LES ÉVACUATION DE CAMPEMENTS DE RÉFUGIÉ(E)S ET LE FOUTAGE DE GUEULE CONTINUENT

Capture d’écran 2014-11-09 à 01.11.00France-Info (toujours à la pointe de la propagande officielle) : Sophie Brocas, préfète de Paris, explique à quel point ses services ont fait preuve de bonne volonté et d’imagination pour « mettre à l’abri » les réfugié(e)s d’Austerlitz et de la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris.

Car, Messieurs Dames, après avoir empêché les militant(e)s solidaires de leur apporter de la nourriture, des couvertures et des bâches — et après y avoir renoncé sous la pression du nombre —, voilà que l’on souhaite « mettre à l’abri » les réfugié(e)s…

…De la pernicieuse influence des anarchistes, probablement.

Revenons à notre préfète :

On a poussé les murs, on a mobilisé d’autres lieux qui étaient vides, un foyer de la Poste, un autre de la SNCF, une ancienne clinique ou encore une caserne.

J’ai bien lu ? Une caserne ? Vous voulez dire une caserne comme celle que nous avons occupée avant l’été, et dont vous nous avez chassé(e)s ? Mais Sophie, où allez-vous chercher tout ça ? C’est vraiment admirable !

Polémique, m’objectera-t-on. L’occupation s’était faite, comme toute occupation qu’on espère tenir, par surprise. Donc sans préparation des lieux pour un accueil digne de ce nom des réfugié(e)s.

Ce serait donc ça ! Les services officiels auraient mis à profit les mois d’existence malheureuse du camp d’Austerlitz et la création récente de celui du XVIIIe pour mieux préparer des lieux d’accueil « mobilisés »…

Comment se fait-il alors que des réfugiés évacués du XVIIIe, et répartis dans une demi-douzaine d’endroits nous téléphonent pour dire qu’ici aucun coup de balai n’a été donné depuis des années, que là les toilettes sont dégueulasses, qu’il manque juste un détail dans les chambres : des lits ?

Mais ils devaient arriver ce soir, les lits. Ah! que voilà un signe de grande et minutieuse préparation, en effet.

Pas comme ces anarcho-autonomes qui payent de leur poche des bâches et des couvertures de survie.

Là où règne l’État tout n’est que calme, ordre et volupté ; prévoyance, hiérarchie et service public.

Hélas, les malheurs de Sophie ne sont pas prêts de prendre fin : d’autres réfugié(e)s arrivent et arriveront, malgré la décimation opérée par les tempêtes, malgré les murs et les barbelés.

Il va falloir à la préfète encore beaucoup d’imagination et de flics pour rompre les luttes collectives : les Soudanais du XVIIIe étaient là, dans des conditions extrêmement pénibles, pendant plus d’une semaine sans tentes, à même le bitume, pour demeurer ensemble et lutter ensemble. Ils n’avaient pas « choisi » de devoir quitter leur pays, mais ils avaient choisi leur mode de lutte et en payaient le prix.

Il faudra encore beaucoup de journaflics, de complicité pseudo charitable (aux chiottes Emmaüs !) et de mensonges degauche, pour tenter d’invisibiliser les leçons de courage et de dignité que nous donnent ces frères humains.

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Photo prise le 14 septembre dernier devant la mairie du XVIIIe (Paris-Luttes.Info)