Le 23 juin, rencontre ANNULÉE par L’Université populaire anarchiste de Toulouse

Le mardi 23 juin prochain, à 19h, l’UPATO devait me recevoir pour un débat autour de mon recueil Comment peut-on être anarchiste? (Libertalia)

Je reçois à l’instant un message m’annonçant l’annulation de ce débat du fait du désaccord des invitant(e)s avec deux textes figurant sur le présent blogue: «À quoi servent les pédophiles?» et «De l’ambiguïté du concept de viol dans les relations choisies» (au contraire du premier, ce dernier texte figure dans le recueil Comment peut-on être anarchiste ?).

Dix-sept ans plus tard (voir «À quoi servent…?»), le réflexe d’excellent(e)s camarades anarchistes demeure le même: ne débattons pas des questions sur lesquelles nous ne sommes pas d’accord! Voilà qui nous met à l’abri de toute espèce de progrès théorique et condamne les anarchistes à fonctionner sur un mode intellectuel sectaire. Quel dommage de se soucier d’un «qu’en dira-t-on militant» plutôt que de débats, aussi vifs dussent-ils être !

Je n’avais pas prévu de revenir de sitôt sur les questions abordées dans ces deux textes, mais une chose est certaine: ils ne disparaîtront pas de mon blogue (ce qui d’ailleurs ne manquerait pas de m’être reproché comme une tentative de dissimulation).

Comme l’oukase porte précisément sur leur présence, la décision de l’UPATO nous interdit à jamais de discuter ensemble de quoi que ce soit, aussi éloigné que soit le sujet envisagé (par exemple mes recherches sur la Révolution).

J’ai consacré une bonne partie de mon existence et de mon énergie à mettre en forme aussi clairement que je pouvais des positions et des analyses parfois très minoritaires. Je suis navré de constater qu’il existe des gens assez crétins pour imaginer que j’ai tenté de me faire passer pour autre que je suis.

Pour le dire crûment: si j’étais attiré par les petits garçons ou par les petites filles, je le dirais. Il m’arrive, devant la crapulerie haineuse et irrationnelle de certain(e)s de regretter ne pas être ce qu’ils/elles nomment un «pédophile». J’aurais plaisir à me défendre, dos au mur, contre des minables de cet acabit. Mais je ne jouerai pas non plus à être un autre. J’ai écrit sur mes amours avec les femmes (et bien sûr, on me l’a reproché aussi). Je n’ai aucun moyen rationnel d’empêcher des mythomanes de fantasmer qu’il s’agit pour moi de camoufler des amours enfantines.

En revanche, et c’est bien le cas de le dire, la misérable campagne de lynchage et de boycott dont je suis l’objet va me contraindre à redévelopper une question qui a aujourd’hui quasiment disparu des débats militants. Je veux parler de l’émancipation des mineur(e)s, sujet de mon premier livre publié: Ni vieux ni maîtres.

Grâce à l’action pugnace des antispécistes, avec lesquel/les j’ai de nombreuses divergences, les droits des animaux sont aujourd’hui mieux considérés et pris en compte que ceux des enfants.

J’aurai donc à revenir aussi sur l’usage que font tant d’adultes, de «parents d’élèves» et de «mères de famille» de l’épouvantail «pédophile». Il semble que les points n’étaient pas assez visibles sur les «i». Il est vrai aussi qu’en rédigeant, en 1998, une courte introduction à ce qui devait être un débat sur le «retour de l’ordre moral» (sic), je ne pensais pas soulever une aussi durable tempête de moralisme militant.

Je n’essaierai ni ne souhaite, ni n’imagine une seconde pouvoir convaincre celles et ceux qui choisissent la lapidation, du bien fondé de mes positions (et encore moins de ma sincérité). Je ferai simplement en sorte qu’il leur soit plus difficile de se mentir sur leurs propres positions.

 

 

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