Extension du domaine de la “miséricorde” (suite). Demain: les bancs publics à picots rétractables!

À peine mis en ligne mon billet sur la généralisation des «miséricordes», non plus dans le sens originel de «tabourets de charité», mais au contraire comme instrument de dissuasion des sans-abri, billet complété par une conclusion sur les dispositifs de torture du type picots en métal, je suis tombé sur un document posté sur Twitter…

Comme on le verra sur les photos ci-dessous, il s’agit de picots installés sur des bancs publics classiques (quoique russes), de ceux que chantait Brassens.

Las! les amoureux·ses qui s’égareraient sur lesdits bancs seront bien inspiré·e·s de se munir de petite monnaie. À défaut, les bécotements pourraient tourner aux picotements.

En effet, les concepteurs de ce nouveau dispositif se sont avisés que des pauvres, amoureux ou non, pourraient bien profiter éhontément de la gratuité des bancs publics pour s’y allonger un brin.

Comment prévenir une telle agression pour le regard (oblique) des passants honnêtes? Simple – mais génial! – il suffit d’intégrer aux bancs le système de picots dissuasifs, en les rendant cependant rétractables, à condition de payer

Il y avait des compteurs à pièces pour le gaz et l’électricité; il y aura désormais des bancs à pièces pour poser son cul. Chasser le pauvre, lui faire cracher sa monnaie à tout prix, telle est la motivation qui a titillé l’imagination de nos inventeurs russes.

Il ne s’agit plus d’inverser seulement le sens du mot miséricorde, mais de faire de tous les sièges publics des épouvantails pour ceux qui en endossent souvent, par force, le costume.

DERNIÈRE MINUTE

Où il appert que ledit dispositif de torture n’est pas issu de cervelles «urbanistes», à défaut d’être urbaines, mais de celle d’un artiste contestant les picots anti-sans-abri, comme ceux que j’évoquais en conclusion de mon papier précédent.

Belle réalisation qui donne à voir expérimentalement le futur immédiat de la ville interdite aux pauvres.