Drôles de dames… ~ Caroline Granier étudie les femmes d’action dans le polar

Caroline Granier vient de publier À armes égales (Ressouvenances) ouvrage dans lequel elle soumet les romans policiers mettant en scène des femmes offensives (voire armées) à une analyse de genre. On peut se procurer le livre via le site de l’éditeur.

Présentation par l'éditeur

Les enquêtrices dans les polars… Les figures de fliquesses, de privées, de journalistes d’investigation, d’inspectrices sont de plus en plus nombreuses (françaises, européennes ou américaines). Cérébrales, fonceuses, intuitives ou rationnelles, épanouies ou névrosées. Célibataires ou en couple, avec ou sans enfants. Qu’ont-elles en commun? Un désir d’aventures et une soif de liberté sans limites. Attention : elles sont souvent armées… combatives en tout cas. Car leur place dans un monde encore dominé par les hommes n’est pas acquise. Alors elles agissent et prennent leurs affaires en main : et si elles nous montraient la voie?

Le polar, univers longtemps conditionné par les hommes et des représentations phallocrates, se féminise. Il constitue ainsi un miroir grossissant de notre société, terrain privilégié pour l’étude des rapports sociaux entre les sexes, et aussi du rapport à la violence. Cet ouvrage interroge ces représentations littéraires à travers le prisme du féminisme. Analysant un important corpus de romans, décrivant de nombreuses héroïnes différentes, il contribue à une réflexion sur la condition des femmes dans la société actuelle. Il témoigne d’interrogations sous-jacentes : l’affirmation doit-elle être identification aux anciens codes de domination? Ceux-ci sont-ils spécifiquement masculins? En s’emparant des attributs traditionnels d’une condition masculine déterminée, des femmes les érodent-elles ou, au risque de ne pouvoir s’en affranchir, les répètent-elles? La violence peut-elle être un outil d’émancipation féministe?

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Caroline Granier est agrégée et docteure en Lettres modernes ; elle enseigne en lycée. Elle a étudié la littérature anarchiste de la fin du XIXe siècle en France, en interrogeant ses rapports avec l’histoire et les luttes sociales, dans Les Briseurs de formules (Ressouvenances, 2010). Depuis plusieurs années, elle se passionne pour les romans policiers d’aujourd’hui qu’elle étudie sous l’angle du genre.

 

Sachant chasser ou non, les chasseurs nous font chier!

On connaît l’une des justifications des crétins qui considèrent comme un loisir d’aller exécuter des animaux en pleine nature (animaux hébétés, qu’ils ont souvent lâchés eux-mêmes quelques semaines avant l’ouverture de la chasse, ce qui leur permet de se prétendre «écologistes»!):

Le gibier a sa chance!

Passons sur le caractère grotesque de l’affirmation d’une pseudo égalité de condition entre une poule d’eau et un homme armé comme un bandit new-yorkais des années 1940 (les fabricants d’armes sont les mêmes: Winchester, Browning, Beretta, etc.).

Le fait est que non seulement d’immenses espaces (de forêts, notamment) sont réservés de fait aux tueurs d’animaux pendant la saison de chasse, mais ils peuvent empiéter sur la sacro-sainte propriété privée pour satisfaire leur vice.

L’actualité récente montre qu’il ne suffit pas d’abandonner les lieux de promenades aux tueurs, il est plus prudent de se tenir hors de portée de fusil (et la portée est longue!).

L’homme dont je publie ci-dessous la photo a payé de sa vie un juridisme naïf doublé de précautions minimales.

«Sur un chemin en bordure d’un bois, personne, s’est-il-dit, n’ira me prendre pour un lapin ou un sanglier…»

La connerie d’un jeune homme armé d’un fusil de chasse lui a donné tort.

Sportif, il filait sur son vélo.

Pas assez vite toutefois. Il est mort.

Marc Sutton avait 34 ans.

Il n’est pas exagéré de le compter, comme les ouvriers morts sur les chantiers, parmi les victimes d’une société qui feint de «respecter la vie» quand il s’agit de gâcher celle des femmes qui souhaitent avorter ou des personnes qui veulent abréger la leur, mais qui respecte des lobbys électoraux, même si cela doit causer chaque année des décès d’être humains (qui se soucie des poules d’eau?).

Certes, il arrive que les chasseurs aient le bon goût de s’exploser à la chevrotine les uns les autres…

Piètre consolation, d’autant que la pollution sonore et au plomb est la même!

Pour sauver davantage de sangliers, de biches, de cyclistes et de flâneurs, il importe d’interdire tout «loisir» qui nécessite la souffrance et/ou le meurtre d’animaux et d’êtres humains.