LES FLICS TUENT UNE MANIFESTANTE AU CAIRE

Gueule en deuil

 

 

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Cette femme s’appelait Shaimaa El-Sabag. Militante laïque, elle a été tuée par les flics aux ordres des militaires, au Caire, ce samedi, quand ils ont dispersé une manifestation non-autorisée de l’Alliance socialiste populaire. La marche se dirigeait vers la place Tahrir où les manifestants voulaient déposer des roses en hommage aux tué(e)s de la révolte de 2011 qui avait chassé Hosni Moubarak.

Shaimaa est morte dans les bras de son mari ou compagnon, lequel a été arrêté peu après. Il y a eu d’autres blessé(e)s et arrêté(e)s.

Le sinistre de l’Intérieur (ils ont leurs ordures d’État, là-bas, tout comme nous) a naturellement démenti toute implication de ses nervis dans son assassinat. Il a déclaré sans rire que de tels cortèges sont très dangereux parce que des « terroristes » risquent de les infiltrer pour créer du désordre.

On ignore si la police a jugé utile de pratiquer un test de virginité au cours de l’autopsie.

IL PRÉTENDAIT AVOIR RENCONTRÉ JÉSUS : «UN MENSONGE», CONFIRME “Direct Matin”

Signalé par Slate.fr, relayé par Direct Matin (21 janvier 2015) l’édifiante anecdote suivante.

Un jeune garçon américain de six ans, Alex Malarkey, rescapé d’un accident de voiture, après deux mois de coma, a « coécrit avec son père », comme le rapporte Jean-Marie Colombani dans Direct Matin, un récit devenu best-seller, à 8 millions d’exemplaires tout de même : Le Garçon qui revint du paradis.

Alex, resté paralysé depuis l’accident, est supposé y raconter un prétendu séjour au paradis et sa rencontre avec Jésus (le taulier, ceci dit pour celles et ceux qui n’ont pas de culture).

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Lisons attentivement la manière dont Direct Matin légende une photo représentant la couverture du livre :

Le jeune auteur disait avoir rencontré Jésus après son accident, mais c’était un mensonge.

En l’absence d’un démenti du service de presse de la sainte Trinité (sont-ils seulement sur Twitter, ces gens là ?), heureusement que la presse gratuite, avec la caution d’un journaliste célèbre, est là pour dessiller nos yeux…

Revenons à notre brebis. Après 8 millions d’exemplaires, dont il semble qu’il ne touche pas les droits, Alex se décide à publier un démenti:

Je ne suis pas mort. Je n’ai pas été au paradis… J’ai dit que j’avais été au paradis pour attirer l’attention envers moi. Quand j’ai fait ces déclarations, je n’avais jamais lu la Bible. Les gens ont tiré profit de ces mensonges, et ils continuent de le faire… La Bible est la seule source de vérité. Tout ce qui est écrit par les hommes ne peut être infaillible.

Je note au passage que la dernière phrase de la déclaration d’Alex a été omise dans Direct Matin, alors qu’elle figure dans l’article de Claire Levenson sur Slate.fr. Peut-être la révélation qu’elle contient a-t-elle été trop cruelle pour J.-M. Colombani ?

Passons.

Donc, Alex fait acte de contrition, avoue son mensonge, s’excuse auprès des gogos et… renvoie à la Bible, laquelle — si je comprends bien — n’aurait pas été écrite par des hommes.

Slate.fr m’apprend — j’ai un peu négligé le travail de veille sur les récits de séjour au paradis ces derniers temps — qu’une douzaine de livres équivalents ont été publié aux États-Unis dans la dernière décennie. L’un d’entre eux est traduit en français (approximatif, mais c’est pour les enfants) : Le ciel ça existe pour de vrai, aux éditions Trésor caché (une filiale de Grisbi facile, je suppose).

