DIFFAMATION PUBLIQUE SUR INDYMEDIA, SOUS COUVERT DE CRITIQUE FÉMINISTE — CENSURE ET MACHISME DE CE MÉDIA (avril-mai 2013)

Gueule rougeJe regroupe ci-dessous trois articles successifs publiés sur mon ancien site à propos d’une diffamation anonyme publiée sur Indymedia Paris. Le/la ou les auteurs — toujours anonymes — de cette diffamation se sont assez vite et publiquement rétractés.

Par contre, les misérables crétins d’Indymédia Paris refusèrent et d’appliquer les consignes des diffamateurs repentis et de s’excuser. Pire, ils affirmèrent hautement leur mépris pour quelqu’un (moi) qui réagissait si vivement « à la première petite critique ». En l’espèce : « harcèlement sexuel » !

On voit entre quelles mains se trouvait la contre-information à Paris.

Indymedia Paris a aujourd’hui disparu, avantageusement remplacé par Paris-luttes.infos (voir lien dans la colonne de droite).

Deux bonnes nouvelles.

Le premier texte ci-dessous a été publié en ligne le 28 avril 2013. À noter: rien n’indique — malgré le pseudonyme employé — que mon diffamateur anonyme soit du genre féminin.

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Il y a un moment que j’avais l’intention d’ouvrir une rubrique « Fan Club » sur ce site. Tout le monde sait — c’est une façon de parler ! — que je me suis fait éclater le foie par un flic en civil en 1996 ou que le livre Suicide, mode d’emploi est interdit de facto depuis 1995. Mais certaines amabilités, au détour d’un forum Internet ou dans un ouvrage obscur, échappent probablement à la majorité de mes lectrices et lecteurs. Tel personnage me traite de violeur d’enfants (en série), tel autre d’assassin (en série aussi !), tel autre d’antisémite — oh ! je suppose que oui : aussi. Bien entendu, plus j’écris sur les droit des enfants (notre premier livre avec Yves Le Bonniec), plus je revendique le droit pour chacun(e) de décider de l’heure et du moyen de sa mort, plus je dénonce les provocations antisémites d’un Dieudonné, et plus de telles « révélations » ont de l’intérêt pour les crétins et les salauds qui les font. Presque toujours sous couvert de l’anonymat.

À toute corvée, ménagère ou rédactionnelle, il faut ce que l’on appelle un « déclencheur ». Le rôle du déclencheur est ici tenu par une dénonciatrice qui signe un texte sur le site Indymedia Nantes sous le pseudonyme — on n’est jamais trop prudent(e) — de « lamamaterielle ».

Le texte critique, avec plus ou moins de bienveillance, deux articles récemment publiés sur le féminisme et les Femen, l’un dans Courant alternatif (journal de l’Organisation communiste libertaire, sous la plume de Vanina [impossible ce jour d’établir une connexion , donc de créer un lien vers CA]), l’autre dans Le Monde diplomatique (sous la plume de Mona Chollet).

La rédactrice anonyme reproche, entre autres, aux deux auteures des articles d’avoir également cité positivement des passages de mes propres textes.

Or, l’anonyme le révèle aux deux gourdes abusées — et au passage, nous le verrons, à Corinne Monnet, militante féministe lyonnaise, qui m’avait demandé l’autorisation de reproduire un extrait des 42 bonnes raisons dans le recueil Au-delà du personnel [1] :

« Pas mal de monde tient Claude Guillon pour un harceleur de jeunes femmes, et cela depuis des années. Il n’est pas rare dans les cercles soucieux de féminismes de voir Claude Guillon comparé à une sorte de Weltzer Lang inconnu en quelque sorte. »

Admirez la précision quasi chirurgical des éléments matériels. Voilà ce que j’appelle un dossier bien ficelé : « Pas mal de monde », « depuis des années », « il n’est pas rare »…

L’expression « un Welzer-Lang inconnu » mérite une explication. Le personnage, autoproclamé « proféministe » (sur ce point voir ce texte critique), a été accusé par plusieurs étudiantes de harcèlement. J’ignore quelle suite a été donnée à ces plaintes, portées à l’intérieur de l’université et non, à ma connaissance, devant la Justice. Welzer-Lang a lui-même porté plainte contre des organisations féministes : il a perdu son procès.

