JE SUIS NÉ (PÉDOPHILE) DANS L’FAUBOURG ST-DENIS. Je ne suis devenu anarchiste que plus tard : c’était viral (2007)

Réplique satirique aux déclarations de Nicolas Sarkozy sur l’origine génétique de la « pédophilie », ce texte révéla en outre le crétinisme profond (curable ?) de tel pseudo-libertaire. On lira en annexe « De la sottise en (certains) milieux libertaires ».

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Je me suis longtemps regardé comme pervers, jusqu’à ce que m’aveugle cette vérité : je suis pédophile.

Par consolation, je suis aussi de nature pragmatique. Au lieu de croupir dans une geôle pour l’amour d’une fille de seize ans, je m’éprends de trentenaires.

Inutile de forcer sa nature : je n’étais pas fait pour la délinquance, même sexuelle.

Je suis à terme, aussi nouveau qu’il était possible, quoiqu’affligé sans doute des nombreuses maladies et incommodités que je découvre au fil de mon âge.

Ainsi, je suis allergique (et dans le huitième arrondissement de Paris) et sujet au rhume des foins. Cette infirmité me valait, enfant, la cruelle plaisanterie d’un oncle maternel : « Ce petit est né en trompette ! »

Admettons, sans plus de précision, que je suis né de l’avant-avant-avant dernière pluie. Cependant, les escargots sont unanimes : je ne fais pas mon âge.

Moins amènes, les humains me soupçonnent parfois d’être né fatigué, voire « avec un poil dans la main ». Ce dernier trait illustre la méchanceté du monde : les paumes de mes mains sont un des rares endroits de mon corps qui n’aient été, avec les années, envahis par le poil.

Suis-je bien né, je ne saurais le dire.

On prétend que les riches naissent avec une cuillère en argent dans la bouche ; cela doit être bien embarrassant !

D’autres, non moins à plaindre, on dit qu’ils sont nés coiffés, ce qui signifie tout bonnement « cocus ». C’est un grand prodige de la Nature de désigner ainsi, avec quelque vingt ans d’avance, celui qui sera victime, selon la morale bourgeoise, de l’inconstance féminine.

Les amis des sciences s’étonneront d’ailleurs (pour ne pas dire pis) que les nouveau-nés puissent venir au monde le crâne orné de bois de cerf… Il est vrai que pour les infortunées parturientes, même une couronne de lauriers serait une indication de césarienne.

Dans sa diversité maligne, la Nature a encore fait le mort-né et le tueur-né.

On conçoit que le premier irrite et frustre le second…

Mais ne sommes-nous pas, au fond, toutes et tous, né(e)s pour mourir ?

Tu te demandes peut-être Ô lecteur ! Ô lectrice ! ce qui me console, dans le cours de ces navrantes pensées ?

C’est que j’aurais pu naître Sarkozy.

Le frémissement d’horreur que fait éprouver l’évocation d’un pareil destin n’a-t-il pas de quoi vous consoler de tous les autres ?

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De la sottise en (certains) milieux libertaires

Je trouve sur un forum de discussion de la CNT-AIT le passage suivant :

« […]Peut être devrais tu lire le texte de Guillon paru au mois de Juin cet été : “Je suis né (pédophile) dans l’faubourg St-Denis”. Il ne se cache pas derrière son petit doigt même si — pas complètement fou ni téméraire — il précise bien que par pragmatisme il a des partenaires trentenaires …Mais bon il conclu en disant que ça aurait pu être pire, il aurait pû être né Sarkozy… ».

L’auteur du message laisse entendre que le texte ci-dessus ne visait nullement à ridiculiser Sarkozy et ses grotesques théories mais à « avouer » ma propre « pédophilie », évidemment d’origine génétique !…

Je suis d’autant plus surpris de cette découverte que je croise de temps à autre un certain nombre de militant(e)s de l’organisation concernée, lesquel(le)s ont toujours entretenu avec moi des rapports cordiaux, reprenant dans leurs journaux et sites plusieurs de mes textes.

Certes, ni l’intelligence ni le sens de l’humour ne sauraient être rendues obligatoires, même dans une société libertaire.

Cependant, dans la situation présente, on est amené à se demander ce qui est le plus grave : L’auteur du message croit-il vraiment, comme Sarkozy, que l’on naît « pédophile » ? À supposer que l’on dispose, ce qui n’est pas du tout le cas, d’une définition scientifique et communément admissible de la « pédophilie ».

L’auteur du message croit-il vraiment que je partage une vision de l’être humain commune aux pires des psychiatres et aux gendarmes ?

Ou bien l’auteur du message croit-il qu’il peut (sans risque) feindre de prendre au premier degré un texte satirique pour tenter de réduire le crédit, sans doute trop important à ses yeux, que certains de ses camarades accordent à mon travail ?

Comment des militant(e)s anarchistes peuvent-ils, peuvent-elles, tolérer dans leurs rangs des procédés de mouchards et une telle sottise ?

Dernière minute

J’ai croisé, jeudi 24 janvier 2008, le personnage ci-dessus évoqué. Il s’est défendu à l’aide de trois « arguments » : 1) Ça n’est pas sur un site, c’est sur un forum ; 2) Comment sais-tu que c’est moi ? ; 3) Et si ça n’était pas moi !

Le courage même !

Je l’ai averti qu’à la moindre récidive je lui casserai la tête. Maintenant, tout le monde le sait.