Impressions d’avant-veille de Noël, place de la République

Mes larmes de rage et d’impuissance.

La réalité est tellement loin de nos désirs, de nos possibilités

Ne venez pas me donner de leçons de rigueur ou de radicalité politique, ce sera ma main dans la gueule vous êtes prévenu.e.s

« Les rassemblements c’est nul », « les manifs ça ne sert à rien », pas loin d’être d’accord souvent mais parfois aussi impression d’excuses de merde pour ne rien faire

Le rapport de force est tellement ridicule pour pouvoir autre chose

Hier soir la quarantaine de migrants restés sur le pavé étaient presque 2 fois plus nombreux que les soutiens. Et le total du rassemblement donc inférieur à une centaine de personnes

La famille, la consommation, les fêtes programmées sur lesquelles  tant de gens crachent en paroles sont tout de même obligatoires n’est-ce pas ?

Les courses en retard, les derniers préparatifs, les voyages dans une parentèle éloignée où, dès le 26 décembre, vous regretterez pour la plupart d’être allée, vous empêchent de passer même quelques minutes à République

L’impression de devenir un peu dame patronnesse en allant marchander, chez Go Sport en face, des duvets et des couvertures de survie toujours insuffisants entre les ordures de flics qui les mettent à la benne et flots incessant de nouveaux arrivants.  Plutôt laisser les migrants dans la nuit, le froid, la pluie sans rien que la faim au ventre et partir lâchement en accord avec ces principes qui voudraient éviter la charité

Mais ce n’est pas fromage ou dessert la solidarité, c’est ce qu’on peut, comme on peut, quand on peut, où on peut : de la baston au café chaud, de la GAV à la pétition, de la présence au tribunal aux formulaires administratifs, des affiches aux tags et bien plus ou bien moins

Non je ne me trompe pas de colère je n’en ai pas juste contre les absent.e.s mais je voudrais tellement qu’on soit davantage en nombre, au moins

Et ma colère, comme celle de Claude ou de Denis — qu’il sait si bien dire — («Ces manèges de mort») reprendrait alors le pas sur mon chagrin d’aujourd’hui pour me battre encore et toujours contre ce monde insupportable, cette misère omni présente, cette lâcheté des gouvernants, ces mensonges, ces petits arrangements de la majorité des gens.

 

Amies, amis,

Partager avec vous ces mots de cette nuit écrits pour d’autres me rends cela un peu moins lourd

Je vous embrasse

Capture d’écran 2015-12-24 à 16.47.30 S. G.