En sortant de l’école… (2005)

(sur un titre de Prévert)Capture d’écran 2014-11-18 à 16.20.41

 

…En sortant de l’école, les lycéennes et lycéens ont commencé à apprendre pas mal de choses. Par exemple :

– organiser une action

– surmonter la peur (très légitime) de la violence des flics

– choisir des moyens d’action non-violents… ou moins, selon les circonstances

– trouver des soutiens (et des sous)

– s’arranger avec la famille (mais ça, c’est tout le temps)

– pratiquer la solidarité dans les moments rock’n roll

– se rencontrer (se plaire, s’émouvoir…)

– discuter nombreux et nombreuses (et ça n’est facile pour personne)

– connaître la force d’être ensemble

– jouir du plaisir d’occuper toute la rue, et la ville

– déjouer les réactions violentes de la caillera (“Que fait la police ?” ont demandé des faux-culs. Elle attendait son tour pour cogner, tiens !)

– quitter le trajet de manif encadrée par les baby-sitters à matraque (il reste du boulot!)

– utiliser le point faible de l’adversaire : la porte pas gardée, la crainte de la bavure…

identifier les ennemi(e)s, par exemple ordures syndicales qui « condamnent les violences de lycéens incontrôlés » en sortant de chez le ministre.

– réfléchir

– comprendre des rapports de force

…et j’en oublie sans doute !

Rien que pour ça et quoi qu’il arrive, le temps de la lutte n’est jamais du temps perdu !

Les lycéennes et lycéens en colère ont bien compris que leur mouvement devait — sous peine de s’éteindre — s’étendre à d’autres secteurs de la société (intermittents, chômeurs, etc.). Ce qui est vrai tactiquement, pour ce mouvement précis est vrai tout le temps socialement et politiquement.

Il n’existe pas un « problème de l’enseignement ». Il y a un problème global du monde tel qu’il est : ce système capitaliste qui repose sur l’exploitation du travail et le gaspillage des ressources naturelles. L’école (comme la police) est une pièce du puzzle. C’est tout le jeu qu’il faut redessiner et tout le monde qu’il faut changer… Non pas seulement pour ne pas devenir flic (comme on l’entend crier), mais pour qu’il n’y ait plus ni flics ni “profs” ni “élèves”, mais des personnes de tous les âges qui construisent ensemble un monde où l’on apprend à vivre en vivant — et pas en se retenant pour “plus tard” —, où l’on apprend les uns des autres selon les passions et les curiosités de chacun(e) — et non selon des “programmes” sanctionnés par des “diplômes” et des “carrières”.

Il n’y a rien à perdre mais un monde à inventer et à construire !

Capture d’écran 2014-11-09 à 10.52.38 Paris, mai 2005