ON VEUT DU SEXE, PAS DU GENRE ! (2013)

on veut du sexe

Le titre de ce billet est aussi celui lu — non sans effarement —, sur la pancarte (officielle) d’une manifestante catholique contre le dit « mariage pour tous »…

On voit que ce qui touche au sexe met la tête à l’envers à ces braves gens. En effet, une catholique convaincue pourrait-elle, en pleine possession de ses moyens (si l’on peut dire) réclamer « du sexe » ?

Évidemment non.

L’Église catholique, depuis son unification, c’est-à-dire depuis l’éradication des sectes rivales (gnostiques, par exemple), a toujours combattu « le sexe », comme le signe de l’animalité en l’homme, devant être réduite à son expression minimale : la prolongation de l’espèce.

Si l’on s’en tient à la doctrine, le catholicisme ne fait que « tolérer » le « sexe » comme un mal nécessaire, strictement contraint et contenu dans le mariage hétérosexuel.

Ce faisant, l’Église catholique incarne un parti-pris culturel, par ailleurs grotesque et répugnant dans ses conséquences éducatives, caractérielles et sociales. On peut donc dire que la religion est un des « contraires » et des préservatifs contre l’idée d’une « nature ».

Où les choses se compliquent, c’est lorsque l’Église assure que la divinité exprime une espèce de « bonne nature humaine », opposée à l’odieuse bestialité. Laquelle bestialité est encouragée par le Diable, individu pervers s’il en est : voyez le nombre de gens qui l’ont tiré par la queue…

Lorsque la queue (animal !) de l’époux pénètre la chatte (animal !) de l’épouse, il s’agit d’une régulation de la bestialité désirante (le rut) par la culture et la religion.

Lorsque le même organe pénètre l’anus (de l’épouse ou du voisin du dessous), c’est l’œuvre du démon, la bestialité sans frein et sans fond (l’anus n’ayant pas de col).

La théorie du genre, ou gender en américain (à ne pas confondre avec la théorie du gendre, idéal ou non), est venue mettre ce bel édifice cul par-dessus tête.

En effet, puisque le « genre » insiste sur l’origine éducative et culturelle, des assignations sexuelles et des régulations des rapports sociaux de sexe, et que nos braves catholiques ont compris (on ne peut pas leur donner tout à fait tort) que la théorie du « genre » alimente le relativisme qui fait considérer comme un choix parmi d’autres l’homosexualité (et alors pourquoi pas le mariage ?) ils ont opéré — sans en être le moins du monde conscients — un virage à 180° en réclamant « du sexe ».

En effet, la pancarte sus-citée s’entend ainsi :

« Nous voulons du sexe de la nature, pas du genre de la culture ! »

« De la nature, pas de la culture ! »…

C’est ainsi que nous venons d’assister à l’implosion réjouissante — et que nous espérons définitive — de l’idéologie chrétienne.

À toutes les gouines, rouges ou arc-en-ciel, à tous les pédés, en robe de mariée dans leurs têtes ou libertaires dans l’âme, un immense et sincère MERCI.

Merci de m’avoir permis de vivre ça !