JE SUIS L’AUTEUR DE «L’INSURRECTION QUI VIENT»

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Après les révélations remarquées de Lignes de force sur les photos de Julien Coupat détenues par les « services » français, j’ai reçu plusieurs lettres de lecteurs me posant la question suivante[1] : « Pourquoi n’avez-vous pas signé la pétition intitulée “Je suis l’auteur de L’Insurrection qui vient” » ?

Je pourrais répondre que je me suis un peu égaré dans les méandres radicalo-démocratiques du raisonnement du ou des auteur(e)s :

L’insurrection qui vient est avant tout un ouvrage, discutable et discuté, critiquant la société capitaliste. La liberté d’expression ne saurait se limiter au «droit au blasphème» : qu’un livre politique devienne la pièce centrale d’un procès où de lourdes peines de prison sont encourues, prouve de manière irréfutable qu’il s’agit bien d’un procès politique. Nous avons le droit de dire qu’il faut transformer le monde.

Nous avons également le droit de dire que, comme souvent par le passé, à l’instar de ce que rappelle l’histoire, cela ne se fera probablement pas dans le strict respect de ses lois et règlements. Traiter en «terroriste» ce qui a trait à la révolution, ou du moins à sa possibilité, est de très mauvais augure. D’ailleurs, cela n’a pas porté chance à un Ben Ali ou à un Moubarak.

L’insurrection qui vient est une expression parmi bien d’autres d’un courant de critique de la civilisation capitaliste. Si ses positions sont discutables, c’est toujours du point de vue de cette entreprise multiforme de critique du vieux monde dans laquelle je me reconnais et qui n’appartient à personne.

Affirmer le « droit » de dire que nous ne respecterons pas le droit pour changer le monde, c’est un peu comme annoncer qu’on repartira avec les couverts en argent après le dîner : ça ne dépasse guère la mauvaise éducation.

Je pourrais aussi arguer du fait que parmi le beau monde des signataires, il s’en trouve de très vilains (même le déplorable magazine Causeur a appelé son lectorat « démocrate » à signer).

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Dans «Libération» du 11 juin 2015.

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Mais la réponse est beaucoup plus simple, et si j’ai tardé à en donner connaissance à mes propres lectrices et lecteurs, c’est uniquement pour laisser toute latitude aux impétrant(e)s de se manifester.

Il vous sera facile de comprendre que si je suis le seul à ne pas avoir rejoint la cohorte des pétitionnaires, c’est évidemment parce que ma position m’imposait une provisoire discrétion.

J’estime aujourd’hui raisonnable, à l’approche du procès qui vient, d’avouer clairement et définitivement :

JE, Claude Guillon, écrivain anarchiste de langue française, suis l’auteur de L’Insurrection qui vient.

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[1] Cette question rouge nous est envoyée notamment par MM. J. C. et S. Q., de Corrèze. Ils n’ont rien gagné.