ÉLOGE DE LA ZAD, par des zadophiles de Nantes, Grenoble, Carcassonne…

Encore un texte intéressant à propos (ou à partir) de Sivens et Notre-Dame-des-Capture d’écran 2014-11-16 à 20.04.17Landes — un tract cette fois —, arrivé de « boîte mail » en « boîte mail » jusqu’à mon ordinateur. Je me fais un plaisir de lui offrir ma modeste hospitalité.

Je me suis permis de modifier la mise en page (de la citation d’un autre texte), pour l’adapter à celle de mon blogue. J’écourte aussi la signature pour en faire un sous-titre (elle est complète en bas du texte).

Il va de soi — je réponds ici à une critique que j’ai entendue à propos de la notion de « ZAD » —, que face au capitalisme mondialisée et à sa capacité de destruction, de contrôle et de modification du vivant, c’est la terre entière qui est une « zone à défendre » (sans parler de nos corps, autant de « champs de bataille »). Cependant, d’un point de vue stratégique, la délimitation provisoire — et l’occupation offensive — d’une ZAD dans une zone particulièrement menacée par un projet nuisible (aéroport, barrage, TGV, camp militaire ou de vacances, etc.) est tout à fait pertinente et féconde. Ce n’est ni une panacée ni le seul moyen de lutte, mais c’en est un, dont les rédactrices et rédacteurs du tract ci-dessous soulignent justement l’intérêt.

Note domestique : J’ajoute la mention « INÉDIT », pour signaler qu’il ne s’agit pas là de l’un des textes que je déménage (par centaines) depuis mon ancien site.

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Maintenant que s’éteignent les diverses versions qui voulaient couvrir les raisons du meurtre de Rémi F. par l’État — de l’élaboration du mentir-vrai qui tient lieu de discours officiel à la dissolution des responsabilités par gradation hiérarchique, j’ai obéi, j’ai donné l’ordre d’obéir, on ne doit pas mettre en cause la volonté d’obéir — on ne peut pas s’arrêter à demander, même fermement, des démissions, une police mieux faite, etc.

Ce qui a été visé dans la nuit de Sivens, c’est le scandale que représente l’existence même des ZAD et leur possible dissémination. Les ZAD et leurs partisans ne veulent pas uniquement empêcher un aménagement mais y substituer autre chose et c’est l’audace de ce programme, aussi rudimentaire soit-il, qui commence à perturber les partisans du nihilisme de la croissance. Une ZAD est un territoire où des êtres décident de se passer des institutions pour construire leurs vies. Elle se constitue comme « zone à défendre », mais ses perspectives et sa raison d’être sont en réalité offensives car elle est aussi le lieu pour une opposition résolue au grand saccage de l’aménagement, où peut s’expérimenter des relations humaines hors du cash, de la hiérarchie, de l’utilitarisme économique (écologique), en bref de l’unique pensée des obsessionnels du développement ; le lieu où tente de s’élaborer une utopie à portée de lutte.

« Pour donner corps aux communaux, une assemblée saisonnière ne suffira donc pas, il s’agit de faire communauté. Si nous voulons parvenir à faire coexister les différents usages du territoire, les différents rapports au monde qui se déploient dans ce bocage, il nous faut créer des coutumes, des rites, des solidarités et des habitudes communes. Multiplier les moments de travail en commun, densifier les échanges et les solidarités, les dons et contre-dons qui font l’épaisseur de nos liens. Il faut pour cela construire d’autres espaces, expérimenter d’autres outils, d’autres pratiques, d’autres formes que les assemblées, même si ces dernières sont indispensables par ailleurs. Il nous faut approfondir les rencontres, les passerelles entre les mondes, et les amitiés improbables nées de cette lutte. » (De la ZAD aux communaux ? Quelques pistes à explorer pour aller plus loin…, texte circulant à Notre-Dame-des-Landes).

Sans conteste, ce genre d’idéal pratiqué et érigé en plate-forme commune pourrait cristalliser et fédérer bien des refus, des dégoûts que suscite cette société. Pour en revenir au barrage de Sivens, la mise en commun des 184 retenues d’eau privées, totalisant trois fois la capacité du barrage, accélérerait le démantèlement nécessaire du totalitarisme industriel.

