MÉLENCHON-LA-CENSURE ou le coléoptère et les gants de boxe (2012)

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ean-Luc Mélenchon, ci-devant trostkyste lambertiste, ci-devant socialojospinien, ci-devant quelque chose dans le gouvernement du susdit, est devenu la providence des postaliniens et l’incarnation pasteurisée de l’« insurrection » électorale.

Bien moins intelligent que Robespierre, beaucoup moins bon orateur que Danton, infiniment moins avenant que Camille Desmoulins, M. Mélenchon est sans doute aussi un peu moins sincère que les sans-culottes dont ses partisans arborent la coiffure dans ses meetings.

Mais M. Mélenchon est aussi un militant de la censure. En mai 1992, il interpelait le gouvernement pour s’étonner que la loi de 1987, réprimant la « provocation au suicide » ne soit pas plus rapidement appliquée au livre Suicide, mode d’emploi.

« Cette petite bassesse ne mériterait pas d’être signalée, ai-je écrit dans Le Droit à la mort (IMHO, 2010, p. 214) — il y eut pléthore ! — si le personnage n’avait prétendu se faire, vingt ans plus tard, le champion de toutes les libertés, à la tête d’un parti de gauche authentique. »

Il se trouve, mais M. Mélenchon l’ignore probablement, que la loi de censure de 1987 dont il réclamait l’application contre nous, a réintroduit le suicide dans le code pénal alors qu’il en avait été chassé… par la Révolution !

Censure et esprit d’Ancien régime : les souvenirs de 1789 vont à M. Mélenchon comme des gants de boxe à un coléoptère.

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Question écrite n° 21232 de M. Jean-Luc Mélenchon (Essonne – SOC) publiée dans le Journal officiel (Sénat) du 14/05/1992 – page 1116.

« M. Jean-Luc Mélenchon attire l’attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur les conditions d’application de la loi n° 87-1133 du 31 décembre 1987 donnant à la justice les moyens d’agir contre la provocation au suicide. Il lui demande où en sont les poursuites en cours concernant la réédition au quatrième trimestre 1989, de l’ouvrage Suicide mode d’emploi, toujours diffusé et qui avait été à l’origine de nombreux suicides. »

On peut consulter ici la réponse du garde des sceaux.

Je ne me donne pas la peine de réfuter ici pour la énième fois le phantasme imbécile selon lequel un livre (quel qu’il soit) puisse être « à l’origine » de suicides ; les lectrices et lecteurs intéressés se reporteront au Droit à la mort.