Correspondance avec Jean-Pierre Duteuil à propos de «Vaisselle sale en famille»

J’ai reçu, ce matin 9 décembre, de Jean-Pierre Duteuil, militant à l’OCL, le courriel ci-dessous, rédigé, si je comprends bien, avant le déménagement de mes textes, depuis le site vers ce blogue.

Il s’agit d’une réaction au texte intitulé «Vaisselle sale en famille», lisible sur ce blogue.

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Courriel de Jean-Pierre Duteuil

Salut,

N’ayant ni la fibre épistolaire ni le goût des textes bien torchés je te livre un premier jet tel qu’il m’est venu.
Un ami bien intentionné m’a mis en lien ta version restaurée de « vaisselle sale en famille » et les bras m’en sont tombés d’y voir en illustration ma photo et mon nom. Ceci d’autant plus qu’il n’y a pas si longtemps, au moment ou la mammatérielle te faisait chicane, des féministes faisaient circuler des invites à afficher dans les lieux militants et sur la toile les photos de prétendus violeur. Il m’avait semblé que cela te révoltait, comme moi.
Concernant l’« affaire » de la Passerelle je n’avais jamais entendu dire dans la bouche du camarade incriminé qu’il s’agissait d’un lieu militant, mais plutôt d’un projet personnel qu’il caressait depuis longtemps. Mais en admettant qu’il s’agisse d’un lieu, d’un projet, militant, alternatif ou autre, je sais très bien que cela se termine presque toujours par des embrouilles, qu’il s’agisse d’un bar, d’une imprimerie, ou d’une laverie automatique. Il finit la plupart du temps de s’y jouer une lutte des classes dans un bocal menée, des deux côtés, par des gens n’ayant plus guère d’espace pour y participer en vrai. S’il fallait s’en occuper, trancher, dénoncer, balayer, on n’aurait pas fini et cela ne m’intéresse pas.
Tu ajoutais dans le premier texte que les deux personnes étaient bien connus des milieux anarchistes pour avoir milité à l’OCL. Une petite perversion comme ça en passant pour régler gratuitement quelques comptes sans doute… La mise au point il y a quelques années, avait été nette, l’OCL n’avait jamais été impliquée dans le projet ni dans sa réalisation.
Et puis, dans la deuxième annexe tu remets le couvert. Quelle mouche te pique de jouer ainsi les lonesome cowboy dont la mission est de prévenir les autres de l’ignominie d’un personnage et, du coup, d’une organisation « pas regardante sur son recrutement ». Pourquoi ma photo aux côtés de l’« infâme » ? Pour suggérer que je suis le recruteur pas regardant ? (c’est plutôt rigolo car si l’un des deux a recruté l’autre c’est historiquement lui !) ? Pour mettre en garde le « milieu » contre l’OCL et contre moi (petit milieu très parisien soit dit en passant et que je ne fréquente guère !) ? Qu’est-ce qui te prend de jouer au jeu très prisé, dans le milieu parisien justement, du « qui fréquente qui ? » si prisé des « conspis » « anti-conspis ».
Occupe-toi donc de tes fesses, tu fais ça très bien, continue dans cette voie.
Décidément tu vieillis mal !

Jean-Pierre Duteuil (début novembre 2014)

je viens juste de trouver le moyen de te l’envoyer

Capture d’écran 2014-11-09 à 10.52.38

Ma réponse, ici publiée.

Jouons à « armes égales » : je réponds moi aussi rapidement.

Jean-Pierre Duteuil met le signe égal entre publier (éventuellement) des photos de violeurs présumés et ma propre démarche.

Je publie un document, la lettre envoyé aux escrocs de La Passerelle. Elle m’appartient, c’est mon droit.

Je mets en regard une capture d’écran d’un documentaire diffusée à la télévision et visible sur le Net.

Pas de photo volée, ici. Ça n’est pas moi qui ait décidé de parader dans un documentaire sur les luttes radicales.

Pas de ma faute non plus si Jean-Pierre Duteuil s’affiche aux côtés d’un escroc.

Je ne suis pas révolté par les luttes des femmes contre des violeurs.

Je suis indigné par des dénonciations anonymes et ne reposant sur rien, comme celles qui m’ont visé avant que le ou les dénonciateurs se dégonflent, en reconnaissant publiquement (et pour cause !) que leur bluff ne reposait sur rien.

Aucun rapport.

La Passerelle a bel et bien été présenté par ses animateurs comme un lieu militant, aux militants eux-mêmes, à moi, aux autres associé(e)s, aux clients fidèles, bref à tout le monde.

Je vois que Jean-Pierre me rejoins sur le destin fatal des entreprises (au sens Medef) « libertaires ».

« S’il fallait s’en occuper, trancher, dénoncer, balayer, on n’aurait pas fini et cela ne m’intéresse pas », écrit-il.

Je n’ai pas eu le choix de m’y « intéresser » ou non, puisque j’ai fait partie des gens, directement et financièrement associés au projet, auxquels on a menti (et très accessoirement dont on a fait travailler l’argent en banque pour servir des « projets personnels », dont on ne leur avait pas parlé et dont ils n’avaient que faire).

Je n’ai jamais dit ou écrit que l’OCL était impliquée dans le projet de La Passerelle.

Je n’arrive pas à déduire, à la lecture du courriel, si Jean-Pierre prétend démentir que les deux patrons aient été militants à l’OCL ?…

Je n’ai aucun «compte à régler» avec l’OCL.

« Pourquoi ma photo aux côtés de l’“infâme” », demande Jean-Pierre.

Parce qu’elle a été diffusée — je le répète — avec son assentiment, dans un documentaire télévisée et toujours visible sur le Net.

Je ne joue pas à « qui fréquente qui ? », je me suis contenté de regarder et de citer un documentaire. Il ne s’agit pas d’un photomontage et on cite un document vidéo exactement comme on cite un texte.

Malheureusement, rien dans le courriel de Jean-Pierre — et encore moins dans leur prestation commune télévisée — n’indique qu’il considère que le comportement de Jeff est contradictoire avec la qualité de militant anarchiste.

Je parle certes de principes libertaire, mais à partir d’une expérience que j’ai vécue, de la manière dont on a utilisé mon argent, dont on a utilisé ma signature. Bref dont on s’est foutu de ma gueule (parmi bien d’autres).

Ce faisant, j’ai suivi à la lettre le gracieux conseil de Jean-Pierre : je m’occupe (aussi) de mes fesses.

Je ne peux qu’approuver Jean-Pierre sur un point : sa conclusion.

En effet, je vieillis.

Et les gens comme Jeff et la rocambolesque arnaque militante où ils m’ont embarqué y ont contribué.

Et plus encore peut-être les crétins (des deux sexes) à qui il faut expliquer que non, on n’est pas d’abord anarchiste et ensuite on peut faire n’importe quoi et on reste un(e) camarade pour la vie, mais que la qualité d’anarchiste se déduit d’un comportement.

Mentir à des gogos, escroquer des camarades, jouer sur la corde politique pour se faire du blé, me paraît contradictoire avec cette qualité.

Qu’on puisse penser le contraire ou s’en foutre comme d’un détail sans importance n’a pas fini de me mettre en rage. Dans une rage telle, concernant la Passerelle, que les gens qui l’on suscitée, avec un aplomb et un cynisme remarquable, peuvent s’estimer heureux  de n’avoir à subir que des mots.

 

Donc, je « balaye », comme tu dis Jean-Pierre.

Dommage que tu n’en fasses pas autant, devant ta porte.