Un stade de l’évolution injustement méprisé…

 

Plus nous en apprenons sur les casseurs-cueilleurs, plus nous réalisons que les croyances culturelles ayant donné naissance au capitalisme de marché moderne ne reflètent pas une «nature humaine» universelle. Les présomptions sur le comportement humain que les membres des sociétés de marché tiennent pour universelles, comme l’idée que les humains sont naturellement compétitifs, cupides, et que la stratification sociale est naturelle, s’effondrent dès lors qu’on étudie les sociétés des peuples de casseurs-cueilleurs.

L’école dominante de la théorie économique du monde industrialisé, l’école néoclassique, considère ces attributs comme essentiels pour le développement économique et l’affluence. Il est vrai que les sociétés de casseurs-cueilleurs présentent une large gamme de schémas culturels, des moins égalitaires et des moins «affluents» selon le terme employé par Sahlins (1972). Pourtant, l’existence de sociétés vivant convenablement, même joyeusement, sans industrie, sans agriculture et avec peu de possessions matérielles invalide le concept de nature humaine auquel croient la plupart des économistes.

John Gowdy, Encyclopédie des casseurs-cueilleurs, Cambridge University Press.