La possibilité d’une multiplication des ZAD est un véritable cauchemar pour la domination et c’est pour cela qu’elle commence à mobiliser ses troupes citoyennes. A Albi la FNSEA organise une manifestation pro­barrage et dénonce les zadistes comme « djihadistes verts » ; à Nantes le lobby du BTP et son émanation associative défilent pour un démarrage immédiat du chantier accusant l’ACIPA et les Verts « d’être la vitrine légale d’un mouvement armé » (sous-entendu les zadistes) ; à Grenoble les milieux économiques coalisés sous l’égide de la Chambre de commerce et d’industrie font passer en force le tourisme sous bulle de verre dans la forêt des Chambarans ; à Carcassonne les productivistes agricoles laissent derrière eux une banderole sur laquelle est écrit « Mort aux loups et aux écolos (les écolos en premier) ».

Nul doute qu’avec le temps ils progresseront, appuyés par tous les représentants de la machine à gouverner, vers une définition plus exacte de ceux qui réellement dérangent. — Nous aussi.

Des zadophiles non fanatiques de Nantes, Grenoble, de Carcassonne, et d’ailleurs

Capture d’écran 2014-11-09 à 10.52.38  deszadophiles@laposte.net

DE QUOI DSK EST-IL LE NON-DIT ? «Qu’est-ce que c’est “dégueulasse”?» (2012)

Gueule rouge

 

« L’affaire DSK aura révélé une bien triste image de l’Amérique » se navrait avec affectation Pascal Bruckner dans une tribune du Monde (24 août 2011). « Punir la France pour l’Irak, pour Roman Polanski, pour les lois sur le voile et le niqab, mettre au pas cette nation récalcitrante qui s’entête dans ses mœurs dissolues, tel est le sens ultime de l’affaire DSK au moment où l’Amérique mord la poussière et cherche des boucs émissaires à son déclin. » Mieux informé, Bruckner eut pu rédiger un article pertinent sur le puritanisme étasunien, mais aussi sur ses évolutions perceptibles (par exemple la déclaration d’inconstitutionnalité frappant les lois dites « anti-sodomie », lesquelles visaient en réalité tous les actes érotiques « stériles ». Voir Le Siège de l’âme.).

Moins de préjugés nationalistes lui eussent évité d’assurer que « seul un pays malade de sa sexualité [comme les États-Unis] peut imaginer de tels sévices [prisonniers entassés nus à Abou Grahib]. » Comme si les tortures sexuelles et les viols commis pendant la guerre d’Algérie par des parachutistes français sur des prisonnières (« indigènes » ou non) relevaient d’une saine virilité gauloise… Ce que bien sûr Bruckner, qui n’a certainement jamais violé personne, ne pense pas. Mais il oublie de se souvenir au moment adéquat qu’il ne le pense pas. Il est vrai que le « sexe » est de ces sujets qui font fourcher l’esprit, la langue, et la queue (comme disait un diable de mes amis).

La langue qui fourche ment-elle ? Ou bien, au contraire, révèle-t-elle davantage que la langue droite, « soutenue » dit-on. In vino veritas. In cauda venenum. Allez savoir !

Examinons le cas d’un autre spécialiste de l’amour et de la morale, d’ailleurs coauteur jadis avec Bruckner d’un ouvrage sur l’amour[1], Alain Finkielkraut.

Les journalistes n’oublient pas leur ancienne collaboration et Libération a réuni les deux auteurs à Lyon, en novembre 2011. À propos d’amour, bien entendu. Ce fut l’occasion pour Finkielkraut de dire de DSK : « Il aime les parties fines, la débauche. Il est libertin et c’est une manière d’aimer les femmes[2] ».

« Mœurs dissolues » et « parties fines »… ? Dissolues ; signifie dissoutes ; mais dans quoi ? Et fines ? Le contraire de « grossières » ? Fines, comme « fines gueules », « fine champagne ». « Partie fine » : partie de débauche ; pop. partouze. Débaucher : le verbe viendrait du vocabulaire de la menuiserie. Débaucher, c’est d’abord dégrossir, puis fendre du bois.

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La «Pin up» flic : une tentative de synthèse.

