“Comment peut-on être anarchiste?” Débat à Saint-Gaudens, le 6 avril

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On parlera de tout (ce qu’on voudra), y compris des sujets qui fâchent (peut-être sans se fâcher, ou bien si…), et même du concept d’«islamophobie» (c’est vous dire!).

Le cinéma Le Régent, c’est 16, rue de l’Indépendance.

Après, on boira “à l’indépendan-an-ce du mon-on-de!”

Procès de pirates somaliens à Paris du 29 mars au 15 avril: solidarité!

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Nouvelle édition revue et augmentée.

Du 29 mars au 15 avril 2016 plusieurs pirates somaliens capturés par l’armée française en 2011, suite à l’abordage d’un bateau français seront jugés devant la cour d’assise de Paris.

C’est le moment de rappeler que dans ce pays qui est l’un des plus pauvres du monde et où l’espérance de vie est de cinquante ans, devenir pirate n’a rien de romantique. Si pour certains attaquer les bateaux étrangers qui pillent leurs côtes est un acte politique, pour la majorité de ceux qui se retrouvent désignés comme pirates, il s’agit avant tout d’une question de survie et du résultat d’une pauvreté extrême.

Il s’agit aussi d’avoir en tête que cette zone du globe qui sert à la fois de réserve de pêche et de dépotoir de déchets toxiques au monde entier est devenue un laboratoire d’expérimentation pour tous les militaires, paramilitaires et conseillers en sécurité de la planète.

Dans ce contexte une solidarité avec ceux qui sont désignés comme les pirates somaliens s’impose.

Un procès va se dérouler du 29 mars au 15 avril 2016 devant les assises de Paris, celui de l’abordage par des pirates somaliens du bateau français le Tribal Kat, en septembre 2011, au large de la Somalie. Dans ce procès, comme dans les trois autres procès en piraterie (Le Carré d’as, Le Ponant et La Tanit) qui ont eu lieu en France ces cinq dernières années, les méchants seront donc des Somaliens. C’est une telle évidence que ces derniers semblent condamnés d’avance.

Mais à y regarder de plus près les évidences sont trompeuses.

Ainsi, sur les neuf Somaliens qui ont tenté d’aborder le Tribal kat, deux ont été tués et les sept qui vont être jugés devaient toucher 100 euros pour leur participation à une attaque pirate. Une fortune dans un pays où le salaire moyen est de 1 ou 2 euros par jour.

Parmi ces sept enrôlés comme manœuvres, plusieurs étaient mineurs au moment des faits. Au cours des quatre ans et demi de prison préventive déjà effectués, l’un d’eux a perdu un poumon, un autre la raison. Tous venaient de familles très pauvres, ce qui, en Somalie, signifie souffrir littéralement de la faim. Mais nous dira t-on sans doute au procès, cela n’excuse rien.

Chaque jour, bateaux de plaisance, porte-conteneurs, supertankers et autres symboles flottants de richesses narguent les Somaliens en passant au large de leurs côtes. Mais ces navires ne font malheureusement pas que passer. Il y en a aussi, tels les thoniers français ou espagnols, qui s’ arrêtent pour y pratiquer une pêche à outrance selon des méthodes interdites en Europe. Ainsi le littoral somalien est quotidiennement ratissé et détruit sous protection des coalitions militaires du monde entier et notamment de l’armée française. Face au pillage organisé de leurs côtes, les petits pêcheurs traditionnels somaliens n’ont donc qu’à crever… ou devenir pirates !

Outre le fait qu’on vienne y voler leur poisson, les eaux territoriales somaliennes sont utilisées comme dépotoir pour y déverser les déchets toxiques du monde entier. Déverser en Somalie ou au large des côtes de tout autre pays pauvre plomb, mercure, pesticides ou déchets radioactifs ne coûte que 2$50 alors qu’un retraitement légal coûte entre 250 et 300 $ le baril… Que depuis 20 ans les populations des villages côtiers voient apparaître des maladies graves caractéristiques d’exposition au mercure ou à la radioactivité, cela ne fera jamais l’objet d’un quelconque procès…

Plus de 1 000 pirates somaliens, dont 22 en France, croupissent ou ont croupi dans des geôles à travers le monde, capturés par des militaires et conduits dans les pays des bateaux qu’ils ont abordés. La question de la piraterie somalienne a fait l’objet d’une instrumentalisation politique et militaire qui a des retentissements dans les salles d’audience. Ainsi, en général, les pirates sont lourdement condamnés.