Ce dernier chef-d’œuvre rapporte l’expérience paradisiaque d’un enfant de quatre ans, dont le séjour n’a duré que le temps d’une opération de l’appendicite. Je sais ce que vous pensez, c’est bien court pour un aller et retour entre le bloc opératoire et le paradis. Cependant, d’après la sage loi hollywoodienne selon laquelle « plus c’est court, mieux ça se délaye », le livre Heaven is for real a été décliné en un film long métrage, un E-book, une application pour tablette Apple et un album de coloriage (extrait ci-dessous[1]).

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Eh bien, chers petits amis, avouez qu’en ces temps de barbarie obscurantiste il est bien réconfortant de recevoir ainsi des nouvelles de la grande nation diffusant jusque dans nos crèches, et le rayon « spiritualité » de nos librairies, la rationalité moderne et démocratique…

Bienvenue du coté lumineux de la force !

 

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[1] Envoyez-moi vos coloriages : les meilleurs seront publiés. Vous pouvez vous inspirez (ou pas) de l’image ci-dessus.

“RÉGÉNÉRATION”, journal libertaire

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On lira ci-dessous des extraits du journal Régénération, édité par l’association Germinal (21 ter rue Voltaire 75011 Paris — regene@riseup.net).

Ce n°20 contient notamment un texte d’appel à la constitution d’un centre de documentation en milieu paysan (voir ci-après images des pages), dont il a déjà été question dans ce blogue. Vous pouvez voir les plans du bâtiment, dont j’espère que l’élan collectif permettra de l’élever autrement que sur le papier.

Je reproduis aussi un article sur les funérailles, qui m’a rappelé des souvenirs récents, et qui recoupe mes réflexions (amères) sur le désarroi des athées confronté(e)s à des rituels étrangers et/ou à l’absence de rituels alternatifs.

On trouvera encore dans la version complète au format pdf, un extrait de mon livre Notre Patience est à bout (recueil de textes des Enragé(e)s de la Révolution française, chez IMHO), et d’autres contributions.

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La jeune fille, la charité et le coup de blues

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n feuilletant l’édition électronique du New York Times, je découvre que cet organe de presse prolonge une tradition caritative qui était encore en vigueur à la radio française il y a quelques décennies.

Les plus âgée(e)s d’entre vous se souviennent certainement de l’émission de France Inter, « Les Français donnent aux Français » (!), dans laquelle Clara Candiani (de son vrai nom Claire Mille[1]) présentait le cas d’une personne en grande difficulté et appelait aux dons pour la secourir. J’ai toutes les raisons du monde capitaliste de me méfier de la mise en avant de « bon pauvres », qu’on aura choisis travailleurs, dignes dans leur malheur, et sobres, cela va de soi. N’empêche, j’ai encore la voix de Mme Candiani dans l’oreille.

Le New York Times, donc, incite ses lectrices et lecteurs à entretenir un fonds permanent, baptisé « The Neediest Cases », ce que j’aurais bien du mal à traduire avec une concision équivalente à la version originale. Disons qu’il s’agit des personnes qui sont « dans le plus grand besoin ». On peut soupçonner, là encore, qu’il s’agit aussi des pauvres les plus méritants.

Le cas présenté dans l’article est celui d’une jeune femme noire de 20 ans, Miya Thomas, enlevée à sa mère très jeune, laquelle mère mourra du sida. Placée en nourrice, elle connaît une vie difficile (rien d’étonnant), que son goût du travail et de l’effort l’aide à supporter. L’article détaille son parcours scolaire et universitaire. La photographie la montre dans le Bronx, devant une fresque murale.

Et que veut faire plus tard cette jeune femme au regard un peu triste ?

« Her goal is to become an F.B.I. agent. »

Son but est devenir agent du FBI.

Je ne sais pas pourquoi je vous raconte ça…

Ça doit être la grippe.

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[1] Elle était la filleule de Jacques Maritain et l’épouse d’un des fondateurs (espagnol) du Secours catholique. Journaliste au Figaro, puis à Témoignage chrétien, elle fut militante syndicaliste à la CFTC puis à la CFDT (voir sa notice dans le Maitron).