M’associer à ce personnage, qui me déteste et a été à l’origine de l’annulation d’un débat que l’on m’avait demandé d’animer, il y a de cela bien des années, à la librairie lyonnaise La Gryffe, laisse entendre que la révélation de mes turpitudes n’est qu’une question de temps.

Il y a d’ailleurs une part de vérité dans cette manière de voir les choses. C’est avec le temps, et l’écho croissant rencontré par certains de mes textes que la calomnie devient médiatiquement « rentable » (les médias en question peuvent se résumer à « radio bruits de chiottes », cela ne change rien).

Ici les prétendues imputations diffamatoires, ressassées par « pas mal de monde », « depuis des années », sont manifestement indexées sur la visibilité de mes textes récents concernant la domination masculine et le féminisme, tant à propos de la nudité publique et des Femen que des pseudo « besoins sexuels masculins » (entre 4 000 et 7 000 consultations, selon les articles) et la visibilité de rebond qu’elle donne à mon livre Je Chante le corps critique (chacun des chapitres du livre a été consulté plus de 15 000 fois sur mon ancien site).

Le fait que Mona Chollet (que je n’ai jamais rencontrée) et Vanina (que je connais comme une camarade) se sont fait l’écho de mon travail dans leurs propres articles, a probablement suggéré à notre anonyme délatrice l’urgence de dessiller les yeux du pauv’ monde : Guillon fait tout le contraire de ce qu’il écrit ! Plus il a l’air « féministe », plus il abuse de la crédulité populaire en générale, et féminine en particulier.

On peut prévoir que les choses ne vont pas aller en s’améliorant, puisque mon travail sur les clubs de femmes pendant la Révolution occupe aujourd’hui l’essentiel de mon temps et m’a amené à ouvrir un nouveau blog intitulé « La Révolution et nous »…

Je n’ignore pas que certaines militantes féministes sont excédées du fait qu’un individu du genre masculin prenne la parole sur ces questions. Je n’ai pas d’opinion là-dessus. Je n’en tiens pas compte. Je ne me prétend ni « proféministe » (avec Welzer-Lang ? Non merci !) ni féministe, même si d’autres féministes admettent (en histoire notamment) le concept d’ « hommes féministes ».

On peut me taper dessus ou interdire mes livres ; personne n’a encore réussi à m’empêcher de prendre la parole sur un sujet que j’ai choisi. Tout autre chose, évidemment, est la critique, pertinente ou non, de mes textes. Ma dénonciatrice tente (voir document ci-après) une critique du Siège de l’âme. Je la récuse du point de vue politique et philosophique, mais sa légitimité de principe est indiscutable.

Ici, il me faut préciser un point capital. User du terme « harceleur », en laissant entendre que l’on dispose d’un « dossier de victimes », qui ne sont probablement retenues de se plaindre au grand jour que par la terreur que je leur inspire ou les difficultés d’obtenir l’aide judiciaire, n’est pas du tout équivalent à parler d’un « dragueur », d’un « don Juan », d’un « lourdingue » ou je ne sais quelles expressions, éventuellement insultantes, mais relevant de l’appréciation subjective.

Le harcèlement sexuel a une définition légale, que le législateur a tenu à repréciser en 2012 (le harcèlement moral s’entend surtout dans une relation habituelle de travail ; ils peuvent se combiner). Je l’emprunte à l’article de Laurie Schenique sur Codes-et-lois.fr (adresse rectifiée).

« La  loi du 6 aout 2012 propose ainsi une double définition du harcèlement sexuel :

“Le harcèlement sexuel est le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou agissements à connotation sexuelle qui, soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son égard une situation intimidante, hostile ou offensante”. Par ailleurs, “est assimilé au harcèlement sexuel le fait, même non répété, d’user de toute forme de pression grave, dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l’auteur des faits ou au profit d’un tiers”. Le nouveau texte se veut donc plus clair et précis. En effet, là ou l’ancien article 222-33 du code pénal ne distinguait pas, le nouveau distingue. Désormais, chacun saura ce qui constitue, ou non, une pratique de harcèlement sexuel.

