RENCONTRES, DÉBATS ET CONCERT, LE 10 JANVIER 2015, avec les éditions LIBERTALIA

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Les éditions LIBERTALIA vous convient à une série de rencontres/débats, le samedi 10 janvier 2015, de 15h à 23h, au CICP, 21 ter rue Voltaire 75011 Paris.

L’occasion de rencontrer l’équipe des éditions et de débattre avec : Anne Steiner, Guillaume Davranche, Sébastien Fontenelle, Olivier Cyran, Gérad Delteil & Thierry Pelletier.

 

À 20h,  concert avec The Angry Cats & Les Moonshiners. (Entrée à prix libre)

 

 

 

 

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SAISONS…

Gueule en deuil

Claude GUILLON, née Claude PERRIN

10 avril 1922 (Sarrebruck, Allemagne) — 25 décembre 2014 (Meudon, France).

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Étés, puissants étés, votre nom même passe,
Être et avoir été, passe-temps et printemps,
Il passe, il est passé comme une eau jamais lasse,
Sans cicatrices, sans témoins et sans étangs.

Paul Éluard

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Ah ! comme la neige a neigé !

Ma vitre est un jardin de givre.

Ah ! comme la neige a neigé !

Qu’est-ce que le spasme de vivre

À la douleur que j’ai, que j’ai !

Émile Nelligan

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QUAND L’INDUSTRIE DU LUXE RÉCUPÈRE L’ANARCHIE

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L’excellent site Anarlivres attire notre attention sur une énième captation marchande du folklore anarchiste.

Une maison de joaillerie, créée en 2013, a utilisé — peut-être sans le savoir — le nom d’un personnage de bande dessinée imaginé par anarchikRoberto Ambrosoli dans les années 1960 : Anarchik. Je dis « sans le savoir », car il est plus que probable qu’Anarchik est, aux yeux et surtout aux oreilles, de nos créateurs de bagues une homophonie « vendeuse » d’ « anar chic » !

Anar chic, eh oui !

La référence à l’anarchisme est d’ailleurs assumée puisque le logo de la maison est un « A », non plus inscrit dans un cercle, mais dans un diamant ! Vous me direz que ça n’est pas inutile pour découper les vitres…

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Je reproduis ci-dessous une partie de l’argumentaire commercial, dont on goûtera l’humour involontaire.

Ancrée dans son époque, ANARCHIK sublime une femme tendance, indépendante et sûre d’elle, dans un état d’esprit décalé et ludique.

Grâce à la possibilité d’accorder une Pierre Précieuse avec plusieurs anneaux en silicone de différentes couleurs, la femme ANARCHIK révèle sa personnalité en créant ses propres combinaisons.

Imaginées pour la femme moderne, les créations ANARCHIK s’adaptent aux multiples facettes de votre vie quotidienne. Elles se personnalisent selon vos goûts et vos envies. Un système breveté unique permet de changer la pierre ou l’anneau en deux clics et en toute sécurité, pour assortir la bague à vos tenues. Le résultat est surprenant d’élégance, de fraicheur et de modernité.

Les bijoux ANARCHIK offrent à toutes celles qui les portent un sentiment de rareté, de singularité et d’appartenance à une communauté de privilégiés qui se reconnaissent dans l’exigence de beauté, de qualité et d’innovation.

 

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En l’an 2000, le parfumeur Caron, très ancienne maison parisienne, a lancé une eau de toilette baptisée L’Anarchiste, avec le slogan suivant : « C’est dans le noir que se reconnaît l’anarchiste ». La référence au drapeau noir est assez habilement mise en valeur ; pour le reste, on préfère comprendre que c’est désormais à son parfum, et non à son « odeur » que l’on reconnaît l’anarchiste dans l’obscurité.

Original, il attire les hommes et séduit les femmes sensibles au contraste de ce parfum frais et chaleureux à la fois.
Accord : néroli, menthe naturelle, notes boisées et musc.

Le flacon initial ressemblait vaguement à une flasque d’alcool, que la publicité vidéo consultable sur le site de l’INA associait à une allumette enflammée (voir également ci-dessus). Caron y a renoncé depuis pour un flacon plus classique.

Que des commerciaux s’imaginent pouvoir vendre leur camelote, parfums ou bijoux, en utilisant des références aux poseurs de bombes ou à la « communauté de privilégié[e]s » que sont censés constituer les anarchistes (en l’espèce les anarchaféministes) est un signe des temps presque imperceptible, et au fond de peu d’importance.

Cependant, qui dit commerce dit évidemment dépôt de nom de marque et « propriété industrielle ». Anarchik s’imagine ainsi qu’Anarchik lui appartient et Caron se prend pour le propriétaire de L’Anarchiste. Conseillons à ces marchands de ne jamais pousser plus loin ni l’imprudence ni l’impudence en prétendant faire valoir leurs « droits » contre des anarchistes de chair et de sang, qu’ils n’auraient peut-être pas le temps de reconnaître, dans l’obscurité ou en plein jour.

ARRÊTEZ DE DIRE AUX FEMMES DE SOURIRE !

