PORCHERIE (2013)

copy-capture-d_ecc81cran-2014-11-09-acc80-01-10-09-e1415491935357.png

 

De la part de Marcela Iacub, je trouve que Belle et bête est un titre prétentieux, mais passons[1].

La démarche de cette personne épuise la définition courante de l’obscénité, mais je comprends bien qu’elle n’en a cure.

Ne m’étonnent pas davantage les faux-culeries des Joffrin, Daniel, Garcin, Bourmeau et Cie… On est tenté de reprendre le refrain ponctuant certaine chanson des Béruriers noirs : Porcherie !

Ce que j’ai davantage de mal à comprendre c’est l’étonnement de certain(e)s.

Tel souligne que Marcela Iacub est par ailleurs une juriste « scrupuleuse ». Il se trouve que je l’ai prise en flagrant délit de n’importe quoi sur un sujet que je connais particulièrement bien : le droit à la mort (voir mon droit de réponse publié à l’époque par Libération. Arrêtez-moi si je me trompe, je serais supposé croire que la juriste n’est « scrupuleuse » que sur les sujets auxquels je ne connais rien ? Tsss !

Telle autre (Peggy Sastre) est navrée de voir cette « libertaire » s’égarer. Mais chère Peggy, Iacub n’est pas et n’a jamais été « libertaire ». Le supposer est une insulte à tous/toutes les libertaires de la planète. Iacub est une libertarienne, et j’ai l’habitude de répéter (pas assez semble-t-il !) que le point commun entre « libertaire » et « libertarien », c’est rien.

Les libertariens voient de la liberté individuelle là où la marchandise et les lois de l’offre et de la demande règnent en maître. Exemple parfait : la prostitution.

Un autre dont je ne saisis pas la réaction, c’est DSK lui-même.

Vous me direz que puisque dans cette affaire tout le monde ment à tout le monde — et d’abord au public — nous apprendrons peut-être un jour que Iacub et son objet d’étude continuent à s’envoyer en l’air et ont concocté de conserve ce magnifique plan com’ (enfoncé, Bruce !).

Mais si l’on s’en tient un instant aux apparences présentes, DSK est fâché. Le pauvret se sent trahi. Comme il a tort ! Comme il est sottement aveuglé par le ressentiment !

Parce qu’en gros (porc), à part Mme Iacub et un (très petit j’espère) nombre de femmes, sans compter certains mâles qui n’osent pas trop la ramener, une bonne partie de la population considère précisément DSK comme ce qu’il est convenu d’appeler « un gros porc ».

Et l’on voit s’avancer Mme Iacub, qui affirme, coup de génie du marketing paradoxal :

1) « Oui, c’est un porc, et — j’y ai goûté —c’est ce qu’il a de meilleur ! » (Ici, haussement de sourcil intéressé des mâles).

2) « Oui, c’est un porc, mais il y a des femmes qui aiment ça (celles qui aiment le sexe et la vie). » (Soupir de soulagement des mâles)

2) Oui, c’est un porc, mais il y a pire que cet homme-porc : moi-femme.

Cerise sur le gâteux, la démarche de Iacub transforme DSK en victime quasi-sympathique, en tant que victime trahie d’abord, et même en tant que coïteur compulsif. Ne baise-t-il pas, nous dit-on, indistinctement des belles et des laides ? J’ai même vu passer la notion de « communisme sexuel »…

Un tour de force !

Certes aussi, un mauvais tour joué à la cause des femmes et de l’égalité.

Mais qu’importe, puisque Messieurs les porcs nous assurent que cela produit de l’excellente « littérature »…

Capture d’écran 2014-11-09 à 10.55.27

[1] Une amie me fait remarquer que cette phrase peut laisser entendre que j’émets une appréciation esthétique sur l’auteure de Belle et bête. Or le titre choisi par Mme Iacub ne la désigne pas tant comme étant « belle », au sens de « jolie », que comme incarnant l’humanité, en face de DSK, qu’elle désigne comme animal : un porc. C’est en cela que ce titre est d’une grotesque prétention.