« L’ancien texte prévoyait que le fait de harceler autrui “en donnant des ordres, proférant des menaces, imposant des contraintes ou exerçant des pressions graves  dans le but d’obtenir des faveurs sexuelles” suffisait à caractériser les éléments constitutifs du harcèlement. Or, cette définition ne pouvait suffire, car trop large et imprécise. Le texte nouveau définit clairement le délit de harcèlement sexuel et distingue deux situations “types” dans lesquelles le harcèlement peut être reconnu : dans l’unicité de faits ou dans la répétition. Le texte ne fait également plus référence à l’obligation d’une autorité détenue par l’auteur, telle que l’imposait l’article 222-33 ancien (qui prévoyait que le harcèlement sexuel devait être réalisé par “une personne abusant de l’autorité que lui confère ses fonctions”). Cette suppression permet au législateur d’élargir le champ d’application du harcèlement sexuel qui ne nécessite aujourd’hui plus un lien de subordination entre les protagonistes : tous les types de harcèlement sexuel sont ainsi pris en compte, qu’ils aient lieu en privé ou dans le cadre professionnel.

« Dans un souci de renforcement des droits des victimes et d’efficacité de la réponse pénale, la loi prévoit des peines alourdies à l’encontre de l’auteur d’un harcèlement sexuel : lorsque l’ancien texte prévoyait une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende, le nouveau porte l’emprisonnement à deux ans et la sanction pécuniaire à 30 000 euros. Cette peine est portée à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros lorsque le délit est aggravé : en cas  d’abus d’autorité, de minorité ou de particulière vulnérabilité de la victime – celle-ci pouvant résulter de la précarité de sa situation économique ou sociale – ou encore de commission de l’infraction par plusieurs personnes (c. pén., art. 222-33, III nouv.). »

Cette définition permet de conclure que l’affirmation de l’anonyme procureure sur ma prétendue réputation de harceleur épuise la définition d’un autre délit : la diffamation publique.

En bonne logique, une accusation formulée délibérément dans le vocabulaire du droit bourgeois devrait entraîner une plainte pour diffamation. Le problème ne réside pas dans l’anonymat de la diffamatrice, qui résisterait sans doute mal à une enquête, mais dans la hiérarchie des responsabilités instituée par la loi sur la presse. Se trouve en première ligne le responsable éditorial (du journal, du site Internet…), ici donc le ou les responsables légaux d’Indymedia Nantes (ou d’autres sur lesquels le texte serait posté). Ayant témoigné en défense lors d’un procès intenté à Indymedia Paris, je me vois mal faire condamner Indymedia Nantes (même si ses responsables — ou tel(le) d’entre eux, je sais ce que c’est d’assurer la maintenance bénévole d’un site — se montraient assez sots et désinvoltes pour valider et donc endosser définitivement le texte en question).

Que faire ? Attendre ? Mais qui ou quoi ? Il n’y aura jamais — et pour cause ! — de plainte contre moi pour harcèlement. Je ne peux tout de même pas promettre une récompense ! Par ailleurs, rien n’est plus difficile que de se défendre contre une accusation portée par personne et reposant sur rien : quelle « harcelée » ? quand ? où ?

De ces intentions à la fois criminelles — le mot n’est pas trop fort à mes yeux, s’agissant de me dénoncer publiquement comme un dangereux prédateur de femmes, et précisément après qu’un harceleur bien réel de jeunes gens ait été chassé manu militari des milieux radicaux parisiens, fait rendu public sur les médias de contre-information — et ridicules, de ces fantasmes en un mot, je ne peux traiter que sous la seule forme tangible qu’elles prennent ici : l’analyse de l’un de mes textes.

