Quartier populaire Quartier sans frontières ~ Manif Porte de la Chapelle samedi 10 juin

18h30 – départ de la Porte de la Chapelle pour manifester dans les quartiers Évangile – Marx Dormoy – La Chapelle – Pajol

Ces dernières semaines on a assisté à une offensive raciste et sécuritaire sur le quartier la Chapelle (18e) largement relayée par les médias. Orchestrée par des associations de quartier comme SOS La Chapelle, et leurs alliés politiques de gauche comme de droite, l’objectif de ce genre de campagne à quelques jours d’une élection est toujours le même : nous faire croire que le problème c’est la sécurité. Depuis le quartier est encore plus que d’habitude occupé par les flics.

Pour nous le problème c’est la guerre aux pauvres

Politiciens et investisseurs veulent faire de nos quartiers, de Barbès à La Chapelle, des quartiers branchés capables d’attirer une nouvelle population plus riche et des touristes prêts à consommer. C’est dans cette optique que la Halle Pajol a été rénovée il y a quelques années, avec son auberge de jeunesse, ses boutiques et terrasses branchées hors de prix.

Pour que les nouveaux venus se sentent en « sécurité », « il faut virer tous les indésirables qui squattent les trottoirs, vendent des trucs à la sauvette, font du bruit, et salissent les rues », disent ensemble mairie, préfecture et aménageurs. Un des prochains grands chantiers est d’ailleurs l’aménagement d’une « promenade urbaine végétale » sous les rails de la ligne 2 du métro.

Joli projet ! Mais ne nous y trompons pas, quand il est écrit dans la plaquette de présentation « développer des axes civilisés », c’est bien de faire la guerre aux pauvres dont il s’agit. Occuper l’espace vide pour empêcher que d’autres puissent s’y installer (il en va de même pour les gros containers posés par la mairie).

Pour nous le problème c’est la chasse aux migrant-es

Cela fait des années que le quartier de la Chapelle est un refuge pour les migrant-es, car l’entraide et la solidarité y sont fortes.

Depuis l’été 2015, les opérations de police se sont multipliées : rafles, expulsions de campements sous couvert d’opération « humanitaire »… Et ce malgré la forte solidarité concrète d’habitant-e-s, de militant-e-s du quartier.

La mairie et les businessman de l’humanitaire (type Emmaüs) ont voulu faire croire avec l’ouverture du centre « Hidalgo » à la porte de la Chapelle que des meilleurs conditions d’accueil seraient offertes aux migrant-e-s.

En réalité, dans ce camp éloigné de la vue de tous, les migrant-e-s sont trié-e-s entre ceux, peu nombreux, qui ont la chance d’accéder à l’asile et le plus grand nombre contraint à vivre à la rue, dans l’illégalité et/ou la crainte de l’expulsion.

Dans le même temps, les foyers de travailleurs immigrés sont attaqués, du foyer de la rue Marc Séguin à celui de la rue Riquet.

L’occupation policière du quartier n’est pas une solution

Ce qui nous paraît insupportable, ce n’est donc pas la présence des vendeurs-euses à la sauvette et des migrant-e-s mais bien celle des flics et le harcèlement qu’ils font subir aux pauvres. C’est que l’État et les promoteurs immobiliers veulent faire des rues de nos quartiers où les rencontres ne sont plus possibles, à moins de consommer dans un restaurant ou un café hors de prix. La police est là pour protéger les riches.

Pour nous la solution c’est la solidarité !

Ici tout le monde se connaît. Contre la guerre aux pauvres, contre la chasse aux migrant-e-s, contre l’occupation policière, des gens ont toujours agi dans le quartier, en organisant des manifestations, en distribuant de la nourriture ou des vêtements, en prévenant des contrôles de police, en s’entraidant face aux galères.

Face à la montée des idées réactionnaires ne nous laissons pas faire : amplifions et propageons cette solidarité.

Manifestons dans le quartier samedi 10 juin 2017 :
18h30 départ Porte de la Chapelle (métro 12)
20h musique et prises de parole : halle Pajol
22h repas solidaire et projections : halle Pajol

La rue est à toutes et tous !