IL PRÉTENDAIT AVOIR RENCONTRÉ JÉSUS : «UN MENSONGE», CONFIRME “Direct Matin”

Signalé par Slate.fr, relayé par Direct Matin (21 janvier 2015) l’édifiante anecdote suivante.

Un jeune garçon américain de six ans, Alex Malarkey, rescapé d’un accident de voiture, après deux mois de coma, a « coécrit avec son père », comme le rapporte Jean-Marie Colombani dans Direct Matin, un récit devenu best-seller, à 8 millions d’exemplaires tout de même : Le Garçon qui revint du paradis.

Alex, resté paralysé depuis l’accident, est supposé y raconter un prétendu séjour au paradis et sa rencontre avec Jésus (le taulier, ceci dit pour celles et ceux qui n’ont pas de culture).

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Lisons attentivement la manière dont Direct Matin légende une photo représentant la couverture du livre :

Le jeune auteur disait avoir rencontré Jésus après son accident, mais c’était un mensonge.

En l’absence d’un démenti du service de presse de la sainte Trinité (sont-ils seulement sur Twitter, ces gens là ?), heureusement que la presse gratuite, avec la caution d’un journaliste célèbre, est là pour dessiller nos yeux…

Revenons à notre brebis. Après 8 millions d’exemplaires, dont il semble qu’il ne touche pas les droits, Alex se décide à publier un démenti:

Je ne suis pas mort. Je n’ai pas été au paradis… J’ai dit que j’avais été au paradis pour attirer l’attention envers moi. Quand j’ai fait ces déclarations, je n’avais jamais lu la Bible. Les gens ont tiré profit de ces mensonges, et ils continuent de le faire… La Bible est la seule source de vérité. Tout ce qui est écrit par les hommes ne peut être infaillible.

Je note au passage que la dernière phrase de la déclaration d’Alex a été omise dans Direct Matin, alors qu’elle figure dans l’article de Claire Levenson sur Slate.fr. Peut-être la révélation qu’elle contient a-t-elle été trop cruelle pour J.-M. Colombani ?

Passons.

Donc, Alex fait acte de contrition, avoue son mensonge, s’excuse auprès des gogos et… renvoie à la Bible, laquelle — si je comprends bien — n’aurait pas été écrite par des hommes.

Slate.fr m’apprend — j’ai un peu négligé le travail de veille sur les récits de séjour au paradis ces derniers temps — qu’une douzaine de livres équivalents ont été publié aux États-Unis dans la dernière décennie. L’un d’entre eux est traduit en français (approximatif, mais c’est pour les enfants) : Le ciel ça existe pour de vrai, aux éditions Trésor caché (une filiale de Grisbi facile, je suppose).

Ce dernier chef-d’œuvre rapporte l’expérience paradisiaque d’un enfant de quatre ans, dont le séjour n’a duré que le temps d’une opération de l’appendicite. Je sais ce que vous pensez, c’est bien court pour un aller et retour entre le bloc opératoire et le paradis. Cependant, d’après la sage loi hollywoodienne selon laquelle « plus c’est court, mieux ça se délaye », le livre Heaven is for real a été décliné en un film long métrage, un E-book, une application pour tablette Apple et un album de coloriage (extrait ci-dessous[1]).

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Eh bien, chers petits amis, avouez qu’en ces temps de barbarie obscurantiste il est bien réconfortant de recevoir ainsi des nouvelles de la grande nation diffusant jusque dans nos crèches, et le rayon « spiritualité » de nos librairies, la rationalité moderne et démocratique…

Bienvenue du coté lumineux de la force !

 

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[1] Envoyez-moi vos coloriages : les meilleurs seront publiés. Vous pouvez vous inspirez (ou pas) de l’image ci-dessus.