“LE SABOT. Revue littéraire de sabotage” ~ n° 6 «Terre!»

Le numéro 6 du Sabot, revue littéraire de sabotage vient de paraître. Pour l’occasion, il s’expose au Shakirail, 72 rue Riquet (75018), au bord des voies ferrées, jusqu’au 3 mars prochain.

Vous pouvez aussi consulter certains des éditoriaux sur le site de la revue.

Comme ils vont vite en besogne, comme tous les gens jeunes et pressés, les saboteurs et saboteuses ont déjà saboté le confort (n° 2), le sexe (n° 3) [mais la couverture ne porte pas le slogan «Saboter le sexe»; c’est dommage], le travail (n° 4), la violence (n° 5) [même remarque, mais c’est très bien comme ça], et voilà que nous touchons «Terre!» avec la dernière livraison. Ça n’est pas pour autant la fin des pérégrinations saboteuses, puisqu’un numéro est prévu avec pour thème «la soif».

La revue se place clairement dans le compagnonnage de l’écrivain Marcel Moreau sur lequel l’un des animateurs-saboteurs, Antoine Jobard a rédigé et soutenu, en septembre 2016, une thèse de doctorat en Littératures françaises intitulée : Poétique du vivant et du mythe chez Marcel Moreau. La voix de l’Étrangeté : de l’organique au mythologique. On espère qu’un livre en sortira quelque jour prochain.

Antoine Jobard (à g.) & Marcel Moreau (à d.).

La revue a d’ailleurs publié de nombreux textes ou extraits de textes de Marcel Moreau. Elle publie également poèmes, photos et dessins …Souvent trop illustratifs à mon goût, mais j’aime beaucoup celui-ci, de Anouk Buron.

 

La nostalgie «postalinienne» est ce qu’elle a toujours été: une amnésie de complaisance

Ah! «le quotidien fondé par Jaurès»…

Voilà le rappel qu’on entend le plus souvent proféré à l’heure où, une fois de plus, le journal L’Humanité semble en danger de mort.

Mais L’Huma, c’est aussi, des décennies durant, l’organe du parti communiste d’Union soviétique, avant d’être celui du parti communiste français. Le journal qui calomnie les prolétaires révolutionnaires, les libertaires, les trotskistes, les sans-parti, les spontanéistes, les dissidents, les communistes critiques, et j’en passe…

Pour regrouper les articles qui ont insulté la vérité depuis Jaurès, il faudrait l’intégralité des numéros d’une année entière… ou un très long thread sur Twitter, comme Mathilde Larrère les affectionne. Hélas! la «détricoteuse» autoproclamée est précisément allé place du Colonel Fabien, avec ses aiguilles et sa pelote, dire à quel point L’Huma lui manquerait si par malheur…

Le journal L’Humanité subit, comme tous les autres, la crise qui frappe la presse papier. Comme il est l’organe d’un parti politique en dégringolade (depuis celle du mur de Berlin), plus dure est sa chute.

Comment ne pas s’en réjouir?

Les postaliniens (voir ce mot par le moteur de recherche) voient leur capacité de nuisance et de travestissement idéologique diminuer au fil des ans.

Comment ne pas s’en réjouir?

Leur organe est près de sa fin… Qu’il meurt!

La presse contre-révolutionnaire va perdre un de ses titres: tant mieux!

Le soutien qui lui est apporté à sa dernière heure ne procède pas seulement d’une amnésie, il vaut aussi amnistie. Or je suis de ceux qui considèrent que les crimes contre l’humanité révoltée sont imprescriptibles.

Des postaliniens sans voix (ou dont le chargeur est vide) ne deviennent pas pour autant des camarades. Mes cosociétaires des éditions Libertalia seraient bien inspiré·e·s de se ressaisir, eux qui se croient tenu·e·s – dans l’espoir d’un article? – de répercuter la campagne de soutien: «Nous avons besoin plus que jamais de L’Humanité!»… Sans dec’ ?

Camillo Berneri, reviens! ils sont devenus flous…

1953

1968

1937

Les staliniens traitent de nazis les prolétaires insurgés de Barcelone, membres pour l’essentiel du POUM (marxistes critiques) et des «Amis de Durruti». Pour l’occasion, ils encensent les anarchistes de gouvernement de la CNT.

2019