En tombant, même arraché par une grenade assourdissante, un œil fait moins de bruit qu’une vitrine de banque (février 2014)

Écoutez les bruits du monde…

Les ministres comptent les vitrines et font de la géopolitique à propos des blocs-noirs internationaux.

À Nantes, Quentin, 29 ans, a perdu l’œil gauche, du fait du tir tendu d’une grenade assourdissante [voir rectification et précisions ci-après].

Grenades et réacteurs d’avion, ce monde produit des bruits qui lui ressemblent.

L’aéroport de NDD est une utopie technocratique qui n’a pas lieu d’être.

La résistance qu’il suscite, les solidarités concrètes qui la fédèrent et l’expriment, sont une utopie concrète. Il s’y mêle de la douleur et du sang, comme dans toute naissance.

Dominé(e)s, exploité(e)s, surveillé(e)s, tabassé(e)s, expulsé(e)s, estropié(e)s, violé(e)s, malades, méprisé(e)s, humilié(e)s, toutes et tous nous portons dans notre chair les stigmates de la violence du système.

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Photos E. B-C (sauf la première en partant du haut), prises à Nantes, le 22 mai 2014 .

 

Précisions tirées d’un article du site Médiapart (26 février 2014):
«Quentin Torselli, qui se définit comme un « “citoyen, pas spécialement militant”, a d’abord pensé à une grenade assourdissante “à cause du bruit”. “Je me rappelle d’un grand bruit et d’un grand choc, qui correspond en fait sans doute à l’éclatement de mon œil, indique-t-il. Un médecin m’a dit que les lésions correspondent à un tir de Flashball et on n’a pas retrouvé d’éclats de grenade”.»