HUMEURS MAUVAISES DE SERGE QUADRUPPANI

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Serge Quadruppani, que j’ai cité ici récemment pour dénoncer la manœuvre gendarmique qui veut en faire le nouveau théoricien du prétendu «terrorisme» tarnacois, est très en colère contre moi.

Tellement en colère qu’il fait semblant de n’avoir aucun humour, et pour tout dire d’être un peu sot…

Quadruppani feint de croire que lorsque je le mets en boîte à propos d’une « préretraité bien méritée » à la campagne, je parle travail et gros sous. Et non, comme c’est le cas, de son ancienne carrière parisienne de « révolutionnaire-plus-grande-gueule-radicale-que-moi-tu meurs »…

Pourquoi fait-il ça ? Pour pouvoir, figurez-vous, ressortir de ses tiroirs un argument déjà utilisé par lui contre moi : la dénonciation « de classe ».

L’animal se souvient que j’ai évoqué, en 1995, dans 42 bonnes raisons pour les femmes de m’éviter (La Digitale, en libre lecture sur ce blogue), des titres hérités d’une grand-mère. Il en déduit que — grâce à 20 000 francs annuels ! — je n’ai jamais eu besoin de travailler et que je suis donc mal placé pour mépriser (dans ses cauchemars !) les prisonniers du boulot…

Ah le charme des catégorisations façon « révolution culturelle » chinoise !

Mais mon pauvre Serge, le livre en référence a été écrit entre 1993 et 1994 : il y a belle lurette (plus de trente ans) que les titres en question ont été vendus et l’argent utilisé notamment pour acheter cette maison bretonne… que tu connais bien, puisque je te l’ai prêtée et que tu y as séjourné avec une amie commune.

Je dois à la vérité de dire que tu t’es plaint de l’absence de chauffage… mais non de l’origine des fonds qui m’avaient permis de t’offrir un séjour au bord de la mer[1].

Allons, je ne te chicane pas là-dessus, nous avons tous nos petites contradictions.

D’ailleurs, comme tu le sais, je n’ai jamais laissé un(e) ami(e) dans la mouise (dehors ou en taule) sans participer à la solidarité. Je sais bien qu’aujourd’hui nous nous détestons… Cependant, si jamais tu te trouvais dans la gêne, menacé de te voir couper le chauffage (par exemple) dans tes rudes hivers, je serai toujours là pour toi.

On va trouver que je me dédis comme un cochon, mais j’ajoute une clause de conscience restrictive: ne compte pas sur moi pour t’aider à passer de survie à trépas plus dignement et moins douloureusement. Ton couplet sur Suicide, mode d’emploi «best-seller, recueil de recettes pour se tuer déguisé en pamphlet anarchiste» te prive de cette solidarité là. Un livre «pépère» qui te vaudra une arrestation, une dizaine de procès, des centaines d’articles haineux et des menaces de mort, on attend encore que tu nous en rédiges un…

Bref!

Tu t’engages à ne plus jamais écrire mon nom… Je fais tout comme toi ! Plus jamais le tien ne passera mes lèvres ou les touches de mon clavier, dès que j’aurai mis le point final à ce billet.

Même si l’on devait rétablir la peine de mort à ton seul bénéfice !

Juré, craché !

À ce propos, je comprends que tu sois tenté de capter une parcelle de mon immense renommée internationale en laissant entendre qu’il existe entre nous une telle intimité que tu puisses, comme tu dis, me « pisser au cul ». Mon souci historien de l’exactitude me contraint à démentir. Et quand je dis « Juré, craché », on voudra bien n’y voir aucune allusion à je ne sais quel rituel érotique sadien.

Ah ! Un dernier mot : que crois-tu que je fasse chaque jour, à Paris ou dans le train, tout comme toi cher collègue auteur ? Je « travaille ». Eh oui, kiwi !

Sans y être contraint pour manger. Par goût, par souci d’alimenter la pensée critique et le general intellect, pour conjurer (illusoirement, je sais) la décrépitude que tu évoques si bien et la mort qui vient.

L’exploitation salariale ou précaire, les réfugié(e)s sur le bitume, l’inégalité de nos conditions… Qu’y faire ?

La révolution communiste et libertaire, mon cher ex-camarade. À ça aussi — fort modestement, contrairement à ce que tu affirmes[2] —, je « travaille », avec d’autres.

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[1] J’ai entrepris depuis l’élimination fructueuse d’autres branches de la famille ; on comprendra que je ne puisse donner ici davantage de détails.

[2] T’entendre dénoncer un « donneur de leçon », ça vaut son pesant de truffes !

Capture d’écran 2015-01-15 à 14.38.41 On peut lire l’intégralité du texte de S. Q. sur son blogue.