On a beau fureter dans les dictionnaires, sauter du coq à l’âne, jouer avec les mots, comment lire « une manière d’aimer les femmes » dans des partouzes tarifées, avec des prostituées, et comme clients des flics et des patrons ?

Ou bien s’agit-il d’ « aimer » les femmes, comme on aime les grosses cylindrées, le bœuf bourguignon ou les signes extérieurs de richesse ?

Du fric, des flics, du pouvoir (ne manque qu’un évêque ; les temps changent !). Dans quoi ces mœurs se sont-elles dissoutes, sinon dans les eaux glacées du calcul égoïste. Dans une caricature des mœurs aristocratiques puis bourgeoises de toujours. Même manière d’« aimer les femmes » chez DSK et ses commensaux, chez Berlusconi, et sans doute chez Poutine. Lire la suite

DEPARDIEU : « À la limite pas sympathique » (2013)

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En saisissant des textes de mon corpus de recherches sur les clubs de femmes

pendant la Révolution française, il m’arrive d’écouter la radio.

Je sais bien que vous vous en moquez. Vous n’êtes pas du genre à vous passionner pour la question de savoir si l’écrivain écrit tard le matin ou tôt le soir, pieds nus (comme Le Clézio) ou avec un bonnet sur la tête (comme Léautaud), avant ou sous la douche, sur son ordinateur ou sur des parchemin en peau de zèbre que le beau-frère de sa sœur lui ramène par valise diplomatique du Bantoustan. Et je vous en félicite.

Je plantais simplement le décor. Lire la suite

TROMPERIE SUR LA MARCHANDISE. Contre-attaque (2001)

Cet article a été publié dans la revue Oiseau-tempête, été 2001, pp. 5-9. Il est donc normal qu’il ne prenne pas en compte les sévères luttes internes qui ont agité l’association Attac et ont vu la mise en causes des méthodes de certains de ses animateurs.

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Directeur du Monde diplomatique, président de l’Association pour la taxation des transactions financières pour l’aide aux citoyens (Attac), Bernard Cassen donne dans un petit ouvrage publié par cette association une leçon de manipulation politique sous l’apparence d’une critique des tenants du libéralisme sauvage :

«Il est bien connu en politique que la meilleure stratégie de défense consiste souvent à détourner l’attention en parlant d’autre chose que du sujet, à attaquer des épouvantails que l’on se fabrique pour la circonstance: il y a en rhétorique, de faux ennemis, comme il y a des faux amis dans le lexique[1]. »

La leçon porte d’autant mieux que l’auteur en fournit, dans le même opuscule, l’illustration pratique immédiate, en proposant à la vindicte des militants d’Attac un superbe épouvantail : « les marchés ». Ce qui est supposé donner un peu de chair à cette silhouette, c’est que c’est l’ennemi lui-même, voulant trop bien faire, qui l’aurait révélé comme cible : «À force de nous dire que “ce sont les marchés qui gouvernent” […] l’adversaire —le capital financier, les “marchés” — est enfin clairement identifié[2]. »

Pauvres de nous qui ignorions jusqu’ici quel pouvait être notre « adversaire » ; le voilà identifié, et clairement encore : c’est le capital financier.

Lorsque, par extraordinaire, l’un des auteurs invités de Bernard Cassen s’aventure à affirmer qu’« à travers la finance, c’est le capitalisme qui est visé, parce que la spéculation n’est rien d’autre qu’une forme exacerbée de la mise en valeur du capital », il se croit obligé d’atténuer ce que cette révélation pourrait avoir de traumatisant, en la faisant précéder d’un constat désolé :

« Puisque la totale liberté du capital conduit à l’anarchie financière et à la régression sociale, il faut en tirer les conséquences[3]. »

Et en effet, puisque le capitalisme se révèle — en novembre 2000 ! — conduire à « l’anarchie financière [sic] et à la régression sociale [sic] », il va bien falloir en tirer les conséquences… Peut-être faut-il reconnaître dans l’étonnement douloureux du trotskiste Michel Husson (Attac, LCR, AC!, etc.), auteur de ces lignes, non la démagogie simplette du militant pédago, mais la marque de la méthode scientifique matérialiste ? Après tout, si le capitalisme n’avait pas conduit à la régression sociale, il n’y aurait eu aucune conséquence à en tirer… Ça valait le coup d’attendre !