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ne jeune artiste, Tatyana Fazlalizadeh, affiche dans les rues des portraits (magnifiques) de femmes,  légendés de slogans contre le harcèlement sexuel.

Stop telling  Women to smile, le titre ci-dessus traduit est celui qu’elle a retenu pour désigner l’ensemble de cette «offensive» d’art de rue.

On peut voir une vidéo (en anglais) à cette adresse.

Et visiter son site à cette autre.

J’ai vu récemment dans les rues de Paris des affichettes, plus modestes dans la forme, qui reprenaient certains des slogans qu’elle utilise.

On mesurera facilement leur pertinence au fait même que certains d’entre eux peuvent nous paraître (y compris à des filles, je n’en doute pas), «exagérés»…

«Exagéré» était, pendant la Révolution française, utilisé comme synonyme d’extrémiste. Mais il n’existe pas d’«extrême» à la liberté, ici celles des femmes de circuler partout et à toute heure sans être victimes d’un harcèlement qui va de la balourdise au viol.

Il existe la liberté, tout simplement. Le travail d’artiste militante de Tatyana Fazlalizadeh rappelle que tant que les femmes n’en jouissent pas, la liberté n’existe pas.

[On se souviendra qu’en anglais le «tu» et le «vous» sont indifférenciés; il est donc légitime de choisir l’une ou l’autre forme, selon les cas et la traduction qui semble la plus appropriée.]

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Mon nom n’est pas «Baby», «Chérie», «Ma jolie»,…

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Ma tenue n’est pas une invitation.

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Les femmes ne vous «doivent» pas leur temps ou leur conversation.

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Je ne suis pas ta propriété — Tu n’as pas la maîtrise de mon corps.

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Les femmes ne quêtent pas votre approbation.

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Les femmes ne sont pas dehors pour ton divertissement.

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[Retenons :] Harceler les femmes n’est pas une preuve de virilité.

À LA MÉMOIRE DES «FEMMES DE RÉCONFORT». Une exposition de Chang-Jin Lee

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Chang-Jin Lee, jeune artiste d’origine coréenne, expose à New-York — y compris sur du mobilier urbain (voir affiche ci-dessous) — une série de photos évoquant la mémoire des 200 000 femmes asiatiques réduites par l’armée japonaise au rôle d’esclaves sexuelles pendant la deuxième Guerre mondiale.

On sait que ces victimes du militarisme japonais et du machisme ordinaire (le bordel de campagne pouvant être considéré comme le stade suprême de la théorie des «besoins sexuels masculins») ont été baptisées par euphémisme «femmes de réconfort».

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On peut visiter le site Internet de Chang-Jin Lee, et y consulter une vidéo (sous-titrée en anglais) qui donne à entendre la parole de femmes survivantes, originaires de plusieurs pays asiatiques.

COMPÉTITION SERRÉE ENTRE INNA-«FEMEN»-SCHEVCHENKO ET PHILIPPE BILGER…

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’ai écrit qu’on peut au moins reconnaître aux Femen la vertu (pardon !) de faire s’exprimer un discours public machiste sans complexe. C’est comme tous les jours au bureau et dans les wagons du métro, mais c’est dans la presse, à la télé. On s’en passerait peut-être, mais ça n’est pas sans intérêt.

Dernier en date, et on n’a rien perdu pour attendre, M. Philippe Bilger, magistrat honoraire (honoraire est probablement un synonyme de « désinhibé »). L’honoraire, donc, se lâche sur le site du Figaro, après la condamnation (symbolique) d’une militante Femen à un mois de prison avec sursis pour l’action (symbolique) consistant à mimer un avortement dans une église parisienne.

L’originalité du réquisitoire supplétif de M. Bilger, car c’en est un, consiste en un mélange d’appel à l’internement psychiatrique, façon URSS, assez inattendu chez un tel personnage, et du plus classique machisme graveleux.

À bien y réfléchir, la peine prononcée n’est pas véritablement le problème car pour cette femme de 31 ans, au risque de me faire lyncher par un féminisme qui ne recule devant rien, surtout pas devant l’absurde, on aurait pu concevoir l’alternative suivante.

Pour continuer sur le caractère contestataire de la nudité, une bonne fessée, n’en déplaise à Edwige Antier mais, après tout, Eloïse Bouton n’est plus une enfant.

Ou un repos d’une certaine durée dans un établissement de soins. Il y a des dérangements mentaux que l’idéologie occulte trop bien. Derrière l’extravagance publique du comportement, on devrait plus souvent s’attacher à la fêlure de l’esprit, au trouble de la personnalité. Il y a des atténuations de responsabilité sous les surfaces vindicatives et arrogantes.

Relisons la fin : « Des atténuations de responsabilité sous les surfaces arrogantes ». M. Bilger serait-il subrepticement passé du réquisitoire à la plaidoirie ?

À la même date, 17 décembre 2014, mais sur le site (plus chic) du Huffington post, Inna Schevchenko, publie, au nom des Femen[1], une lettre ouverte à la garde des Sceaux, Christiane Taubira.