En effet, ma diffamatrice s’appuie notamment sur un passage de mon livre 42 bonnes raisons pour les femmes de m’éviter, reproduit dans Au-delà du personnel : « J’ai jamais pigé comment Claude Guillon peut dire sans provoquer plus de réactions dans le livre Au-delà du personnel (Ateliers de Création Libertaire, 1996) qu’il ne s’est pas fait vasectomiser pour être aux côtés d’une copine qui désirerait avorter (…) et que s’il avait sût ça, il ne serait pas venu à un week-end (annoncé pour lui comme une tranche de “baise”, au départ) avec cette copine. »

La manière dont notre censeuse rend compte de ce paragraphe de mon texte est d’autant plus éclairant qu’elle le reproduit elle-même, comme preuve, à la fin de son texte. On lira l’intégralité de la vingt et unième raison ci-dessous (l’intégralité du texte du livre se trouve(ra) sur ce blog) ainsi que les passages du texte me concernant dans l’article d’Indymedia Nantes.

Je me borne à reproduire immédiatement la première phrase de la « 21e raison » citée : « J’avais rejoint Édith au Puy pour y passer avec elle l’été 79. »

Qu’en retient ma dénonciatrice ? (c’est moi qui souligne)

« S’il avait sût ça, [la grossesse de mon amie] il ne serait pas venu à un week-end (annoncé pour lui comme une tranche de “baise”, au départ) avec cette copine. »

Observez le travail fantasmatique — et inconscient, puisque la rédactrice reproduit elle-même les mots dont elle déforme le sens — opéré sur un texte ne présentant pas de difficultés de compréhension.

« Passer l’été avec elle », projet amoureux assez simple et pour tout dire banal doit être réduit (au sens Jivaro) à « un week-end ». Lequel week-end serait, par moi, « annoncé comme une tranche de “baise” ». Ne cherchez pas un mot dans mon texte qui puisse étayer ce délire : il est tout entier dans la tête de ma diffamatrice. Son inconscient lui suggère de truquer mon texte de manière à me faire passer pour un baiseur cynique, furieux de voir son week-end « de baise » bousillé pour les problèmes d’avortement d’une maladroite. Et en effet, quel salaud je fais… dans les rêves de cette malheureuse !

S’il ne fait que confirmer ce que tout le monde sait sur la fragilité du témoignage et la puissance de l’inconscient, nul doute que ce morceau d’anthologie de la critique littéraire nous en dit beaucoup sur la manière dont peuvent se former — au sens géologique — des ragots haineux concernant ma vie amoureuse.

Je suis conscient qu’en abordant publiquement ma vie dans mes textes (au passage, les 42 Bonnes raisons datent d’il y a vingt ans…), en proposant des réflexions critiques sur les rapports sociaux entre les genres, sur la dite sexualité masculine, aujourd’hui sur l’histoire des femmes, je me suis exposé et je m’expose encore — beaucoup plus que par une vie amoureuse réelle qui serait jugée scandaleuse — aux faux bruits, aux fantasmes et aux contresens. C’est un « prix à payer » inévitable.

On peut me juger détestable et me détester. Je m’en moque. Il y a une limite : elle vient d’être dépassée. Laisser entendre que j’ai usé à l’égard de quelque femme que ce soit (jeune ou moins jeune) de violence physique ou morale et de procédés « dégradants ou humiliants » est à mes yeux le comble de la lâcheté et de la dégueulasserie. Je me réserve d’user de tous procédés, y compris les plus violents, à l’encontre de quiconque s’associe, en privé ou en public, à une telle diffamation.

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DOCUMENTS

Passages du texte de « lamamaterielle »

« Dans l’article sur Femen, un “communiste libertaire” à savoir Claude Guillon, est à plusieurs reprises cité en recours à l’argumentaire à l’encontre de ces nouvelles féministes. En parallèle de Mona Chollet, certes. Je suis plutôt d’accord en général avec Mona Chollet.

Par contre, pas mal de monde tient Claude Guillon pour un harceleur de jeunes femmes, et cela depuis des années. Il n’est pas rare dans les cercles soucieux de féminismes de voir Claude Guillon comparé à une sorte de Weltzer Lang inconnu en quelque sorte.

Donc même si les propos sont de Claude Guillon parfois intéressants, ses propos ne sont pas au plus haut dans mon estime. Et attention, je distingue très bien la critique de l’adultisme, des mecs pervers qui se drapent dans l’amour libre pour harceler les jeunes filles (ou les jeunes mecs).

