Démantèlement et privatisation du réseau ferré français : Macron engage la phase finale

Soutenu par le journal Le Monde, le gouvernement Macron engage ces jours-ci la dernière phase d’un double mouvement de privatisation-démantèlement du réseau ferré français.

Il n’y a rien là d’étonnant. La mise en place du «système TGV», conçu pour relier des métropoles européennes avait déjà permis de fermer de nombreuses lignes et gares, supposées «non-rentables», ce qui annonçait suffisamment la rupture avec l’idée d’un service public du transport ferroviaire.

Ce système, dénoncé dans Gare au TGV! ne pouvait mener qu’au point où nous en sommes aujourd’hui. Il était conçu pour cela.

À part en Bretagne, où des comités de luttes ont rassemblé usagers et syndicalistes, le TGV n’a heurté, dans le Sud, que des sensibilités écologistes et des intérêts viticoles. C’était trop peu.

La CGT, au niveau national, encourageait un produit du génie français…

L’Italie, en revanche, a connu des luttes populaires («No TAV!») d’ampleur et de longue durée contre le train à grande vitesse. C’est sans doute pour cette raison que mon opuscule vient d’être traduit en italien et mis à disposition sur Internet (comme il l’est, en français, chapitre par chapitre, sur ce blogue).

Je remercie les camarades qui ont réalisé ce travail et me l’ont transmis. Les familiers·ères (ou curieux·ses) de la langue de Malatesta pourront le télécharger ci-dessous.

Télécharger le texte intégral en italien.

Extension du domaine de la “miséricorde” (suite). Demain: les bancs publics à picots rétractables!

À peine mis en ligne mon billet sur la généralisation des «miséricordes», non plus dans le sens originel de «tabourets de charité», mais au contraire comme instrument de dissuasion des sans-abri, billet complété par une conclusion sur les dispositifs de torture du type picots en métal, je suis tombé sur un document posté sur Twitter…

Comme on le verra sur les photos ci-dessous, il s’agit de picots installés sur des bancs publics classiques (quoique russes), de ceux que chantait Brassens.

Las! les amoureux·ses qui s’égareraient sur lesdits bancs seront bien inspiré·e·s de se munir de petite monnaie. À défaut, les bécotements pourraient tourner aux picotements.

En effet, les concepteurs de ce nouveau dispositif se sont avisés que des pauvres, amoureux ou non, pourraient bien profiter éhontément de la gratuité des bancs publics pour s’y allonger un brin.

Comment prévenir une telle agression pour le regard (oblique) des passants honnêtes? Simple – mais génial! – il suffit d’intégrer aux bancs le système de picots dissuasifs, en les rendant cependant rétractables, à condition de payer

Il y avait des compteurs à pièces pour le gaz et l’électricité; il y aura désormais des bancs à pièces pour poser son cul. Chasser le pauvre, lui faire cracher sa monnaie à tout prix, telle est la motivation qui a titillé l’imagination de nos inventeurs russes.

Il ne s’agit plus d’inverser seulement le sens du mot miséricorde, mais de faire de tous les sièges publics des épouvantails pour ceux qui en endossent souvent, par force, le costume.

DERNIÈRE MINUTE

Où il appert que ledit dispositif de torture n’est pas issu de cervelles «urbanistes», à défaut d’être urbaines, mais de celle d’un artiste contestant les picots anti-sans-abri, comme ceux que j’évoquais en conclusion de mon papier précédent.

Belle réalisation qui donne à voir expérimentalement le futur immédiat de la ville interdite aux pauvres.