À cheval sur le principe d’égalité

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Capture d’écran 2014-11-01 à 15.27.21Chelsea Handler, une présentatrice et actrice américaine, dont je reconnais que j’ignorais tout jusqu’ici, a posté en ligne (avant de la retirer) une photo d’elle, chevauchant poitrine nue (ci-contre). Elle imite délibérément la pose adoptée par Vladimir Poutine, connu pour sa misogynie et son homophobie, dans un de ces films de propagande où il aime se mettre en scène comme le corps (musclé) du pouvoir (voir ci-dessous).

« Tout ce qu’un homme peut faire, une femme a le droit de le faire encore mieux », telle est la légende que Ch. Handler avait choisi pour expliquer l’image. À le prendre au pied de la lettre, le slogan peut paraître gentillet et même assez maladroit. Cependant, le geste rendu public de la cavalière doit être replacé dans le contexte de l’Amérique puritaine, où l’apparition publique d’un téton, même lorsqu’il s’agit de celui d’une femme allaitant son bébé, suscite des déferlements d’hystérie (voir sur ce blog « La dénudation publique du corps », chap. de Je chante le corps critique). Pouvoir se déplacer torse nu, y compris lors de randonnées dans des espaces naturels peu fréquentés, est une revendication de groupes de femmes (Ibidem).

Récemment, en France, des militantes Femen ont été inculpées pour « exhibition Capture d’écran 2014-11-01 à 15.32.23sexuelle », pour avoir manifesté seins nus (d’autres militantes de la même nébuleuse avaient d’ailleurs manifesté contre Poutine). On vérifie que la tolérance, y compris dans les sociétés « libérales », est à géométrie variable. Très large sur certaines plages (en France), elle peut se rétrécir face à des militantes pratiquent le « nu manifeste ».