Mais j’ai jamais pigé comment Claude Guillon peut dire sans provoquer plus de réactions dans le livre Au-delà du personnel (Ateliers de Création Libertaire, 1996) qu’il ne s’est pas fait vasectomiser pour être aux côtés d’une copine qui désirerait avorter ( … ) et que s’il avait sût ça, il ne serait pas venu à un week-end (annoncé pour lui comme une tranche de « baise », au départ) avec cette copine.

Personnellement, je trouve nombre d’analyses de Claude Guillon par exemple sur la sodomie (Le Siège de l’âme, éloge de la sodomie, Zulma, 1999) tout à fait empreintes de domination, d’une sorte de sexualité impérialiste et somme toute franchement dominatrices, virilistes et dénigrantes en termes de genres. Et je ne peux que constater que dans Courant Alternatif, les ressentions sur les propos de Claude Guillon, ne soulèvent pas – sauf erreur – ces points qui me paraissent tout à fait flagrants.

[À propos d’Au-delà du personnel] Au-delà des affirmations très personnelles de Claude Guillon, cet ouvrage contient une palette fort éclairante de témoignages et d’avis. L’un des passages édifiants de Claude Guillon se trouve page 257 : « J’avais rejoint Édith au Puy pour y passer avec elle l’été 79. Lorsque je la revis nue, je trouvai à sa poitrine un volume inhabituel. Craignant – non sans raison – que je renonce à mon voyage, elle s’était abstenue de me prévenir qu’elle était enceinte ».

 

La 21 ème « bonne raison »

J’avais rejoint Édith au Puy pour y passer avec elle l’été 79. Lorsque je la revis nue, je trouvai à sa poitrine un volume inhabituel. Craignant — non sans raison — que je renonce à mon voyage, elle s’était abstenue de me prévenir qu’elle était enceinte. Le rendez-vous pour l’avortement était fixé à quelques jours de là.

Rien n’aurait pu me navrer ni m’humilier davantage que d’avoir à assumer la muflerie d’un crétin et l’inconséquence d’une amante. Certes, ma vasectomie ne réglait pas son propre problème de contraception; tout de même, je ne m’étais pas fait ouvrir les couilles au scalpel pour accompagner mes amies dans les services d’IVG des hôpitaux, pendant que les pères putatifs se baguenaudaient.

Je me suis battu pour le droit à la contraception et à l’avortement sans condition. La législation française actuelle, relativement libérale, est remise en cause chaque jour — dans l’esprit et dans la lettre — par la pratique médicale hospitalière (je pense à Inès, avortée à l’hôpital en 1993, sans anesthésie). Elle le sera tôt ou tard au parlement, et tout sera à recommencer. je ne vois là aucune raison de taire la vérité: si l’avortement n’est pas un « assassinat », c’est à coup sûr un malheur, un moindre malheur peut-être, certainement pas une formalité hygiénique. Je trouve à ce propos dans le Manifeste pour une mort douce de Jaccard et Thévoz l’affirmation suivante: « Aujourd’hui, l’avortement est devenu aussi banal et inoffensif pour les adolescentes qu’un goûter dans un salon de thé à la mode. » Dérisoires salauds ! Même pour les fillettes de riches que Jaccard se flattait de lever à la piscine Deligny, cela n’a jamais été vrai.

Mais reportons-nous au Puy-en-Velay, pour y admirer l’effet d’une merveilleuse télépathie des organes. Édith avortée, je fus affligé d’une sévère grippe intestinale. Faut-il incriminer les effets à long terme d’un traitement antibiotique maladroit ou bien mon ventre porte-t-il le deuil rageur de cet enfant non-voulu ? Toujours est-il que j’éprouve, depuis, la plus grande difficulté à digérer certaines choses. La nourriture en particulier, et en général l’existence.