Il semble que les Femen ont été réellement étonnées d’être traduites devant un tribunal, d’où peut-être un léger vent de panique. Il semble aussi que l’action menée dans une église a fissuré le bloc de soutien gouvernemental, étourdiment ou naïvement avoué par Caroline Fourest dans son livre récent[2]. Bref il fallait trouver une riposte. Elle fut d’abord un peu confuse, utilisant le mode d’action habituel (seins nus) en en modifiant le sous-titrage. On vit ainsi des jeunes femmes aller montrer leur poitrine dénudée au président de la République en lui demandant : « M. le président, est-ce que j’ai l’air d’une exhibitionniste ? » [d’une malade mentale, selon une autre version] Bonne pâte, le président répondit d’ailleurs par la négative… Et voilà que le texte ci-dessus évoqué vient intelligemment (c’était — je le jure ! — mon premier sentiment) répondre, enfin !, avec des arguments politiques et juridiques.

Certes, puisque nous sommes entre nous, je peux confier que l’affirmation suivante « À travers nos actions torse peint, nous entendons dénoncer l’hyper sexualisation du corps de la femme » relève du plus effronté foutage de gueule. Les action seins nus utilisent l’hyper sexualisation du corps féminin pour assurer la publicité des actions du groupe.

Laissons cela.

Par contre, il n’est pas inintéressant de souligner le manque de base légale de la différence faite entre la nudité des torses féminins et masculins. Des groupes de femmes aux États-Unis, je l’ai rappelé récemment, ont fait de la liberté de se promener torse nu leur cheval de bataille (voir ici-même Je chante le corps critique).

De surcroît, le texte explique et résume de manière claire la stratégie de nu-manifeste que pratiquent les Femen :

Femen peint des messages politiques sur ses seins pour protester contre cette représentation pervertie de nos corps. Nous reprenons possession de nos corps et nous les confrontons aux mœurs qui se doivent d’être bousculées pour obtenir l’égalité.

S’en tenant là, la lettre ouverte à Taubira aurait constitué (à ma connaissance) la première tentative de théoriser la pratique militante des activistes Femen.

Hélas !

Volonté brouillonne de trop bien faire, réelle niaiserie réformiste, conseils calamiteux ou (qui sait ?) pudibonderie… Toujours est-il que le texte croit utile de pousser plus loin sa critique des bases juridiques de l’inculpation pour « exhibition sexuelle ».

La loi ne précise pas quelles sont les parties du corps qui doivent être considérées comme « sexuelles » et il n’y a pas de raison a priori (c’est là que réside le bluff, éventuellement productif, du raisonnement) de considérer le torse féminin autrement que le masculin. Je dis bluff, parce que bien sûr la jurisprudence prend en compte l’état des mœurs, un a priori certes, mais ancré dans l’époque.

En gros disent les Femen : il n’est pas question de nos seins dans la loi, donc nous pouvons les montrer en public…

Mais elles ajoutent (et c’est moi qui souligne) :

Femen demande donc, au nom de l’égalité femme-homme portée par la Constitution, un éclaircissement et une précision de la définition légale de « l’exhibition sexuelle » où les amalgames sexistes n’auraient plus leur place. Ainsi, afin d’éviter toute interprétation sexiste de l’article 222-32 du Code pénal, une mention des seules parties génitales pourrait lui être ajoutée.

Au secours !

Les Femen demandent à l’État d’améliorer la loi répressive qui permettra de condamner les femmes et les hommes qui pratiquent le naturisme hors des réserves prévues à cet effet, et aux militant(e)s qui pratiquent le nu manifeste dans la rue et les endroits publics. Ceux-là, celles-là pourront être — les Femen vous le certifient — légitimement poursuivie(e)s et condamné(e)s pour « exhibition sexuelle ». Mais sans discrimination sexiste (un con = une bite). Quel progrès ! Décidemment, un vent nouveau souffle sur le féminisme français depuis qu’Inna Schevchenko a trouvé asile dans « le pays des Droits Humains » (comme elle dit).

Un « féminisme qui ne recule devant rien », écrit le malheureux Bilger.

Et en effet, il ose tout !

Il serait navrant que ce soit même à ça qu’on le reconnaisse désormais.

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[1] Oui, je sais j’avais dit que je n’en parlerai plus…

[2] Personnellement, quand il m’est arrivé d’être arrêté, aucun ministre ne m’a téléphone pour s’enquérir de ma santé (je parle ici par jalousie, on l’aura compris).

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Sources :

Le lâcher de magistrat.

Le projet de loi Femen.

Taule à Turin pour les No-TAV

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Quatre militants italiens contre la ligne de train à grande vitesse (TAV) Lyon-Turin ont été condamnés par la cour d’assises de Turin à 3 ans et demi de prison, pour le sabotage d’un chantier mené en mai 2013.

La cour n’a pas suivi les réquisitions du parquet ; elle a écarté l’inculpation de « terrorisme » qui aurait permis de multiplier la peine par trois.

Site du Comité No-TAV turinois.