Dans ce contexte, le collectif Iskashato a écrit un livre Frères de la côte (L’Insomniaque, 126 p., 14 €), dont tous les bénéfices sont reversés aux pirates actuellement dans les prisons françaises.

J’ai dit tout le bien que je pense de ce livre sur le présent blogue.

Une édition augmentée et actualisée vient de sortir, Iskashato tente d’y analyser le phénomène de la piraterie en Somalie et la réaction mondialisée qu’elle a suscitée avec un point de vue explicitement solidaire et empathique des pirates.

Et toujours avoir en tête cette phrase de Bellamy à son procès en 1720 : «Ils nous condamnent, ces crapules, alors que la seule différence entre eux et nous, c’est qu’ils volent les pauvres sous couvert de la loi alors que nous pillons les riches armés de notre seul courage.»

Les réfugié(e)s comme sujets politiques (journée d’étude à Paris 8)

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En France et dans les pays du Nord, le traitement scientifique et médiatique des migrations internationales tend à reposer sur la présupposition dominante – souvent exclusivement misérabiliste – selon laquelle les choix et l’action des migrant.e.s et des réfugié.e.s sont (sur)déterminés par les contraintes qu’exercent la guerre, la répression politique et la pauvreté d’un côté, et les politiques de contrôle des flux et d’« intégration » des pays d’accueil, de l’autre. Entre ces deux types de pressions, l’initiative des migrant.e.s est généralement réduite à portion congruë, lorsqu’elle n’est pas ignorée. Sans nier le poids des contraintes gouvernementales, juridiques et sociales, cette journée d’étude interdisciplinaire propose de s’interroger sur les marges de manœuvre et la puissance d’agir des migrant.e.s et des refugié.e.s en se demandant aussi comment apprécier la dimension politique de leurs actes. Croisant des réflexions issues de pays, de domaines, et de pratiques d’enquête diversifiées, y compris journalistiques ou artistiques, elle entend aborder ensemble les migrations des pays du Sud vers les pays du Nord et celles entre pays du Sud. Au lieu de considérer les migrant.e.s, refugié.e.s ou leurs descendant.e.s comme des sujets qui sont seulement en attente de l’obtention ou de la réalisation de droits et d’une éventuelle « intégration », il s’agit d’interroger l’idée que ces individus sont des sujets plus ou moins autonomes qui, par leurs pratiques, sont déjà des citoyen.ne.s, et dont les actions peuvent, suivant des conditions et des circonstances à préciser, ou bien (re-)produire des structures de domination ou bien réaliser des possibilités d’émancipation.

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À télécharger: Programme de la journée au format pdf.

Pour un changement radical

Monsieur le Premier ministre,

Nous trouvons admirable votre détermination à vouloir faire passer, par tous les moyens, une loi qui casse un peu plus l’archaïque droit du travail et nous permettra enfin de virer, sans avoir à en justifier, les citrons que nous pressons fort au service de nos entreprises, quand nous estimerons qu’ils n’ont plus assez de jus ou qu’ils ne mettent pas assez d’enthousiasme à le cracher.

Cette réforme poursuit dans le bon sens emprunté par vos prédécesseurs (quelle que soit leur étiquette politique) pour adapter le marché du travail aux progrès du monde moderne et rétablir enfin le servage absolu que de fâcheuses luttes prolétariennes avaient, au cours des siècles passés, réussi à faire reculer.

Mais, disons le tout net, cette réforme est insuffisante. Car il reste un obstacle de taille, un frein considérable à la relance de l’emploi : l’obligation de verser un salaire ! Admettez que, si nous n’avions pas à payer nos serfs, il nous serait tout de même plus facile d’embaucher et d’en finir avec ce déplorable chômage paralysant tant de forces vives qui pourraient gagner notre pain (et notre brioche) à la sueur de leurs fronts.

Alors, puisque vous avez avec vous la majorité des élus et les CRS, n’hésitez pas à renforcer la position de notre classe, que vous servez si bien, par une décision historique : décrétez l’abolition du salaire.

Au point où vous en êtes, ça passe ou ça casse. N’hésitez donc pas à défendre à fond le parti que vous avez pris : prenez cette décision d’un modernisme conquérant qui assurera enfin une fois pour toute la liberté du travail et la liberté pour la classe qui vit de son exploitation de continuer à se goberger splendidement.

Capture d’écran 2015-01-15 à 14.38.41 Les patrons dynamiques

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Pcc Les éditions du bras d’honneur.
Tract distribué lors des manifestations « anti-CPE » du printemps 2006. Ravivé en mars 2016.