L’«État islamique» fait interdire la manifestation des réfugié(e)s demain dimanche à République

Capitaliste laïc ou théocratique esclavagiste, tout État est policier.

Pour qui en douterait, voilà où nous en sommes : Annulation du Salon des éditeurs indépendants où je devais tenir cet après-midi le stand des éditions Libertalia. Interdiction de la manifestation des réfugié(e)s de demain dimanche.

Je publie ci-après le communiqué de la personne qui avait déposé la demande de manifestation.

La position des réfugié(e)s eux-elles-mêmes n’est pas encore connue à l’instant où je mets ce texte en ligne.

Nota. Le titre de cette page est de moi

La manifestation des migrants de dimanche est interdite : l’inverse d’une réponse

Comme une cruelle et dramatique ironie c’est dans les alentours de la Place
de la République que beaucoup sont morts cette nuit. Là où le camp des
migrants avait été évacué quelques heures auparavant.

En ce jour qui se lève ce matin sur le drame nous joignons nos larmes et
notre colère à touTEs les proches des morts comme nous avons joint ces
derniers mois, ces derniers jours, nos cris, notre rage et notre énergie
avec ceux des migrantEs.

Ayant été le dépositaire légal de la manifestation prévue ce dimanche et
décidée par les migrants de République, j’ai été contacté dans la nuit par
la préfecture, puis à nouveau ce matin, me demandant d’annuler la
manifestation.

En réalité  cette manifestation, comme tout rassemblement et toute
manifestation, est interdite par la préfecture au nom de l’état d’urgence.
La préfecture m’a aussi prévenu qu’y compris un rassemblement à Gare du
Nord serait dispersé.

N’étant que le dépositaire légal de la manifestation il n’est ni de mon
pouvoir ni de ma volonté de me substituer aux migrants pour décider de ce
qu’ils feront demain. J’informe donc seulement tout le monde que cette
manifestation est interdite.

En janvier dernier nous avions été quelques unEs à refuser de communier
dans « l’union nationale » et de se joindre à la manifestation du 11 janvier*
. Nous refusions alors les réponses sécuritaires. Nous refusions toute
unité avec les bouchers de la planète, avec les racistes. Refusant toute
hiérarchie dans la compassion face au drame nous avions alors proposé à
ceux et celles qui manifestaient malgré tout et « qui le feront par
humanisme et ne partagent pas le cynisme de Hollande, Valls et Sarkozy » de
brandir des pancartes « Je suis migrantE » en rappelant que, chaque jour, en
Méditerranée autant de migrantEs mourraient que le 7 janvier dans les rues
de Paris.

Dix mois plus tard les morts sont encore plus nombreux dans les rues de
Paris. Dix mois plus tard la situation des migrants, réfugiéEs comme
sans-papiers, est, elle aussi plus catastrophique. Alors que ce devrait
être une condamnation terrible des prétendues réponses données par le
pouvoir et toutes les forces dominant cette société, les mêmes logiques
s’accélèrent : plus de police et moins de démocratie, plus de frontières et
plus de guerres là où nous aurions besoin de plus de solidarité et moins de
racisme. Au mépris des victimes d’hier, le pouvoir ne fait que préparer de
nouveaux drames.

Je serai, pour ma part, présent demain à 16H00 à Gare du Nord, pour
informer ceux et celles qui y seront de l’interdiction de tout
rassemblement et manifestation et des risques encourus.

Mais aussi pour dire que le meilleur hommage aux victimes de cette nuit
sera de continuer tous les combats pour plus de solidarité et d’égalité.
Pour une alternative aux assassins qui dirigent notre société et aux tueurs
aveugles qu’ils fabriquent.

Denis Godard, 14 novembre 2015