaules (comme dit Victor).

Hélas! à force de compter les crabes pour s’endormir, on finit par ne plus se réveiller.

Dans les années 2012, il envoyait aux ami·e·s une «Lettre versatile» et électronique. De ce qui en subsiste dans mon ordinateur, je tire ces quelques photos. Les légendes entre guillemets sont de Jimmy lui-même.

“1997 à Londres, allons donc! Quoth the raven NVRMORE (photo Imn)”

“2007. Salon de l’antilivre à Stétienne. (Hello Véro).”

“2009 à la pointe Matthieu, moi en anti-calvaire. Vive l’anarchie anté-christ (photo Flip)”

Les deux photos suivantes ont été prises au Maldoror, le 2 février 2013, par Anne-Lise Dehée: Judith et Jimmy.