Mon image de dandy — libertaire et libertin — est assez forte, je pense, pour que je puisse sans risque confesser me coucher deux cent soixante-dix soirs par an avec une bouillotte sur le ventre, sans même parler des centaines d’hectolitres de Lactéol du Dr Boucard que j’ai absorbés en quinze ans. On croira que je plaisante…

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MACHISME, BEAUFITUDE ET DIFFAMATION SUR INDYMEDIA (SUITE)

(1er mai 2013)

Une tierce personne a posté le texte que j’ai publié ici-même (à propos de la diffamation dont j’ai été l’objet) sur le site Indymedia Paris. Sans en vouloir le moins du monde à la personne bien intentionnée qui a cru bon de le faire, je dois dire que je ne l’aurais pas fait moi-même. Dans un média militant, le fait de publier des accusations aussi graves, anonymes et — évidemment ! — sans la moindre preuve, est trop grave pour pouvoir être « compensé » par la seule juxtaposition d’un démenti.

Le problème n’est pas que j’aurais à me « défendre » d’être coupable de harcèlements sexuels, le problème est de comprendre comment des gens qui se prétendent « militants » peuvent se conduire de manière aussi irresponsable et répugnante[2]. La publication de mon texte sur Indymedia Paris aura au moins eu le mérite de fournir un élément de réponse en déclenchant une réaction de l’équipe d’Indymedia Paris.

Mon texte apparaît (encore ce 1er mai 2013 à 10h) avec le commentaire suivant :

« Article refusé ! Son contenu n’est pas en accord avec la charte de ce site [sic].

« Menaces de violences à l’égard de militant-e-s, ceci n’est pas un droit de réponse et est contraire à notre charte. Et puis qu’est-ce que c’est que ce pseudo-situ qui nous sort qui nous sort [sic] son Dalloz à la première petite critique ? »

Je publie une capture d’écran pour que l’on ne puisse pas m’accuser d’inventer des ordures pour salir des adversaires.

Bandeau_Indy_Site

Ainsi la diffamation anonyme n’est nullement contraire à la « charte » d’Indymedia. Nous en prenons bonne note. Mais ses animateurs ne devront pas se plaindre la prochaine fois que ce non-principe les conduira devant les tribunaux (et pas non plus venir me chercher pour témoigner en leur faveur !).

Mais faites entendre à ces gens, même en imagination, le bruit d’un crâne qui se fend sous la barre de fer, et les voilà miraculeusement dotés de principes moraux, d’une déontologie, et qui sait ? peut-être même d’une sensibilité…

Je passe sur l’étiquette « pseudo-situ », dépourvue de toute espèce de sens à mon propos. Indymedia copie Wikipedia, la bêtise entretient l’ignorance, et les vaches sont bien gardées.

Je passe encore sur l’insinuation particulièrement bouffonne selon laquelle ma réaction tiendrait au fait que… je n’ai pas l’habitude d’être attaqué !

Le morceau de choix de cette courte justification de refus tient évidement dans la formule qui restera dans les mémoires comme un exemple parfait de machisme spontané. Ces gens osent qualifier l’insinuation de harcèlement sexuel à l’encontre de jeunes femmes de PETITE CRITIQUE !…

Nous nous trouvons donc cernés par deux catégories de dangereux crétins, dont on voit qu’ils peuvent faire alliance… ou être les mêmes !

1) Ceux qui publient n’importe quoi : « Il a tué sa mère pour toucher l’héritage ?! Grave ! Je publie ! »… « Deux bébés ? Chaque matin, au petit déjeuner ! Trop grave ! Je publie ! », etc.

2) Les militants beaufs, qu’il suffit d’inquiéter un peu pour que jaillisse leur épaisse sottise machiste : « Oh l’autre ! On lui fait une toute petite critique de rien du tout [harcèlement sexuel chronique] et tout de suite il monte sur ses grands chevaux ! » Tout ce bruit pour quelques femmes qui auraient été harcelées ! Ah là là ! Y’en a qui sont susceptibles quand même[3] !

Je précise à nouveau, parce qu’il faut manifestement répéter les choses les plus simples, qu’il n’y a aucun rapport entre la diffamation (accuser faussement quelqu’un de la commission d’un délit ou d’un crime) et la critique, d’un texte ou d’un comportement.

Voilà où nous en sommes. Dans un média supposé permettre la contre-information (ajoutez-y Bellacio, et la liste n’est peut-être pas close) et non pratiquer la délation contre des militants, la désinformation et l’insulte aux femmes.