La conquête des esprits

« Tromperie sur les mots, tromperie sur la marchandise : les ultralibéraux ont compris que la conquête des esprits passait par le balisage du terrain lexical», écrit encore Cassen. On voit que les postaliniens[4] poursuivent eux-mêmes un « balisage » entrepris de longue date en pratiquant, grâce à « l’arme terminologique », une double tromperie : sur leur propre marchandise d’une part, et sur la nature du capitalisme, royaume de la marchandise, d’autre part. Le Monde diplomatique se flatte ainsi d’avoir inventé le terme « pensée unique », qui vient remplacer l’idéologie dominante. Cette dernière expression évoque trop brutalement la domination d’une classe, constitutive d’un système, quand on veut bien, au Diplo, dénoncer une « dictature » des marchés interne au capitalisme, sorte de tumeur qu’il suffira d’exciser sans risque vital pour l’organisme. Au passage, pour sacrifier le terme d’idéologie (ensemble d’idées figées), on donne acte aux marchés (?), aux ultralibéraux (?) qu’ils développent une pensée, fut-elle unique.

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Attentifs aux signes de renouveau du mouvement social (décembre 1995), comme au succès, aussi considérable qu’inattendu, d’une critique désamorcée de l’économie (L’Horreur économique, novembre 1996; 500 000 ex. vendus), les animateurs du Monde diplomatique proposent, par la voix d’Ignacio Ramonet, de « Désarmer les marchés » (décembre 1997), en créant « en liaison avec les syndicats et les associations à finalité culturelle, sociale ou écologique, […] un formidable groupe de pression civique ». Lire la suite

TERRORISATION : LA PEUR COMME ARME ET COMME MARCHANDISE (2011)

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éjà remarqué comme auteur de L’Ennemi intérieur. La généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine (La Découverte, 2009), Mathieu Rigouste vient de publier chez Libertalia, dans la même collection « À boulets rouges » où j’ai publié La Terrorisation démocratique, un essai très complémentaire du mien. L’auteur y traite en détail d’un aspect que je n’ai fait qu’évoquer : Les Marchands de peur. Il est sous-titré : La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire. Il démontre notamment comment un certain nombre de personnages, tels Alain Bauer et Xavier Raufer, sont parvenus à maîtriser les deux « manettes de commande » de la production et de la vente de peur. D’une part ils occupent des postes dans des institutions ad hoc et des médias, au sein desquels ils théorisent la fabrication des menaces, extérieures ou intérieures, qui sont censées justifier un arsenal juridique (que j’ai analysé) et militaro-policier ; d’autre part, ils vendent directement, aux entreprises ou aux collectivités locales, leur « expertise » en matière de « sécurité ». L’immense avantage de ce système est de s’auto-alimenter, une fois lancé. « En l’occurrence, c’est bien la sécurisation qui fait augmenter le “sentiment d’insécurité”. Ainsi, plus on déploie de policiers dans une zone, plus se répand l’idée que la zone est “à risques”. » (p. 20)

Fidèle au «cahier des charges» de la collection, le livre de Rigouste est facile à lire, court (150 p.) et bon marché (8 €).

On aimerait pouvoir attribuer les mêmes qualités au livre de Serge Quadruppani intitulé La Politique de la peur (Seuil, coll. « Non conforme »). Certes facile à lire (mais l’auteur avait habitué son lectorat à une écriture, ici absente), et correctement documenté, l’ouvrage est plus long d’un tiers et plus de deux fois plus cher (la remarque vaut dans une comparaison avec le livre de Rigouste comme avec le mien).

J’avais cité en bibliographie le premier livre de Quadruppani sur la question (L’Antiterrorisme en France, ou la terreur intégrée : 1981-1989, La Découverte, 1989). Il cite honnêtement La Terrorisation, à trois reprises, dans La Politique de la peur.

