Faut vivre…

L'homme au stylo entre les dents

Avec les larmes aux yeux

Avec une pensée pour ces humains assassinés, à Paris, à Ankara ou sur un marché africain, ces jeunes gens souvent, ces jeunes filles dont les sourires adorables fleurissent sur Twittter et nous transpercent le cœur

Avec mille pensées pour celles et ceux qui se tordent d’angoisse, déchiré(e)s entre l’espoir, si tenace, et la tentation de commencer un deuil sans cadavre

Parce qu’il n’est pas raisonnable de penser sérieusement à mourir quand les balles sifflent, même si cela aussi est une tentation, oh! combien excusable (ça n’est pas moi qui…)

Parce que c’est le meilleur moyen, pour l’heure, de faire la nique aux assassins, nos assassins…

… et de témoigner contre leurs concurrents, hommes d’État, idéologues du patronat, politiciens moisis, philosophes au rancard, tortionnaires à cravate ou à turban, violeurs en Syrie, théologiens hallucinés, nostalgiques du troisième Reich, fanatiques minables de tous les bords, en surdose permanente de refoulements et d’aigreurs

Parce qu’il est bon, parfois, d’être aussi — comme disait Balzac — de cette opposition qui s’appelle la vie