On voit quel est le niveau politique et moral de ces gens.

En comparaison, le Dalloz prend les couleurs d’une rafraîchissante utopie libertaire…

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« EXCUSES PUBLIQUES » DES AUTEUR(E)S DU TEXTE DIFFAMATOIRE À MON ÉGARD

(2 mai 2013)

J’ai reçu ce jeudi 2 mai 2013 le mail que je publie ci-dessous. J’ai vérifié que le site Indymedia Nantes a effectivement effacé le passage indiqué. J’ai répondu au collectif d’auteur(e)s du texte, puisqu’il se définit ainsi dans un commentaire sur Indymedia Nantes et non comme un(e) individu(e), que je prenais acte de leur message et qu’il leur restait à le faire connaître et appliquer aux autres sites qui ont diffusé leur texte diffamatoire (Indymedia Paris et Bellacio, sous réserve d’autres, inconnus de moi)(*).

Étant donné le mode de publication des commentaires sur Indymedia Nantes (sans parler même des autres supports, où l’article figure inchangé à l’heure où j’écris ces lignes), le communiqué d’excuses apparaît en bas de page et ne constitue pas un nouveau « titre ». Autrement dit, la nouvelle échappera certainement à bon nombre de lectrices et de lecteurs du texte initial…

Calomniez…

À la date du 5 mai, les « modérateurs » d’Indymedia Paris avaient bien publié, dans les commentaires, le communiqué de « lamamaterielle », MAIS NON ACCÉDÉ À LEUR DEMANDE DE SUPPRIMER LE PASSAGE DIFFAMATOIRE, DONT INDYMEDIA PARIS ASSUME DONC SEUL LA DIFFUSION PROLONGÉE.

« EXCUSES PUBLIQUES A CLAUDE GUILLON – RETRAIT DU PASSAGE ESTIME DIFFAMANT

Jenny VonMarx lamamaterielle@gmail.com 07:26 (Il y a 4 heures) à claude guillon,

nous avons lu à nouveau votre réponse et avons fait retirer de l’article « LA femme.. » la partie qui concerne le harcellement. A savoir de « Par contre, pas mal de monde …  » à « …harceler les jeunes filles (ou les jeunes mecs). »

en effet, nous ne disposons pas d’un « dossier de victimes » comme vous le dites, de sorte que le passage est sans fondements matérialistes.

nous reconnaissons ce fait et vous présentons publiquement nos excuses.

A la demande des auteur-e-s, IMC Nantes a retiré le passage demandé.

lamamaterielle »

Excuses publiques

Deuxième message reçu des mêmes auteurs

« Jenny VonMarx 12:28 à claude guillon,

merci pour votre réponse.

IMC nantes a déjà édité un post qui reprend le mot que nous vous avons adressé. http://nantes.indymedia.org/article/27549 voilà donc pour « faire connaitre ».

nous requerrons la même chose pour Indymedia Paris, dont l’article doit être caché. nous allons les contacter pour demander la suppression du paragraphe litigieux.

pour Bellacio, sauf erreur ou omission, le lien renvoie vers une « error 404 ». jamais nous n’avons posté quoi que ce soit sur ce site qui doit être un miroir automatisé.

la seule trace à notre connaissance du paragraphe litigieux sera dès lors votre propre site. nous n’avons rien à faire ou désirer à cet égard.

avant de finir, notez s’il vous plaît que plusieures membres de lamamaterielle étaient injoignables entre le 26 avril et hier, de sorte qu’il n’a pas été possible de réagir avant.

PsP pour lamamaterielle »

À toutes fins utiles, je précise que je ne sais pas qui sont les personnes qui utilisent la signature « lamamaterielle ». Aucune ne s’est fait connaître auprès de moi autrement que sous ce pseudonyme collectif ou celui de l’auteur(e) du mail « Jenny VonMarx ». C. G.

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[1] Léo Vidal, codirecteur du volume avec Corinne Monnet, s’est donné la mort en 2007.

[2] Les camarades de l’Organisation communiste libertaire m’ont confirmé avoir refusé de publier sur leur site plusieurs textes de la même délatrice anonyme.

[3] Je confirme ce dernier point !