Si les bonnes manières se trouvent ainsi heureusement illustrées de part et d’autre, exercice méritoire de la part de gens qui ne se saluent plus depuis quinze ans, il était un motif particulier d’attendre l’ouvrage de Quadruppani. Son livre de 1989 lui donnait une légitimité incontestable sur le sujet, mais le fait de publier après La Terrorisation, paru en 2009, présentait évidemment une difficulté. Pour le dire rapidement : il fallait faire visiblement mieux, ou au moins aborder le sujet, identique, d’une autre manière. Lire la suite

MAGASIN (2010)

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Techn. fin XIXe. Magasin d’une arme à feu à répétition (fusil, revolver) : partie de l’arme recevant l’approvisionnement en cartouches. Mettre un chargeur dans le magasin.

Le Petit Robert

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Corporence

« Fusion des mots corps et apparence ou dérivé de corpulence, le terme se trouve dans Les Épreuves d’amour (extrait des Étrennes de la Saint-Jean, 1787), texte attribué au comte de Caylus, publié in Histoire de Guillaume, cocher, Zulma, 1993. Caylus l’orthographie corporance. »

« De faible pertinence scientifique et d’un usage social suspect, l’IMC [Indice de masse corporelle] mérite plutôt d’être rebaptisé “Indice marchand de corporence”. »

Guillon Claude, Je chante le corps critique. Les usages politiques du corps, Éditions H&O, 2008, p. 75.

 

Gynécidaire. (Tentation gynécidaire)

« Crimes d’honneur », vitriolages, assassinats conjugaux, avortement des fœtus de sexe féminin, infanticide des filles, ces comportements dessinent une tendance des sociétés de domination masculines.

« Ce qui semble rester de rationalité dans le fémicide individuel, c’est que soit le meurtrier n’a de toute façon pas accès aux corps des femmes et il se venge, soit il compensera à son bénéfice personnel le “déficit” qu’il a provoqué, en remplaçant telle femme par d’autres (épousées, achetées, violées). On constate que ce système machiste et hétéronormé conduit, par la multiplication de gestes individuels, à une “politique tacite” de nature gynécidaire. Comme le capitalisme met en péril la survie même de la planète, théâtre indispensable de sa pérennité, le machisme — religieux ou laïque, arriéré ou intégré dans les sociétés modernes —, détruit la moitié de l’humanité. De ce point de vue, le fémicide est un symptôme de la tentation gynécidaire présente dans les systèmes de domination masculine. »

Guillon Claude, Je chante le corps critique. Les usages politiques du corps, Éditions H&O, 2008, p. 217.

 

Impayable

Exemple : L’Impayable Alain Minc.

« Propres à susciter l’hilarité, les Impayables n’ont pourtant pas de si grands talents qu’on renonce à les rémunérer. Ils le sont presque toujours grassement, et souvent sur les deniers publics. »

Guillon Claude, Économie de la misère, La Digitale, 1999, p. 13

 

Postalinien

Exemple : Le postalinien Jack Ralite.

« Le postalinien, contraction douloureuse du préfixe post et du qualificatif stalinien, n’a plus ni la couleur ni la carte du stalinien, mais il en assume le rôle historique : nuire à la révolution par tous les moyens. Les postaliniens (Cassen, Tartakowsky) jouent un rôle moteur dans la direction d’Attac. »

Guillon Claude, « Tromperie sur la marchandise. Contre Attac », Oiseau-tempête, été 2001, pp. 5-9.

« Le postalinien, contraction du préfixe post et du qualificatif stalinien, n’a pas toujours la carte du parti (même si, le plus souvent, il en vient), mais il en assume le rôle historique : saboter le projet révolutionnaire par tous les moyens. »

Guillon Claude, Le Droit à la mort. Suicide, mode d’emploi, ses lecteurs et ses juges, IMHO, 2010, p. 97.

 

Reellité

Reellité, « contrat rendu réel », XIVe siècle, du bas latin realitas (Le Robert). C’est l’origine du mot réalité.

« La reellité du monde est aujourd’hui ratifiée via les médias, qui sont aussi des moyens de gouverner. Le bon sens (des réalités) moderne est donc par nature cybernétique*, et le contrat social télévisé. »

*Cybernétique, du grec kubernêtikê, via l’anglais cybernetics, « science du gouvernement ».

Guillon Claude , Dommages de guerre [Paris-pristina-Belgrade-1999], L’Insomniaque, 2000, p. 75.